Politique / Sciences

Les machines de vote électronique ne sont toujours pas fiables, mais les maths peuvent arranger ça

Temps de lecture : 2 min

900 millions d'Indiennes et d'Indiens ont un mois pour voter aux élections législatives, le tout sur des machines qui n'inspirent pas toujours confiance.

À Amritsar (Inde), une démonstration de l'utilisation des machines de vote, le 18 avril 2019 | Narinder Nanu / AFP
À Amritsar (Inde), une démonstration de l'utilisation des machines de vote, le 18 avril 2019 | Narinder Nanu / AFP

En Inde, les élections législatives ont démarré il y a quelques jours. Ce que le New Scientist désigne comme la plus grande élection de l'histoire se déroule sur plus d'un mois, de façon à permettre aux 900 millions de personnes inscrites sur les listes électorales de pouvoir participer au scrutin.

Depuis 2004, les électeurs et les électrices doivent utiliser des machines de vote électronique (MVE): sur le papier, il leur suffit de s'identifier, puis de presser le bouton figurant à côté du nom choisi. Mais les membres partis d'opposition font régulièrement part de leurs doutes quant à la fiabilité des machines utilisées. Selon les médias locaux, de nombreux appareils ont dû être remplacés durant les premiers jours du vote en raison d'anomalies. Il est aussi rappelé que des recherches antérieures avaient permis de montrer que les machines étaient piratables.

Pour tenter de sécuriser les choses, chaque MVE permet désormais aux Indiens et aux Indiennes d'imprimer un ticket sur lequel il leur est possible de visualiser leur vote. Pour différentes raisons (dont la confidentialité du vote), le ticket en question reste emprisonné par la machine et finit redirigé vers une corbeille inviolable. Des opérations de pointage seront d'ailleurs réalisées sur certaines machines afin de s'assurer que le comptage électronique est conforme au comptage papier. Reste que l'économie de papier, l'un des arguments utilisés par les pro-MVE, est légèrement écornée par ce système de double vérification...

Confiance et fluctuation

Les mathématiques ont également leur mot à dire. Un système nommé «vérification à risque limité» («risk-limited audit» en anglais) peut permettre d'établir à un niveau de certitude élevé si le vote se déroule convenablement ou s'il y a des ratés, le tout en n'étudiant que quelques milliers de bulletins. À l'institut de technologie de Madras, c'est un jeune chercheur, Vishal Mohanty, qui a dirigé les opérations. Les principales notions mathématiques engagées diront sans doute quelque chose aux élèves de lycée: les intervalles de confiance et de fluctuation.

Du degré de certitude auquel on souhaite arriver (étant entendu que 100% n'est pas une valeur possible) découle le calcul du nombre de bulletins de vote qu'il conviendra de vérifier dans le pays. Des bulletins sont alors sélectionnés de façon aléatoire, puis des tests statistiques sont effectués afin de déterminer si leur répartition semble conforme avec les résultats des MVE. Si cela n'est pas le cas, un prélèvement plus important est alors effectué, et ainsi de suite jusqu'à ce que le degré de confiance demandé soit atteint.

La méthode semble tout à fait fiable, et sa capacité d'auto-régulation (puisqu'elle ajuste elle-même le nombre de bulletins à étudier) la rend extrêmement économique en termes d'opérations à réaliser. Essentiel dans un pays aussi peuplé que l'Inde. Le revers de la médaille, explique le journaliste Edd Gent, c'est que cet ajustement progressif de la taille de l'échantillon à étudier empêche les autorités de planifier précisément les opérations de vérification, puisqu'il est très difficile d'établir quelle sera leur durée. «Mais quand la démocratie est en jeu, nous pouvons bien faire preuve de davantage de patience», conclut-il à raison.

Slate.fr

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