Parents & enfants / Sciences

Amis, ennemis ou inconnus? Des bébés de 5 mois peuvent faire la différence

Temps de lecture : 2 min

Rien qu'en entendant rire des adultes, les nourrissons sont capables de détecter la nature de leurs relations.

«Je n'entends rien! T'es ma copine ou pas?» | PublicDomainPictures via Pixabay
«Je n'entends rien! T'es ma copine ou pas?» | PublicDomainPictures via Pixabay

Beaucoup d'informations passent dans un rire: la sincérité, la nervosité, l'ironie, la froideur, le mépris... On sait aujourd'hui qu'entendre des gens rire ensemble, ce que les spécialistes du sujet appellent le «co-rire», est une manière d'évaluer rapidement la nature de leurs relations sociales. Quels que soient votre culture ou votre langage, vous saurez intuitivement si les individus en question sont des amis proches, des connaissances ou des étrangers les uns pour les autres.

Athena Vouloumanos et Gregory A. Bryant, respectivement chargé·es de recherche en psychologie et en communication aux universités de New York et de Los Angeles, ont voulu savoir si cette aptitude se manifestait chez des bébés de 5 mois –ce qui pourrait révéler, le cas échéant, la présence d'une fonction adaptative (c'est-à-dire issue de notre évolution biologique) de détection des affiliations interpersonnelles. Une disposition des plus essentielles à notre survie, vu qu'un prédateur d'un être humain a toutes les chances d'être l'un de ses congénères.

Telle est la réponse à l'issue de leur étude: il semblerait bien que oui.

Mesure de l'attention visuelle

Avant d'arriver à cette conclusion, les scientifiques ont examiné la manière dont les bébés traitaient ces échanges de rires entre adultes en général, et en particulier entre ami·es proches et entre inconnu·es, en mesurant le temps que les enfants passaient à regarder l'ordinateur diffusant l'enregistrement du son en question.

Pour les psychologues du développement, le temps d'attention visuelle est un bon indicateur de préférence pour des êtres n'ayant pas encore les moyens de l'exprimer par un langage articulé.

Les résultats de cette première expérience laissent entendre que les enfants en bas âge peuvent non seulement faire la différence entre les deux types de rires mais aussi que, lorsqu'ils ont le choix, ils préfèrent écouter des amis se poiler.

Les sons de «co-rires» étaient ensuite associés à des vidéos montrant des femmes en situation de bienveillance (face-à-face, à se sourire) ou d'hostilité (dos à dos, les bras croisés et la mine fermée), afin de déterminer si les nourrissons pouvaient détecter la nature de leurs relations. Là encore, la réponse est positive de manière statistiquement significative.

Vouloumanos et Bryant avaient à juste titre prédit que si les enfants repéraient une logique entre l'image et le son, ils la regarderaient moins longtemps et fixeraient au contraire plus longtemps la combinaison incongrue (le son d'un rire amical et une vidéo d'hostilité, par exemple).

Là encore, cette prédiction était issue des connaissances actuelles en psychologie du développement, montrant que la surprise et la confusion se traduisent chez les bébés par un temps d'attention visuelle plus long –le temps qu'il faut pour que leur petite cervelle comprenne que quelque chose cloche.

Comme attendu, les nourrissons ont fixé plus longtemps l'écran lorsque l'interaction sociale visuelle était incohérente avec l'auditive, ce qui suggère que les bébés sont bien capables de faire le lien entre un type de rires et les relations sociales unissant les personnes qui les émettent.

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