Santé

L'obésité progresse plus rapidement à la campagne

Temps de lecture : 2 min

Contrairement aux idées reçues, cette tendance observée sur une période de près de trente ans ne cesse de s'accentuer.

Il faut un IMC compris entre 19 et 25 pour être considéré·e comme étant en bonne santé. | Christopher Flowers via Unsplash
Il faut un IMC compris entre 19 et 25 pour être considéré·e comme étant en bonne santé. | Christopher Flowers via Unsplash

En terme de malbouffe, la campagne n'a rien à envier à la ville: c'est ce que révèle une étude de longue haleine publiée dans la revue Nature.

Selon ces travaux, l'obésité gagnerait du terrain plus vite dans les zones rurales qu'urbaines. Menés par une large équipe de recherche internationale, ils s'appuient sur l'analyse de l'évolution de l'indice de masse corporelle (IMC) de 112 millions de personnes issues de 200 pays différents entre 1985 et 2017.

Les scientifiques ont constaté que l'IMC des personnes vivant en milieu rural avait augmenté de 2,1 points, contre seulement 1,3 et 1,6 point chez les femmes et les hommes citadins. L'ensemble de la population étudiée aurait grossi de 5 à 6 kilos en moyenne, essentiellement en raison des gains d'IMC des personnes habitant à la campagne.

L'équipe décrit des «changements frappants» selon la localisation des individus observés. En 1985, les habitant·es des zones urbaines de plus des trois quarts des pays étudiés avaient un IMC supérieur à celui des habitant·es des zones rurales. Trente ans plus tard, l'écart d'indice de masse corporelle s'est considérablement réduit, voire inversé, dans de nombreux pays.

Fracture territoriale

«Les résultats de cette vaste étude mondiale renversent les idées reçues selon lesquelles davantage de citadins seraient à l'origine de la hausse mondiale de l'obésité», fait remarquer Majid Ezzati, professeur à l'Imperial College de Londres et co-auteur de l'étude.

D'après les scientifiques, ce phénomène pourrait être attribué à un certain nombre de facteurs liés à la vie en zone rurale: des niveaux de revenus et d'éducation plus bas, un accès à une alimentation saine limitée et plus chère et moins d'installations sportives à disposition accentueraient l'écart entre territoires.

Pour le professeur Ezzati, les discussions de santé publique se concentrent souvent sur les points noirs de la vie en ville, alors que ses résultats en pointent au contraire certains avantages: «Les villes offrent de nombreuses possibilités d'améliorer la nutrition, de faire plus d'exercice physique et de loisirs, et d'améliorer globalement la santé [...]. Ces choses sont souvent plus difficiles à trouver dans les zones rurales», conclut-il.

Slate.fr

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