Santé

La pollution de l'air est dangereuse pour chaque cellule du corps humain

Temps de lecture : 2 min

Une récente étude fait état de dommages de la tête aux pieds.

Face à une telle menace, notre organisme n’a quasiment aucun moyen pour se défendre.  | Kevin Grieve via Unsplash
Face à une telle menace, notre organisme n’a quasiment aucun moyen pour se défendre.  | Kevin Grieve via Unsplash

Alors qu’en France la pollution atmosphérique tue 48.000 personnes chaque année, une récente étude révèle les dégâts inimaginables qu’un air nocif cause à notre organisme. Cœur, poumons, peau, articulations, aucune partie du corps n’est épargnée. La pollution de l'air peut endommager tous les organes et pratiquement toutes les cellules du corps humain.

Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avec plus de 90% de la population mondiale exposée à un air extérieur toxique, la pollution de l'air est une «urgence de santé publique». Selon une nouvelle analyse, 8,8 millions de décès prématurés surviennent chaque année, soit le double des estimations antérieures. Des statistiques qui font de la pollution atmosphérique une cause plus meurtrière que le tabagisme. À noter que l'impact des différents polluants sur de nombreuses maladies reste encore à établir, ce qui suggère que les dommages cardiaques et pulmonaires bien connus ne sont que «la partie émergée de l'iceberg», écrit Damian Carrington, dans son article pour le Guardian.


«La pollution de l'air peut causer des dommages aigus et chroniques à tous les organes du corps, concluent dans la revue Chest les scientifiques à l’origine des recherches. Les particules ultrafines traversent les poumons, puis sont transportées par la circulation sanguine pour atteindre pratiquement toutes les cellules du corps.»

Les particules s’attaquent d’abord aux poumons, causant asthme, cancer ou laryngite aigüe. Elles favorisent ensuite les maladies cardiaques, le cœur étant fragilisé par une réduction des artères et un affaiblissement des muscles. Les particules endommagent ainsi tous les organes, se déplaçant dans tout le corps.

Des études sur les animaux ont même montré qu’elles peuvent remonter le nerf olfactif jusqu'au cerveau. Les accidents vasculaires cérébraux, la démence et la diminution de l'intelligence sont autant d’affections du cerveau qui peuvent être liées à la pollution atmosphérique. Sans oublier le manque de sommeil, qui peut également être une conséquence de l’inhalation d’air toxique.

Peu de moyens de défense

Face à une telle menace, notre organisme n’a quasiment aucun moyen pour se défendre. «Les cellules immunitaires pensent qu'une particule de pollution est une bactérie, elles s'en prennent à elle et tentent de la tuer en libérant des enzymes et des acides, explique Dean Schraufnagel, chercheur à l’université de l’Illinois à Chicago. Ces protéines inflammatoires se propagent dans le corps, affectant le cerveau, les reins, le pancréas… En termes d'évolution, le corps a évolué pour se défendre contre les infections, pas contre la pollution.»

Cette inflammation généralisée a également des conséquences sur notre reproduction. Avec l’exposition à la pollution de l’air, la fécondité est réduite et les fausses couches augmentent. Les bébés à naître sont également touchés, une étude récente ayant révélé la présence de polluants dans les placentas qui nourrissent les fœtus.

La pollution de l'air est aussi fortement liée à l'insuffisance pondérale des bébés à la naissance, ce qui a des conséquences à vie. L'exposition à l'air sale entraîne un retard de croissance pulmonaire et une augmentation de l'obésité infantile, de la leucémie et des problèmes de santé mentale.

Maria Neira, directrice de l'OMS chargée de la santé publique et de l'environnement, n’est pas surprise de ces analyses: «Cela s'ajoute aux preuves très lourdes que nous avons déjà. Il y a plus de 70.000 articles scientifiques qui démontrent que la pollution atmosphérique affecte notre santé», affirme-t-elle en appelant les pouvoirs politiques à prendre des mesures. «Nous avons des mégalopoles où tous les citoyens respirent de l'air toxique, s’indigne-t-elle. Cependant, avec les tonnes de preuves que nous amassons aujourd'hui, les politiciens ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas.»

Slate.fr

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