Life

Palm, luxe et volupté

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 21.02.2010 à 14 h 57

L'hôtel de luxe Royal Palm crée un véritable art de vivre insulaire, probablement unique à Maurice.

Le Royal Palm ne connaît pas la crise. Pour les fêtes de fin d'année, le superbe palace au nord de l'île verte, cher au prix Nobel Jean-Marie Le Clézio, les 85 chambres et suites ont affiché complet, en dépit de la récession, avec 90% de clients fidèles d'une année sur l'autre: une sorte de record mondial dû à la beauté, au confort, à la situation de l'hôtel sur l'immense plage nichée sous les palmiers - air à 32°C dans l'air et eaux turquoises à 28°C. Farniente, sérénité du corps et de l'âme. Une certaine idée du paradis.

500 employés pour 170 clients

Inventé, construit, décoré par Jean-Pierre Chaumard, grand professionnel de l'hôtellerie de luxe -il a été voiturier au Ritz à 16 ans- le Royal Palm a forgé sa formidable réputation d'excellence au milieu des années 1980. Le service, 500 employés pour 170 clients maximum, est comparable à celui du Plaza Athénée à Paris, the best of the best.

Pendant plus d'un quart de siècle, le «Royal Calme», comme l'a baptisé le chanteur gastronome Pierre Perret, a drainé la belle clientèle des fortunés de la vie: des stars (Catherine Deneuve, Pierre Grimblat, Alain Delon), des politiques (dont Jacques Chirac), des hommes d'affaires (comme François Louis Vuitton), des magnats des médias (Jean-Pierre Elkabbach), ou encore le photographe d'art Jean-Daniel Lorieux, tous attirés par la douceur de vivre, la «privacy», la magie du site protégé, en face du lagon bleu.

Les accros du palace se donnent rendez-vous à dates fixes, pour Noël et le jour de l'An, ou les vacances scolaires afin de partager le carpe diem, les plaisirs distillés par les prestations du cinq étoiles, la pêche au gros, les sports nautiques, les balades en mer sur le catamaran, le tennis de jour et de nuit, et les multiples soins du SPA, le masseur Vega aux mains divines qui a ses abonnés quotidiens. De quoi s'occuper entre deux brasses coulées.

Assurément, c'est Jean-Pierre Chaumard, par la mise en valeur du site marin, qui a fait du Royal Palm un mythe hôtelier -une référence mondiale.

Room service de rêve

L'autre point fort, c'est la cuisine variée, surprenante, vive de Michel de Matteis, M.O.F., ancien chef de l'Hôtel Mirabeau, fief de la S.B.M. à Monaco, qui a eu la lourde charge de succéder en 2004 au maestro franco-hollandais, Richard Ekkebus, lequel avait créé le répertoire culinaire multi-éthnique servi dans les trois restaurants: La Goélette, un balcon sur la mer, le Natureaty, un concept de spécialités asiatiques et le room service à toute heure car les dîners en chambre -et en peignoir- mobilisent près de la moitié des résidents.

Curry d'agneau, langouste aux épices, chop suey de crevettes, steak tartare frites, tagliatelles aux truffes, vindaye de sacréchien (poisson blanc), terrine de foie gras à la gelée de mangue, croque-monsieur, sushi et sashimis, Matteis a appris l'art de jongler avec les produits, les poissons de l'océan, les spécialités créoles, les cuissons, les présentations, tout cela selon les livraisons (viandes d'Australie, fromages de France, jambons d'Italie) et ses humeurs de chef créateur.

Bonheur de vivre

La particularité de ce maestro originaire des Pouilles (en Italie), formateur de Christian Le Squer, trois étoiles chez Ledoyen, c'est qu'il n'a jamais été aussi bien dans sa peau depuis trois décennies qu'il manie la poêle et le chinois. L'air insulaire de Maurice, la qualité du site de Grand Baie a dynamisé sa créativité. «Comment ne pas transmette aux clients ce bonheur de vivre ici, sous le ciel bleu et les palmiers, et s'efforcer de les réjouir aux trois repas, indique-t-il en composant la délicate fondue chinoise ô combien dépaysante. Rien n'est trop beau, trop rare pour les fidèles du Royal Palm. Ils s'attendent au meilleur du meilleur et surtout pas aux ritournelles des palaces internationaux.»

Pléthore d'hôtels de luxe

De fait, le luxe du Royal Palm, propriété du groupe mauricien Beachcomber, c'est la recherche de l'excellence en tout, dans les détails -terrasse pour chaque chambre, service en gants blancs, papier à lettres au nom du client- bien loin du clinquant, du bling-bling d'autres destinations sur l'île aux palmistes. Le Four Seasons, l'Oberoi, le Prince Maurice, le Paradise, le Touessrok (rénové) en attendant le nouveau Trou aux Biches: la concurrence bat son plein sur l'île chère à Paul et Virginie. Avec un risque de trop plein. Trop de chambres pour pas assez de visiteurs: 120 hôtels quatre et cinq étoiles contre 95 en 1999.

«Par chance, ils reviennent chez nous dare-dare», se félicite Jacques Silvant, le directeur général qui a remplacé en 2004 Jean-Pierre Chaumard, améliorant les lieux de vie (deuxième piscine découverte) en se penchant sur le projet de refaire la totalité des chambres en six mois.

D'où vient le charme, l'attractivité irrésistible du Royal Palm? Du climat presque toujours clément, de la plage si proche des lieux d'habitation, de cette oasis de volupté à l'écart de tout? Sur cette côte abritée des cyclones, il s'est créé un véritable art de vivre insulaire, probablement unique à Maurice. Les prix sont à la hauteur des prestations.

Nicolas de Rabaudy

Image de une: Le Royal Palm / via Flickr

 

Le Royal Palm Grand Baie. Île Maurice, à 50 minutes de l'aéroport, limousine climatisée à l'arrivée. Tél.: + 230 209 83 00. Fax: + 230 263 85 44. Email: [email protected] Tarifs à partir de 1.000 euros la chambre selon les saisons.
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