Boire & manger / Sciences

En réalité, vous n'aimez pas le café ni la bière

Temps de lecture : 2 min

Mais leurs effets sur votre organisme, si.

Les scientifiques ont étudié la consommation de boissons de 336.000 personnes. | Nathan Dumlao via Unsplash
Les scientifiques ont étudié la consommation de boissons de 336.000 personnes. | Nathan Dumlao via Unsplash

Alors que la consommation mondiale de café augmente en moyenne de 1,3% chaque année, une étude scientifique révèle que nous n'en aimons pas le goût, mais simplement ses effets. Nos préférences pour les boissons amères ou sucrées, comme les sodas, la bière ou le café, ne sont pas basées sur nos gènes gustatifs, mais plutôt sur ce qu'elles nous font ressentir. Énergie pour le café, lâcher-prise ou sentiment de détente pour la bière... Certains breuvages agissent sur notre corps et notre cerveau de manière quasi-instantanée.

D'après l'enquête menée par Marilyn Cornelis, professeure adjointe de médecine préventive à la faculté de médecine Feinberg de l'Université Northwestern à Chicago, ce sont justement ces sensations que l'on recherche en consommant ces boissons. Si vous commandez un expresso, vous êtes d'abord en quête d'un coup de pouce revigorant et non des arômes d'un grand arabica.

«La génétique qui sous-tend nos préférences est liée aux composants psychoactifs de ces boissons, assure Marilyn Cornelis. Les gens aiment la façon dont le café et l'alcool les font se sentir. C'est pour ça qu'ils les boivent. Cela n'a rien à voir avec le goût.»

C'est en cherchant des prédispositions génétiques à nos préférences en matière de boissons –en vue de lutter contre l'obésité– que les scientifiques ont découvert l'importance des composantes comportementales dans nos habitudes de consommation.

Associer le goût à l'effet de la caféine

L'équipe de recherche a observé ce que buvaient 336.000 personnes, puis effectué une étude d'association pangénomique de leur consommation de boissons amères et sucrées, c'est-à-dire une analyse des variations génétiques chez plusieurs personnes afin d'étudier leurs corrélations avec l'ensemble des traits observables de notre organisme.

Les breuvages classés comme amers comprenaient le café, le thé, le jus de pamplemousse, la bière, le vin rouge et d'autres alcools, tandis que les sucrés englobaient les boissons non alcoolisées et les jus autres que celui de pamplemousse.

L'équipe scientifique a réalisé que le choix de consommer une boisson est avant tout dicté par la recherche d'une sensation pré-intégrée, associée à ce produit. «Le goût est peut-être un facteur, explique Marilyn Cornelis, mais c'est un goût acquis, construit. Le café, en raison de son amertume, est quelque chose que nous devrions éviter d'un point de vue évolutif. Mais nous le consommons parce qu'on a appris à associer son goût à l'effet de la caféine.»

Un facteur que les scientifiques n'ont toutefois pas pris en compte est l'ajout éventuel de sucre ou de crème, dont les volontaires se sont peut-être servi·es pour masquer l'amertume.

Slate.fr

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