Sciences

L'État de Washington est en passe de légaliser le compost humain

Temps de lecture : 2 min

La technique s'inspire de la décomposition naturelle.

On estime qu'un corps incinéré émet environ 18 kilos de carbone et nécessite plus de 110 litres de combustible pour brûler. | Neslihan Gunaydin via Unsplash
On estime qu'un corps incinéré émet environ 18 kilos de carbone et nécessite plus de 110 litres de combustible pour brûler. | Neslihan Gunaydin via Unsplash

À Seattle, dans l'État de Washington aux États-Unis, il pourrait bientôt être possible de parsemer son jardin de compost humain. Un projet de loi a déjà été adopté par l'Assemblée législative de l'État, ne manque plus que la signature du gouverneur démocrate Jay Inslee, qui vient de faire de la lutte contre le changement climatique le cheval de bataille de sa candidature à l'élection présidentielle de 2020.

Pour un peu moins de 5.000 euros, soit plus qu'une crémation lambda mais moins qu'un enterrement, la société de pompes funèbres Recompose devrait donc proposer à partir du printemps 2020 un service appelé «réduction organique naturelle». En utilisant des microbes capables de réduire la peau, les os et l'ensemble des tissus ou organes humains à l'état de poussière, Recompose s'inspire de la décomposition naturelle.

«C'est en fait le même processus qui se produit sur le sol de la forêt lorsque les feuilles, les corps d'animaux et les branches des arbres se décomposent et se transforment en terre végétale», explique Katrina Spade, fondatrice de la société de pompes funèbres. Une procédure écologique, déjà utilisée dans l'élevage pour se débarrasser des carcasses animales après des épidémies.

Une décomposition en trente jours

Selon ses partisan·nes, cette méthode permettrait de réduire l'impact environnemental des rites funéraires traditionnels. «Nous embaumons les corps avec des solutions toxiques, les enterrons dans des cercueils de bois et de métaux précieux, avant de les enfouir indéfiniment sous terre», relate Joshua Trey Barnett, expert en communication écologique à l'Université du Minnesota.

Concernant l'incinération, si son empreinte écologique est moindre que celle d'une mise en terre, on estime qu'un corps incinéré émet environ 18 kilos de carbone et nécessite plus de 110 litres de combustible pour brûler.

Le compostage humain, lui, a une empreinte quasi nulle. Mais concrètement, comment ça marche? Pour réduire un corps à l'état de compost, il faut tout d'abord le placer à l'intérieur d'un grand récipient dans lequel on ajoute les agents microbiens, de la paille, de la luzerne, une plante fourragère connue pour ses qualités d'amélioration des sols, et des copeaux de bois. Pendant trente jours, l'ensemble est alors progressivement chauffé pour atteindre les 150 degrés. À cette température, le corps se dissout et devient compost.

Un compost qui peut être récupéré par les membres de la famille de la personne décédée, ou laissé à l'entreprise Recompose qui se charge de le transmettre à des organisations protectrices de l'environnement. Les restrictions quant à l'endroit où le compost peut être répandu devraient être similaires aux règles américaines relatives à la dispersion des cendres –qui diffèrent des réglementations françaises– à savoir seulement sur des terres privées, avec autorisation des propriétaires.

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