Parents & enfants

Un, deux, trois, zéro... Existe-t-il un nombre d'enfants à avoir idéal?

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs études avancent des compositions optimales de familles, en se basant sur des critères économiques, sociaux ou culturels.

En Europe, avoir deux enfants est majoritairement considéré comme la situation familiale idéale. | Guillaume Piron via Unsplash
En Europe, avoir deux enfants est majoritairement considéré comme la situation familiale idéale. | Guillaume Piron via Unsplash

Existe-t-il un nombre d’enfants optimal, garantie d’un bonheur parfait? À première vue étrange, cette question taraude pourtant bon nombre de sociologues, d'économistes ou d'historien·nes, à l’image de Bryan Caplan, auteur de Selfish Reasons to Have More Kids, interrogé par The Atlantic sur la question: «Si vous êtes prêt à concentrer votre rôle parental sur ce qui compte réellement [plus de temps passé en famille, moins d'argent dépensé en activités extrascolaires ou en écoles privées], alors je dirai que la bonne réponse est au moins quatre.»

Avant lui, de nombreuses études ont tenté d'identifier le nombre d'enfants à avoir pour maximiser son bonheur. Il est évidemment question ici de personnes désireuses d'avoir des enfants.

En Europe, deux est majoritairement considéré comme le chiffre idéal d'enfants, comme le révèle une étude de 2014. Une opinion partagée par plus de la moitié de la population américaine, trois arrivant en deuxième position avec 26% des suffrages. Mais il est important de noter que si avoir deux enfants semble aujourd’hui un gage de bonheur pour les parents, ce ne fut pas toujours le cas. Le nombre d’enfants idéal varie selon plusieurs critères, qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels.

Ainsi, en 1957, seulement 20% des Américain·es souhaitaient avoir deux enfants ou moins, tandis que 71% pensaient que la famille idéale devait en comprendre au moins trois. Steven Mintz, historien à l'Université du Texas à Austin, affirme que les baby-boomers rêvaient d’avoir trois à cinq enfants, mais que «ce chiffre a chuté à mesure que le coût de l'éducation augmentait et que de plus en plus de femmes entraient sur le marché du travail et ressentaient un sentiment croissant de frustration à l'idée d'être réduites à des machines à accoucher», explique-t-il. La peur de ne pouvoir subvenir équitablement aux besoins de leurs enfants a également pu expliquer la réticence de certains parents à agrandir leur famille.

Un chiffre spécifique à chaque famille

Au coût financier s’ajoute une charge mentale, émotionnelle et physique non négligeable qui pousse parfois les couples à ne désirer qu’un seul enfant. Une étude de 2006 indiquait ainsi qu'un deuxième ou un troisième enfant ne rendait pas les parents plus heureux. «Si vous voulez maximiser votre bien-être, vous devriez vous arrêter à un enfant», déclarait Hans-Peter Kohler, l'auteur de cette étude à Psychology Today.

Mais n'avoir qu'un seul enfant signifie que les parents ratent l'occasion d'avoir au moins un garçon et une fille –un arrangement qu'ils ont tendance à préférer depuis un demi-siècle, sinon plus. Les couples sont généralement plus susceptibles de cesser d'avoir des enfants une fois qu'ils en ont un de chaque sexe, et ce même si des scientifiques ont constaté qu’à long terme, le sexe des enfants n'affecte pas de façon significative le bonheur des mères qui souhaitaient au moins une fille et un garçon. Précisons que l’étude ne portait pas sur les préférences des pères.

Évidemment, les scientifiques s’accordent à dire que le nombre idéal d’enfants est spécifique aux désirs et aux contraintes de chaque famille. «Quand un couple a l'impression qu'il s'intéresse davantage aux enfants, qu'il a plus d'énergie pour les enfants, qu'il a peut-être plus de soutien, comme les grands-parents présents dans la région, et qu'il a un revenu décent, alors avoir une grande famille peut être la meilleure option pour lui, explique Brad Wilcox, directeur du National Marriage Project à l'University of Virginia. À l'inverse, quand un couple a moins de ressources, émotionnelles, sociales ou financières, alors avoir une famille plus petite sera sans doute mieux pour eux.»

Pour d'autres, le chiffre idéal est tout simplement zéro, comme en témoigne le mouvement grandissant childfree, littéralement «libre d'enfants», rassemblant des personnes qui revendiquent leur non-désir d’enfant.

Slate.fr

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