Boire & manger / Santé

Les aliments ultra-transformés nous poussent à trop manger

Temps de lecture : 2 min

Fabriqués à partir d'ingrédients industriels et bon marché, ils sont conçus pour être savoureux mais sont généralement très riches en matières grasses, en sucre et en sel.

Les participant·es qui ont suivi le régime à base de produits ultra-transformés ont pris 508 calories de plus par jour en moyenne. | Fikri Rasyid via Unsplash
Les participant·es qui ont suivi le régime à base de produits ultra-transformés ont pris 508 calories de plus par jour en moyenne. | Fikri Rasyid via Unsplash

Le large éventail d'aliments ultra-transformés que comptent nos allées de supermarchés ne cesse d'augmenter et coïnciderait avec une hausse de l'obésité, selon une étude publiée dans la revue Cell Metabolism.

Ces travaux, menés par une équipe de recherche des Instituts américains de la santé (NIH), s'appuient sur une expérience qui a réuni vingt adultes en bonne santé ayant un poids stable. Les dix hommes et dix femmes de l'étude ont dû suivre l'un des deux régimes alimentaires proposés par les scientifiques pendant quatre semaines. Un groupe s'est nourri d'aliments peu ou non transformés et l'autre s'est alimenté exclusivement de plats préparés et de produits ultra-transformés. Au bout de deux semaines, les groupes ont suivi le régime opposé.

Il s'agit ici du premier essai contrôlé qui vise à montrer que suivre un régime alimentaire à base d'aliments ultra-transformés pousse réellement les gens à trop manger et à prendre du poids par rapport à un régime alimentaire avec peu de produits de ce genre.

Augmentation de l'appétit

Les résultats montrent ainsi que les personnes qui ont suivi le régime à base de nourriture industrielle ont pris en moyenne près d'un kilo en deux semaines. Les autres ont perdu près d'un kilo sur la même période.

«La différence de poids entre les deux groupes au cours de ces deux périodes est phénoménale. Nous n'avions jamais rien vu de tel» constate Barry Popkin, professeur de nutrition à l'Université de Caroline du Nord auprès de la NPR.

Les scientifiques attribuent ces résultats à différents mécanismes. Selon Kevin Hall, coauteur de l'étude et chercheur à l'Institut national du diabète et des maladies digestives aux États-Unis, une hormone appelée peptide YY modifierait le niveau de satiété. Plus elle est présente dans l'alimentation, plus elle diminuerait la sensation de faim.

Le professeur indique que cette hormone était très présente dans les aliments du régime à base de produits non transformés. A contrario, elle était quasi absente des plats et produits du régime ultra-transformé. Des hormones dites de faim étaient, quant à elles, en surnombre et auraient engendré une augmentation de l'appétit des individus suivant ce régime.

Au-delà de disparités hormonales entre les deux régimes étudiés, le professeur Hall évoque la forte teneur en glucides et lipides de celui à base de produits industriels, qui ferait bondir le nombre de calories. Autre aspect étonnant: les aliments ultra-transformés sont dévorés beaucoup plus rapidement, laissant peu de temps au système gastro-intestinal de signaler au cerveau qu'il n'est plus nécessaire de manger.

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