Sciences

Les éléphantes et les éléphants manifestent (aussi) des différences de personnalité

Temps de lecture : 2 min

Comme chez notre espèce, les femelles pachydermes sont en tendance plus sociables et les mâles plus agressifs.

Petite famille d'éléphants d'Asie. | Pixel-Mixer via Pixabay
Petite famille d'éléphants d'Asie. | Pixel-Mixer via Pixabay

Il y a encore quelques décennies, il était encore possible d'affirmer que le caractère était une notion proprement humaine et que les autres animaux n'avaient pas de personnalité –ou rien qui ne puisse être déterminé à grands traits et appliqué à toute une espèce.

La chose est désormais caduque: nous savons aujourd'hui que nous ne sommes pas les seul·es à manifester des différences individuelles de personnalité. Mais toutes les questions n'ont évidemment pas été résolues, et en particulier celle-ci: est-ce que comme chez nous, ces traits se distribuent de manière plus ou moins marquée en fonction du sexe?

Si les études sur des primates commencent à sérieusement abonder pour y répondre par l'affirmative, celles portant sur des animaux phylogénétiquement plus éloignés de nous manquent encore à l'appel.

C'est dans cette direction que travaillent Martin W. Seltmann, Samuli Helle et Mirkka Lahdenperä, spécialistes de biologie comportementale à l'université de Turku, en Finlande. En collaboration avec Win Htut, vétérinaire œuvrant pour le Ministère des ressources naturelles de Birmanie, pays où les éléphants sont employés dans l'exploitation forestière, ces scientifiques ont conçu une étude permettant de mieux comprendre la personnalité des éléphantes et éléphants.

Vie en matriarcat et atout reproductif

Il en ressort que chez ces animaux, à la longévité et à l'organisation sociale comparables aux nôtres, les femelles sont en tendance plus sociables et les mâles plus agressifs, et que les deux sexes sont similaires sur le plan de la vigilance et de l'obéissance.

Ces conclusions sont tirées de questionnaires remplis par les mahouts, les conducteurs d'éléphants, portant sur vingt-huit traits comportementaux différents. Les observations ont été faites entre 2014 et 2017 sur plus de 250 animaux vivant dans leur habitat naturel et en semi-liberté.

Mirkka Lahdenperä souligne que la plus grande agréabilité des femelles est courante chez les mammifères très sociaux et vivant longtemps, et que ce trait est logiquement d'autant plus avantageux au sein des matriarcats que forment les éléphants d'Asie: les femelles restant toute leur vie dans de petites unités familiales très soudées, la cohésion du groupe –et la capacité à résoudre les conflits– revêt une très grande importance.

À l'inverse, l'agressivité relativement plus marquée chez les mâles pourrait s'expliquer par leur besoin de se mesurer les uns aux autres. Ce trait est chez eux un atout reproductif: les éléphants les plus âgés, les plus gros et les plus bagarreurs dispersent mieux leur capital génétique que les autres, car ils réussissent mieux que personne à éloigner leurs compagnes de concurrents.

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