Sciences / Monde

Des manchots empereurs ont cessé de faire des bébés dans une de leur zone préférée de l'Antarctique

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques s'alarment de leur disparition.

Au sein de la population mondiale de manchots empereurs, 8% se reproduisaient à Halley Bay, selon les scientifiques. | Ian Parker via Unsplash
Au sein de la population mondiale de manchots empereurs, 8% se reproduisaient à Halley Bay, selon les scientifiques. | Ian Parker via Unsplash

D’après une étude britannique, pratiquement aucun poussin n’a éclos dans le deuxième plus grand vivier de manchots empereurs (aptenodytes forsteri) de l'Antarctique. Pour les chercheurs, ce début d’année 2019 semble tout aussi morose pour cette espèce.

Habituellement, 15.000 à 24.000 couples de manchots empereurs affluent chaque année vers Halley Bay. Située au nord de l’Antarctique, cette station de recherche était considérée comme un lieu sûr de reproduction pour ces oiseaux endémiques –en dépit du réchauffement climatique. Mais presque aucun spécimen n’y a été aperçu depuis 2016.

«Nous n'avons jamais vu d'échec de reproduction d'une telle ampleur depuis soixante ans», constate Phil Trathan, co-auteur de l’enquête et chercheur à la British Antarctic Survey.

Des conditions météorologiques instables

Qu’est-ce qui a poussé ces manchots empereurs à plier bagage? Les scientifiques attribuent cette forte baisse de la population au climat et aux conditions météorologiques.

Ces oiseaux, au plumage noir et blanc, aux plumes et aux poitrines jaunes représentent la plus grande espèce de manchots. Ils pèsent jusqu'à 40 kilos et vivent environ vingt ans. Les couples se reproduisent dans des conditions hivernales rigoureuses, les mâles couvent les œufs.

Selon le professeur Trathan, le phénomène El Niño –un événement climatique caractérisé par des températures anormalement élevées– aurait brisé la glace et rendu la zone de reproduction moins stable. Il ajoute cependant qu’il est impossible d’affirmer que l’impact des activités humaines en est à l’origine.

Exilés dans une zone à proximité

La population de couples de manchots aurait augmenté de manière significative sur un site de reproduction voisin, mais les auteurs des recherches ont précisé que les chiffres étaient loin d’être comparables à ceux des manchots disparus à Halley Bay.

C’est la zone de Dawson-Lambton qui est devenue le refuge d’une partie de ces manchots. Elle abritait jusqu’en 2016 environ 2.000 couples pour atteindre 11.117 couples en 2017 et 14.612 en 2018, d’après l’étude.

Le professeur Phil Tratan souligne que cet échec de reproduction «est un avertissement de différents éléments qui pourraient prendre de l’ampleur dans le futur».

Slate.fr

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