Parents & enfants

Devoirs, révisions: il faut aider nos jeunes à savoir comment s'y prendre

Temps de lecture : 3 min

Les élèves qui passeront le bac en juin auront souvent passé une douzaine d'années sans savoir qu'il y a des clés pour mieux travailler.

Did you fail your 11 plus? | Paul Townsend via Flickr CC License by
Did you fail your 11 plus? | Paul Townsend via Flickr CC License by

À deux mois des épreuves écrites du baccalauréat, il est peut-être un peu tard pour apprendre aux élèves de Terminale comment se mettre au travail et bien réviser. Mais sait-on jamais. Le Washington Post vient d'interroger des expertes et des experts afin de déterminer comment aider nos jeunes à bien faire leur travail. C'est certes une question de volonté, mais pas seulement: il faut un environnement sain, et une certaine méthodologie.

Que l'on soit prof ou parent, on entend souvent les élèves affirmer leur désir de progresser et de mieux travailler, mais aussi leur désarroi face aux tâches qui se présentent. Très souvent, le problème est de savoir comment s'y prendre, et l'absence de réponses concrètes a systématiquement tendance à créer le découragement et la passivité. «Il est toujours stupéfiant d'observer le nombre d'étudiantes et d'étudiants qui ne savent juste pas comment s'y prendre, ce qui les frustre et finit par les détacher totalement du plaisir d'apprendre», commente Henry Roediger III, professeur de psychologie et de sciences cognitives à l'université américaine de St Louis. «La méthodologie devrait s'inculquer dès le CE2 ou le CM1, avec un réinvestissement régulier durant les années suivantes».

Par manque de temps ou d'envie, les membres du corps enseignant n'insistent pas forcément beaucoup sur les bases méthodologiques, faisant comme si celles-ci étaient des évidences ou se reposant sur les collègues des autres années. Ce rôle peut donc revenir aux parents, pour qui c'est aussi une bonne façon de suivre l'évolution de ses enfants, mais aussi de mieux les connaître.

Fixer les horaires, pas forcément les lieux

Selon les expertes et les experts, le premier conseil à donner aux parents est le suivant: établissez un cadre et une routine. Décidez ensemble que les devoirs se font plutôt sur telle plage horaire, par exemple après le goûter mais avant de pouvoir regarder la télé. L'idéal est d'éviter les sources de distractions (éloigner les appareils électroniques est donc une bonne idée). En ce qui concerne le lieu, il est toujours mieux d'avoir du calme et de l'espace; en revanche, il ne semble pas fondamental d'adopter un lieu précis, des études ayant montré que beaucoup de jeunes travaillaient mieux en variant les localisations.

L'attitude des parents est évidemment un point-clé. Il ne faut pas tenter de brusquer les choses, donc ne pas faire à la place de son enfant sous prétexte de lui faire gagner du temps. Il convient aussi de râler le moins possible pour ne pas braquer l'élève. Même si avoir envie de hurler de désespoir est parfaitement humain.

Les spécialistes soulignent aussi l'importance de prendre des pauses. Apprendre un peu, puis faire un break, puis se remettre sur sa leçon, peut permettre de mieux l'assimiler. L'article du Washington Post prend l'exemple de deux élèves qui étudieraient la même leçon: celle qui l'apprend pendant une heure trois jours consécutifs sera plus efficace que celui qui y passe trois heures de suite durant la même soirée. Oublier des éléments entre deux phases d'apprentissage fait aussi partie du processus: lors de la phase suivante, cela permet de mieux repérer les zones perfectibles.

L'importance de la récitation... ou de l'auto-récitation

Il semble également important de varier les sujets. Laisser de côté le devoir de maths pour mieux y revenir après permet de ne pas se bloquer l'esprit, et peut-être d'envisager l'exercice donné sous un nouvel angle. Idéalement, les parents peuvent accompagner cette segmentation du travail en suggérant de passer à autre chose lorsque cela semble nécessaire. Autre rôle capital: celui qui consiste à faire réciter à l'élève les connaissances acquises. La restitution orale joue un rôle important, car elle permet d'imprimer les choses de façon plus durable.

«Cela marche dès l'école élémentaire, avec les tables de multiplication et les questions d'orthographe», explique Henry Roediger III, «mais en réalité, cela fonctionne tout le temps, y compris jusqu'en fac de médecine». La restitution offrirait des résultats convaincants à court terme comme à long terme. «Cela vous aide à "savoir que vous savez"».

Et si personne n'est disponible pour l'étudiante ou l'étudiant, des méthodes d'auto-restitution existent, afin de savoir se réciter efficacement une leçon en solo.

Dernier conseil, qui nécessite encore plus de temps et de disponibilité que les autres: aller plus loin fonctionne toujours bien. Pour Nate Kornell, chercheur sur les questions d'apprentissage et professeur de psychologie, les élèves ont tellement tendance à se focaliser sur l'évaluation ou l'examen qui arrive (ce qui est tout à fait humain), que leur façon d'apprendre reste parfois superficielle. Il cite une expérience qu'il a menée avec sa fille, élève dans un lycée, en lui demandant d'apprendre sa leçon comme si elle allait devoir la lui enseigner ensuite. Et pas comme si elle s'apprêtait simplement à devoir plancher sur un devoir surveillé.

«C'est comme escalader une montagne», résume Kornell. «C'est difficile mais cela peut finir par être tellement gratifiant. Quand les jeunes connaissent tous ces trucs et que cela fonctionne, quelque chose de magique se produit». Bon courage à tous les parents.

Slate.fr

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