Sciences

Vous avez plus de chance de pleurer en avion, et ça s'explique

Temps de lecture : 2 min

55% des personnes qui prennent l'avion affirment que leurs émotions sont exacerbées lors d'un vol.

55% des passager·es affirment que leurs émotions sont exacerbées lors d’un vol. | Ross Parmly via Unsplash
55% des passager·es affirment que leurs émotions sont exacerbées lors d’un vol. | Ross Parmly via Unsplash

En plus de démultiplier les effets de l'alcool ou de nous boucher les oreilles, l'altitude peut également jouer sur notre émotivité et nous transformer en madeleines. D'après une enquête menée par la compagnie aérienne Virgin Atlantic, 55% des personnes qui prennent l'avion affirment que leurs émotions sont exacerbées lors d'un vol.

Le sondage révèle également que 41% des hommes interrogés pleurent à chaudes larmes, notamment devant les films proposés par les compagnies pour faire passer le temps. Des résultats étonnants qui ont poussé Virgin Atlantic à mettre en place des «avertissements pleurnichards», à la manière d'un trigger warning, avant les films particulièrement tristes visionnables en vol.

Pour les scientifiques, qui n'ont pas encore réussi à déterminer avec exactitude les causes de cette émotivité aérienne, il s'agit sans doute d'une combinaison du manque d'oxygène, de la déshydratation et du stress du voyage. Lorsque les avions atteignent leur altitude de croisière, la pression de l'air chute, entraînant une réduction de la quantité d'oxygène transportée dans notre sang, ce qu'on appelle l'hypoxie.

L'hypoxie peut avoir plusieurs impacts sur l'être humain, tous bénins si le manque d'oxygène n'est pas trop important, comme la fatigue, la confusion, l'altération de la prise de décision et, surtout, la perte de notre capacité à gérer nos émotions.

En larmes devant «Thor»

L'altitude nous rend plus vulnérables psychologiquement. Si Bambi ne vous a jamais tiré une larme sur le plancher des vaches, il y a de fortes chances que vous craquiez si vous le regardez lors d'un vol moyen ou long courrier. D'après l'article de la journaliste Lila Reynolds pour Popular Science, un film n'a même pas besoin d'être triste pour vous coller la larme à l'œil, certaines personnes s'effondrant devant le long-métrage de super-héros Thor, d'autres devant la comédie britanique Joue-la comme Beckham.

Les films sont un bon déclencheur lacrymal, mais ils ne sont pas les seuls. Vous risquez également de pleurer à chaudes larmes si vous vous lancez dans une grande introspection entre deux plateaux-repas, ou en regardant des photos de vos enfants avant l'atterrissage.

D'après la psychologue Jodi De Luca, si nous n'avons pas conscience de cette fragilité émotionnelle, notre cerveau, lui, est sur le qui-vive, à cause notamment de l'environnement non familier et d'un sentiment diffus de claustrophobie. «Nous avons peu de contrôle sur notre environnement lorsque nous voyageons en avion, explique-t-elle. Tous ces facteurs de stress déclenchent chez certaines personnes une réaction de lutte ou de fuite.» Le corps produit alors en plus grande quantité du cortisol, l'hormone du stress. Cette dernière influence nos émotions en augmentant notre tension artérielle et notre fréquence cardiaque. Résultat: nous sommes à fleur de peau.

Ajoutez à cela l'air très sec d'une cabine, de 25 à 30% moins humide que sur la terre ferme, qui cause la déshydratation et l'irritation des yeux. Il devient alors beaucoup plus simple de rejoindre le Mile cry club, le club des pleurnichard·es en altitude, que son célèbre cousin le Mile high club, qui regroupe les personnes ayant eu un rapport sexuel en avion.

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