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Les États-Unis craignent que la Chine utilise Grindr pour faire chanter des militaires

Temps de lecture : 2 min

Le propriétaire chinois de l'appli de rencontre est forcé de la revendre.

L'application de rencontres gay Grindr | Chris Delmas / AFP
L'application de rencontres gay Grindr | Chris Delmas / AFP

Beijing Kulun Tech est un conglomérat chinois centré sur le jeu vidéo. En 2016, la société a déboursé 93 millions de dollars (83 millions d’euros) pour acquérir 60% de Grindr, une application de rencontres pour gays, puis a acheté les 40% restants en 2018. Avant d'annoncer cette semaine la revente de l’app avant le 30 juin 2020.

Cette annonce fait suite à une décision rare rendue plus tôt cette année: en mars, le comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) a ordonné à Kulun de revendre Grindr en invoquant des raisons de sécurité nationale.

Ce qui effraie les États-Unis, c’est que la Chine, un pays hostile, dispose, comme beaucoup d’autres, de «data localisation laws». Des lois qui obligent les entreprises chinoises à localiser leurs données sur le territoire national. Et qui donnent donc accès au gouvernement aux data centers.

Souveraineté numérique

Or, les données que les utilisateurs rendent disponibles sur Grindr sont particulièrement sensibles. Tout d’abord, leur identité, d’autant plus importante pour les personnes qui ne sont pas «out», mais aussi leur éventuelle séropositivité, des photos intimes etc.

Au-delà de la protection de la vie privée de citoyens américains, c’est aussi le risque de chantage que veut éviter le CFIUS. Car des experts ont prévenu qu’il est très probable que des militaires, des membres du gouvernement, des pontes de la défense, de l’intérieur, ainsi que des dirigeants du FBI ou de la CIA utilisent Grindr. D’où une compromission de la sécurité intérieure.

Toutefois, comme le pointe l’ONG de défense des droits numériques Privacy International, la problématique de respect de la vie privée se pose dans tous les pays: «Il est inquiétant que l'ensemble des utilisateurs de Grindr, peu importe leur nationalité, soient à la merci d’un gouvernement, que ce soit le gouvernement chinois ou américain.»

Cette décision montre aussi qu’à l’heure du big data, les nations commencent à se soucier sérieusement de leur souveraineté numérique et qu’il va être difficile pour des entreprises de pays hostiles d’acheter des réseaux sociaux américains populaires.

Slate.fr

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