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Pas après les battements de cœur: l'État américain de Géorgie adopte une loi anti-avortement

Temps de lecture : 2 min

Cette loi pourra réduire le délai pendant lequel un avortement peut encore être pratiqué à six semaines.

Retour au cintre | Andrej Lišakov via Unsplash
Retour au cintre | Andrej Lišakov via Unsplash

Ce mardi, le gouverneur de l’État américain de Géorgie, Brian Kemp, a signé un projet de loi interdisant l’avortement à partir du moment où les battements de cœur d’un fœtus pouvaient être détectés.

Avortement sous six semaines

Jusqu’à présent, l’avortement était autorisé pour les femmes jusqu’à leur vingtième semaine de grossesse. La nouvelle loi, qui entrera en vigueur au 1er janvier prochain, pourra ramener cette échéance à seulement six semaines, moment où l’on peut commencer à entendre les premiers battements de cœur du fœtus –et où de nombreuses femmes ignorent encore être enceintes.

De concert avec Planned Parenthood Southeast, l’équivalent du planning familial, l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a annoncé qu’elle contestera cette loi devant les tribunaux, et a déclaré que cette législation aurait pour effet «d’interdire l’avortement légal et pratiqué en sécurité, et de criminaliser la décision la plus intime prise par les femmes et les couples».

Une atteinte aux droits fondamentaux

Quelques manifestant·es se sont retrouvé·es devant le Capitole d’Atlanta pour protester mardi matin, certaines femmes arborant un costume tiré de la série The Handmaid’s Tale. Parmi elles, on s’inquiète que de telles lois puissent contribuer à ébranler le Roe v. Wade, un arrêt de 1973 rendu par la Cour suprême visant à protéger le droit à l’avortement.

Andrea Young, la directrice exécutive de l’ACLU de Géorgie a publié un communiqué dans lequel elle affirme que «les femmes d'aujourd'hui ne peuvent s'épanouir que dans un État qui protège leurs droits les plus fondamentaux –le droit de choisir quand et si elles veulent ou non fonder une famille. La Géorgie ne peut pas se permettre de reculer sur la santé et les droits des femmes».

De son côté, le gouverneur Brian Kemp estime que ce projet de loi est «très simple mais aussi très puissant: une déclaration selon laquelle toute vie a de la valeur, toute vie compte, et toute vie vaut la peine d’être protégée».

Quelques exceptions sont prévues, dans le cas où la grossesse présenterait un risque mortel pour la mère, ou si cette dernière a subi un viol ou un inceste et qu’elle a pris soin de déposer une plainte auprès des services de police, dans la limite de vingt semaines.

Des lois jugées anticonstitutionnelles

Des législations similaires ont été adoptées récemment dans d’autres États du pays, notamment au Mississippi, par le gouverneur Phil Bryant en mars dernier, et en Ohio, par Mike DeWine, en avril.

La plupart du temps cependant, ce type de loi finit par être annulé par les tribunaux s'il n'a pas été bloqué auparavant par un vote législatif ou un veto du gouverneur. Aucun État n'a encore été en mesure de mettre en vigueur une loi dite du battement de cœur («fetal heartbeat bill»): à chaque fois, elles ont été jugées anticonstitutionnelles.

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