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Le Machu Picchu menacé par la construction d'un aéroport

Temps de lecture : 2 min

Des vols directs depuis les grandes villes d'Amérique latine et les États-Unis devraient atterrir à quelques kilomètres du site archéologique inca, au coeur de la Vallée sacrée.

Actuellement, la plupart des touristes de la vallée passent par l'aéroport de Cusco, qui n'a qu'une seule piste et se limite aux avions de petite taille. | Fabien Moliné via Unsplash
Actuellement, la plupart des touristes de la vallée passent par l'aéroport de Cusco, qui n'a qu'une seule piste et se limite aux avions de petite taille. | Fabien Moliné via Unsplash

En 2017, plus d’un million et demi de touristes ont visité le Machu Picchu, soit plus du double de la limite recommandée par l’Unesco. En plus du tourisme de masse, le site archéologique inca doit aujourd’hui faire face à une nouvelle menace: la construction d’un aéroport international à seulement quarante kilomètres des ruines.

La ville de Chinchero, porte d'entrée de la Vallée sacrée, immense zone archéologique inca abritant le Machu Picchu, subit déjà les assauts des bulldozers venus défricher la zone destinée à accueillir d’ici 2023 des vols directs et réguliers au départ des grandes villes d'Amérique latine et des États-Unis. Un drame pour les archéologues qui craignent que le passage répété des avions à basse altitude au-dessus de Chinchero et du parc archéologique d'Ollantaytambo n’endommage les ruines incas et l’écosystème local.

«C’est un paysage bâti, il y a des terrasses et des routes qui ont été conçues par les Incas, explique Natalia Majluf, historienne de l'art péruvien à l'université de Cambridge, à l’origine d’une pétition demandant au président du Pérou Martín Vizcarra de reconsidérer ou de déplacer cet aéroport de Chinchero. Bâtir un aéroport ici détruirait toute cette zone qui était autrefois le cœur d'une civilisation s’étendant de la Colombie moderne à l'Argentine.»

La ville de Chinchero a été construite il y a six siècles comme domaine royal pour le souverain inca Tupac Inca Yupanqui et est incroyablement bien conservée. L'économie locale est basée sur l'agriculture et le tourisme.

Toujours plus de touristes

Les opposant·es au projet de nouvel aéroport craignent aussi que la construction n'épuise le bassin avoisinant du lac Piuray, dont la ville de Cusco, située à environ 70 kilomètres, dépend pour près de la moitié de son approvisionnement en eau.

Malgré les protestations et alors qu'une ligne de train desservant le site au départ de Cusco vient tout juste d'être innaugurée, les autorités continuent de soutenir le projet, destiné à rameuter toujours plus de touristes et à soulager les infrastructures déjà existantes. «Cet aéroport sera construit dès que possible car il est très important pour l'aglomération de Cusco», a déclaré Carlos Oliva, ministre péruvien des Finances.

Actuellement, la plupart des touristes de la vallée passent par l'aéroport de Cusco, qui n'a qu'une seule piste et se limite aux avions de petite taille. Déjà submergé, son terminal permettait tout de même de filtrer le flux des touristes en provenance du Pérou dans le but de visiter le Machu Picchu.

Le nouvel aéroport, pour lequel des entreprises de construction de Corée du Sud et du Canada se livrent déjà bataille, permettra de rejoindre le site en un peu plus d’une heure, ce qui risque d’avoir des conséquences dévastatrices pour le site historique, dont l’accès aux temples les plus emblématiques est déjà limité pour préserver le patrimoine.

Slate.fr

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