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Allègre: il faut supprimer le Giec

Claude Allègre, mis à jour le 23.02.2010 à 11 h 37

L'élaboration à tout prix d'un consensus scientifique sous le prétexte de pouvoir peser sur les décideurs n'est pas acceptable.

Le Giec, Groupement intergouvernemental d'étude du climat, est un organisme de l'ONU (Organisation des Nations Unies). Sa vocation est de faire le point sur les questions climatiques et d'en tirer des recommandations pour les Etats et la communauté internationale.

Il réalise un rapport tous les cinq ans qui se compose d'un volumineux ouvrage scientifique où collaborent des centaines de scientifiques mais que personne ne lit. Il publie en même temps un résumé d'une centaine de pages qui est cette fois rédigé par une quarantaine de personnes et qui est en général fortement biaisé en faveur des thèses les plus alarmistes. Enfin, un troisième document de recommandations qui ne dépasse pas cinquante pages est censé résumer les actions à entreprendre.

C'est sur la foi de ces rapports qu'ont été organisées les conférences de Kyoto puis de Copenhague. La thèse développée est que le climat se réchauffe et que la cause en est les dégagements de CO2 due à l'activité humaine. Cette conclusion est présentée sans tenir compte des énormes incertitudes qui pèsent sur cette interprétation et ses conséquences.

Cette thèse est aujourd'hui contestée par des scientifiques de plus en plus nombreux. Récemment on s'est aperçu que les observations n'étaient pas en accord avec les models théoriques contrairement aux affirmations du Giec.

L'objectivité et la qualité des rapports du Giec est désormais mise en cause. De nombreux scientifiques pensent de plus en plus que le facteur essentiel des variations climatiques reste le soleil. S'ils ont raison, il faut s'attendre à un refroidissement dans les vingt ans a venir et pas à un réchauffement.

De fil en aiguille on découvre que le Giec a constitué un groupe de pression ayant des pratiques totalitaires imposant une vérité officielle contrôlant les revues scientifiques, empêchant l'expression des opinions contradictoires et mettant donc à bas le mécanisme essentiel de la science qui est le libre débat d'idées. Des soupçons graves pèsent désormais sur cet organisme et ont conduit déjà à des démissions spectaculaire et la mise en place de commissions  d'enquêtes en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

La question qui est désormais posée est: faut-il dissoudre le Giec?

L'idée de rassembler des scientifiques de tous pays pour faire le point des connaissances sur tel ou tel aspects d'importance planétaire n'est pas en soi absurde. Mais cette démarche n'est acceptable que si elle ne s'oppose pas au développement de la science en imposant une vérité officielle figée.

Or, on vient de voir que la tendance était à l'élaboration systématique d'un consensus sous le prétexte de pouvoir ainsi peser sur les décideurs politiques. Cette démarche n'est pas acceptable et ne sera plus jamais acceptée.

Si elle avait été appliquée à la Tectonique des Plaques elle aurait conclu à la fausseté de cette théorie puisque la quasi-totalité des géoscientistes y étaient opposées dans les années 1970! Il en aurait été de même en biologie pour l'ADN support de l'hérédité dans les années 1955 puisque la majorité des biologistes pensaient que c'étaient les protéines!

Par ailleurs, la composition du Giec est fortement biaisée en faveur de groupes de pression anglo-américains voyant le Giec comme un moyen de défendre leurs moyens matériels de recherche et une majorité de participants ne sont pas des scientifiques mais des administrateurs de divers pays. Il est clair à mon avis que le Giec tel qu'il est ne peut plus perdurer! Il doit être soit purement et simplement supprimé soit profondément reformé.

Dans tous les cas si l'on s'achemine vers l'élaboration de mise aux points scientifiques planétaires il est indispensable que l'on respecte trois principes.

-La compétence scientifique de ceux qui participent a ce travail

-Le respect et l'expression des opinions minoritaires

-La composition des comités qui devront désormais pleinement intégrer les scientifiques de Chine, Inde, Russie, Japon, Brésil et pas seulement comme faire valoir.

L'ONU a dépensé beaucoup, beaucoup d'argent, perdu dans toute cette affaire un peu plus de sa crédibilité et c'est dommage! Mais il est souhaitable avant toute nouvelle action que l'on réfléchisse bien a ce que sous prétexte d'être efficace on n'étouffe pas le progrès scientifique.

Claude Allègre

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Image de une: Centrale électrique au charbon dans la province du Hunan en Chine Carlf Zhang / Reuters

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