Culture

Non, «Avengers: Endgame» n'est pas le plus grand succès de l'histoire du cinéma

Temps de lecture : 2 min

Selon une méthode alternative de calcul, il ne serait même que le 36e du classement.

Détail de l'affiche d'«Avengers: Endgame».
Détail de l'affiche d'«Avengers: Endgame».

Les chiffres des films Disney se suivent, se ressemblent et donnent chaque fois un peu plus le tournis. Et si Captain Marvel fut –nous en avons parlé– un indéniable carton, Avengers: Endgame est un déménagement complet.

Le 22e film du Marvel Cinematic Universe, entamé en 2008, semble avoir brûlé tous les records en seulement quelques jours d'exploitation. Après un premier week-end en platine massif (1,2 milliard de dollars dans le monde, soit près du double de son prédécesseur et ex-détenteur du record Infinity War), il n'aura fallu que onze jours au film réalisé par les frères Russo pour atteindre la barre des deux milliards de dollars.

Cela en ferait, claironnent les médias, le second plus gros succès commercial de l'histoire du cinéma –devant Titanic, qu'il a fini par dépasser, et derrière Avatar (2,8 milliards de dollars), qu'il devrait doubler rapidement.

Impact de l'inflation

Sauf qu'un facteur déterminant remet quelque peu en cause les records explosés par Endgame en matière de recettes: le prix des places, qui a beaucoup augmenté ces dernières années et atteint désormais 9 dollars en moyenne aux États-Unis [8 euros].

Si nous ajustons les chiffres à l'inflation, comme s'est amusé à le faire Quartz, les choses changent drastiquement: Avengers: Endgame n'est alors que 36e de la liste –pour l'instant.

Dans le classement déflaté, le film est placé derrière Infinity Wars et derrière Titanic, mais aussi derrière Grease, Mary Poppins, Fantasia, de multiples Star Wars ou Ben Hur.

Endgame est surtout largement devancé par Autant en emporte le vent, glorieux premier de ce classement, long-métrage sorti en 1939 et œuvre d'un autre temps, d'une autre industrie, d'autres méthodes de distribution.

Comme le note cette chronique de Frédéric Martel sur le phénomène, compter en recettes n'est pas compter en entrées. Le tout frais Avengers: Endgame a déjà attiré 3,5 millions de personnes dans les salles françaises, mais il reste encore loin des 21 millions d'entrées de Titanic ou des 20,5 millions de Bienvenue chez les Ch'tis.

Quant à Autant en emporte le vent, il est estimé que 200 millions de personnes l'ont vu dans les salles obscures du monde entier. Endgames n'en est qu'à 70 millions, mais il continue de rugir et pourrait rapidement crever quelques spectaculaires plafonds: sa domination commerciale sera alors, quelles que soient les méthodes de calcul, sans partage.

Newsletters

Une «exception sanitaire» devrait s'inspirer de l'exception culturelle, mais en mieux

Une «exception sanitaire» devrait s'inspirer de l'exception culturelle, mais en mieux

Les manœuvres des dirigeants autour d'une dérogation aux lois du marché dans la mise à disposition du vaccin en pleine crise du Covid-19 auraient intérêt à se modeler sur celles du GATT.

La science-fiction du futur sera queer ou ne sera pas

La science-fiction du futur sera queer ou ne sera pas

Au-delà des thèmes LGBT+ se sont développées dans la SF des représentations qui tendent à déconstruire et réinventer tout l'appareil de normes dans lequel nous baignons.

La retraduction de «1984» est une idée fabuleuse

La retraduction de «1984» est une idée fabuleuse

La nouvelle version francophone du chef-d'œuvre d'Orwell par Josée Kamoun est sortie jeudi 28 mai en édition de poche. Cela rend-il le travail d'Amélie Audiberti caduc?

Newsletters