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L’homme qui gagne sa vie en massacrant des Sims

Temps de lecture : 2 min

Un jeune Jordanien est l’une des rares personnes à vivre de son job de «moddeur» sur les Sims 4.

Encore mieux que Motherlode | Les Sims 4 / EA Games
Encore mieux que Motherlode | Les Sims 4 / EA Games

Les Sims sont l’une des franchises vidéoludiques les plus populaires au monde. Depuis la sortie de The Sims en 2000, le jeu édité par Electronic Arts s'est écoulé à environ 200 de millions de copies dans 60 pays différents, en quatre éditions complétées de dizaines d’extensions.

Le jeu vous laisse diriger la vie quotidienne d’un foyer de sims, qu’il faut nourrir, emmener au travail, dont il faut gérer la vie sentimentale... Un énorme succès en partie dû au fait qu’il s’adresse aux adultes autant qu’aux enfants.

Il n’est pas possible de «gagner» aux Sims. Vous développez votre famille et votre maison le temps que vous voulez et une fois lassé, vous pouvez simplement en créer une autre et repartir de zéro. Mais une large communauté des fans sur internet s’approprie le jeu en créant des scénarios et des contraintes que les joueurs et joueuses peuvent suivre pour augmenter la difficulté de leurs parties.

Pour certain, cela ne suffit pas, et c’est là qu’Ahmed Qoqas entre en jeu. Ahmed est un jeune Jordanien qui gagne sa vie en moddant les Sims 4. Dans le monde du jeu vidéo, un «mod» est une manière de modifier un jeu en lui ajoutant un patch qui change son code source.

Sous le pseudonyme SACRIFICIAL, Ahmed Qoqas crée des mods qu’il distribue gratuitement sur son site. Si un internaute veut supporter son travail, il peut souscrire à son Patreon et bénéficier des nouveaux mods et updates deux semaines en avance. Lors d’une interview accordée à Vox, Sacrificial a affirmé récupérer au moins 3.000 dollars par mois, ce qui lui permet de vivre confortablement en faisant du mod son métier à plein temps.

Sexe, violence et pop stars

Si les mods de Qoqas ont tant de succès, c’est parce qu’ils permettent aux fans de jouer des situations qu’EA n’autoriserait jamais dans son jeu tous publics. Son premier mod s’appelait «Deadly Toddlers»: «J’ai fait des bébés possédés qui pouvaient tuer et mettre le feu aux objets. Je pense que c’est ça qui attirait les gens.».

Depuis, il a inventé de multiples mods comme Zombie Apocalypse, où des morts vivants envahissent votre ville, Sim Torment, qui permet de torturer ses Sims et le plus populaire, Extreme Violence, dans lequel rôdent des gangs et où l’on peut massacrer les autres Sims à coup de hache, de pistolet, de tronçonneuse... Un autre mod permet aux Sims de se prostituer ou de faire du lap dance.

Tous ses mods ne sont pas violents ou axés sur la sexualité. Road to Fame offre la possibilité de devenir une pop star et Passionate Romance ajoute plusieurs animations de câlins. Toutes les descriptions de mods, y compris les plus hardcores sont conclues par «Appréciez bien et merci mille fois pour votre aide merveilleuse, je vous aime <3».

Dans Extreme Violence, où l’on peut ordonner à son Sims de se trancher les veines, un message précise que si quiconque a des pensées suicidaires, il ou elle peut rejoindre la chaine Discord (une messagerie en ligne) «We care about you» pour obtenir de l’aide.

Si pour l’instant tout roule, le travail des moddeurs est entièrement dépendant de l’éditeur du jeu original et de sa volonté de continuer à soutenir le jeu ainsi que de la volonté des internautes de continuer à jouer. «Ça me stresse beaucoup parce que […] les Sims 4 sont en train de mourir lentement maintenant», estime Qoqas, qui espère que les mods seront autant populaires sur les Sims 5.

Slate.fr

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