Santé

De plus en plus d’êtres humains développent cet os inutile

Temps de lecture : 2 min

Les scientifiques peinent à expliquer pourquoi.

Le taux de prévalence de la fabella a été multiplié par 3,5 en 100 ans. | Mathew Schwartz via Unsplash
Le taux de prévalence de la fabella a été multiplié par 3,5 en 100 ans. | Mathew Schwartz via Unsplash

La fabella est un os sésamoïde, un vestige de ligament calcifié, situé dans le tendon du genou. Signifiant «petit haricot», elle n’a, à première vue, aucune utilité. Elle n’est d’ailleurs pas présente chez tout le monde, sans que cela n’impacte la santé ou la stabilité des personnes qui n’en ont pas. Vivre avec ou sans fabella, même combat.

Pourtant, sans aucune raison apparente, le taux de prévalence de ce petit os a été multiplié par 3,5 en 100 ans. Le pourcentage de personnes ayant des fabellas est ainsi passé de 7,64 % en 1900 à 31 % en 2000, selon une étude réalisée par des scientifiques de l'Imperial College London.

Le docteur Michael Berthaume, directeur de l'étude, s'est rendu compte par hasard de la prévalence surprenante de la fabella. Alors qu’il travaillait sur la conception de dispositifs médicaux pour les personnes dans les pays à revenu faible et moyen, il a remarqué la présence récurrente de cet os en observant les scans des genoux d'un échantillon de Coréen·nes.

Après des recherches plus poussées, menées dans vingt-sept pays, Michael Berthaume et son équipe ont remarqué l'augmentation spectaculaire de personnes développant ces minuscules os. Curieusement, ils ont également constaté que les dix autres os sésamoïdes que compte notre squelette n'avaient pas augmenté en prévalence avec le temps.

Une alimentation plus riche en cause?

Pour l’instant, les scientifiques ne parviennent pas à expliquer ce phénomène et se contentent d’émettre prudemment quelques hypothèses. Sans certitude, il semble y avoir un lien entre les fabellas et l'arthrose, les personnes souffrant de douleurs articulaires étant deux fois plus susceptibles d'être dotées d'une fabella.

Autre piste: une alimentation plus riche et plus variée qu’au siècle dernier. «L’un des rares facteurs ayant affecté tout le monde à l’échelle globale, c'est que les gens sont mieux nourris», affirme Michael Berthaume, qui indique que les os sésamoïdes comme la fabella ont tendance à se former dans les zones du corps où il y a tension musculaire, afin de réduire la friction.

Selon lui, plus les gens grandissaient et grossissaient au siècle dernier, plus ces os se formaient pour aider le genou à faire face à la pression accrue. Une théorie parmi tant d’autres, à prendre avec des pincettes. «Nous n'avons aucune idée du rôle de cet os, parce que personne ne s'y est jamais intéressé», explique Michael Berthaume, qui écarte l’hypothèse évolutionnaire, précisant que l’apparition des fabellas n’est pas liée à des raisons génétiques.

Slate.fr

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