Sciences

Comme le nez, la langue peut sentir des odeurs

Temps de lecture : 2 min

En plus de capteurs gustatifs, la langue serait équipée de récepteurs olfactifs capables de détecter et catégoriser les arômes.

Les résultats de l’étude remmettent en question l'idée que le goût et l'odeur des aliments sont détectés séparément dans la bouche et le nez. | Jelleke Vanooteghem via Unsplash
Les résultats de l’étude remmettent en question l'idée que le goût et l'odeur des aliments sont détectés séparément dans la bouche et le nez. | Jelleke Vanooteghem via Unsplash

Et si la langue ne servait pas qu’à goûter, mais aussi à sentir? D’après les conclusions d’une récente étude américaine, notre langue contient des récepteurs olfactifs qui peuvent détecter les odeurs des aliments. Grâce à des protéines présentes dans les cellules gustatives et capables de repérer et catégoriser les arômes, elle peut associer goûts et odeurs.

Comme le rappelle la journaliste scientifique Nicola Davis dans son article du Guardian, nous savons depuis longtemps que la langue détecte les goûts sucrés, salés, acides, amers, ou l'umami, cinquième saveur connue comme «le goût de ce qui est bon», grâce à des cellules porteuses de récepteurs gustatifs qui interagissent avec certaines molécules des aliments.

Mais les résultats de la nouvelle étude américaine remettent en question l'idée que le goût et l'odeur des aliments sont détectées séparément par la bouche et par le nez. «Attention, je ne dis pas que si vous ouvrez la bouche, vous sentez», met en garde le docteur Mehmet Hakan Ozdener, directeur de la recherche, qui rappelle que le nez reste le principal acteur dans l’aquisition des arômes.

Une avancée dans la lutte contre l'obésité?

Mehmet Hakan Ozdener pense cependant que les conclusions de l’étude pourraient permettre d'utiliser les odeurs pour nous inciter à manger plus sainement. En ajoutant une subtile odeur de sucre à un aliment, notre cerveau pourrait ainsi croire que celui-ci est plus sucré qu’il ne l’est réellement. Nos besoins en sucre seraient ainsi plus rapidement contentés, ce qui pourrait permettre de lutter contre l'obésité ou de favoriser une alimentation plus variée.

D’après les scientifiques, au-delà d’un simple piège neurologique, les molécules odorantes présentes sur notre langue pourraient même modifier la saveur d’un aliment en créant une réaction directement dans notre bouche.

Pour le professeur Johannes Frasnelli, chercheur en neurologie à l'université du Québec à Trois-Rivières, ces résultats confirment des recherches antérieures ayant démontré que les récepteurs olfactifs ne se limitaient pas au nez. «Nous savons que les récepteurs olfactifs peuvent se trouver dans de nombreux tissus autres que la muqueuse olfactive et, dans de nombreux cas, nous ne connaissons pas encore leur fonction ni les implications qui en découlent, explique-t-il. Nous savons par exemple que des récepteurs olfactifs sont situés sur les spermatozoïdes et semblent jouer un rôle pour guider les cellules vers l'ovule.»

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