Médias / Culture

True crime: où sont les victimes?

Temps de lecture : 14 min

Le genre, qui connaît un pic de popularité depuis quelques années, a une fâcheuse tendance à se focaliser sur la figure du criminel et à négliger les conséquences de ses actes.

De gauche à droite et de haut en bas: Lynda Ann Healy, Donna Gail Manson, Susan Elaine Rancourt, Kathy Parks, Brenda Ball et Karen Lee Sparks, six des victimes de Ted Bundy | Capture écran via Netflix
De gauche à droite et de haut en bas: Lynda Ann Healy, Donna Gail Manson, Susan Elaine Rancourt, Kathy Parks, Brenda Ball et Karen Lee Sparks, six des victimes de Ted Bundy | Capture écran via Netflix

«Un esprit dérangé. Une multitude de meurtres. Les terrifiantes motivations de Ted Bundy apparaissent désormais claires»: voici comment Netflix nous vend Ted Bundy: Autoportrait d’un tueur, sa série-documentaire sur l’un des serial killers les plus connus du XXe siècle.

Spoiler alert: la série n'éclaircira jamais «les terrifiantes motivations de Ted Bundy». Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, puisque l'on passe quatre heures à s’intéresser à la personnalité du criminel et à l’écouter disserter sur sa vie.

Ses victimes, elles, ne sont que des figurantes dans cette histoire, des outils narratifs qui ne semblent exister que pour faire avancer le récit sur Ted Bundy. Dans une interview à Broadly, Kathy Kleiner, qui a survécu à une attaque du meurtrier, déplore ainsi: «Les gens veulent entendre parler du gore, mais derrière le gore, il y a aussi les victimes. Pour eux, nous ne faisons pas partie de l’histoire.»

Alors que dans les meilleurs cas, le true crime peut permettre d’exposer certains dysfonctionnements du système judiciaire (Serial, Making a Murderer) ou de rétablir la vérité (Le dossier Adams, The Keepers), ce genre de récit se complaît souvent dans une narration quasi romancée de faits divers, avec une obsession autour de la figure mystérieuse et toute puissante du meurtrier.

Avec le pic de popularité que connaissent les productions true crime depuis quelques années, plusieurs questions éthiques et morales se posent, sur le sensationnalisme et la fascination morbide qui entourent ces histoires, mais aussi sur la façon dont on y traite les victimes, les survivant·es et leurs familles. Parce que produire et consommer un récit basé sur le traumatisme d’autrui n’est pas anodin et ne devrait jamais être traité comme tel.

La violence moins la culpabilité

L'intérêt pour le true crime n’est pas récent: si beaucoup considèrent De sang-froid, l’enquête de Truman Capote sur un quadruple meurtre dans une ferme du Kansas, comme l’œuvre séminale du genre, on trouve des formes d'histoires criminelles dès l’invention de l’imprimerie.

Mais c’est depuis 2014 et la sortie du podcast Serial que ce type de récit connaît son heure de gloire. La première saison du podcast, dans laquelle une journaliste américaine tente de découvrir si la mauvaise personne a été condamnée pour le meurtre d’une jeune lycéenne, a été téléchargée plus de 211 millions de fois.

Ce succès a donné naissance à un nombre incalculable d'œuvres relevant du true crime. «Cette résurgence est renforcée par la popularité croissante des podcasts, ainsi que par la prolifération des documentaires sur les crimes et la justice –ou l’injustice– sur les plateformes de streaming», analyse Nickie Phillips, professeure en sociologie et justice pénale au Saint Francis College de New York.

Il existe aujourd’hui tellement de podcasts true crime que lorsque le site Vulture inventorie les meilleurs, il n’en présente pas moins de cinquante-deux –du laconique Serial Killers, dont on devine facilement le sujet, à Wine and Crime, où un groupe de femmes discutent de criminalité autour d’une bouteille de vin.

Et si vous vous rendez sur Netflix, vous trouverez, outre le fameux documentaire sur Ted Bundy, un bon nombre d’autres programmes dédiés aux pires criminels de l’histoire, tels que Dans la tête des criminels, Murderous Affairs («un cocktail capiteux et une anthologie de meurtres», selon Netflix) ou Stalkers Who Kill, qui, comme son nom l’indique, s’intéresse aux harceleurs... qui tuent.

«Notre fascination alimente un tissu social macabre dans lequel la mort, la violence et le spectacle sont normalisés.»

Nickie Phillips, professeure en sociologie et justice pénale

Beaucoup ont tenté de comprendre la fascination du public pour le true crime, et en particulier pour les histoires centrées sur des serial killers. Selon le criminologue Scott A. Bonn, «les serial killers excitent et titillent les gens, tout comme les accidents de voiture, les catastrophes et les désastres naturels. La fascination du public à leur égard peut être perçue comme l’expression spécifique d’une fixation plus générale sur la violence et la calamité».

Le true crime permettrait ainsi de consommer des récits de violence en se détachant de toute culpabilité. «On peut voir notre fascination comme une quasi-transgression, où la douleur et la violence nous sont vendues à travers un packaging de divertissement bien léché, explique Nickie Phillips. Notre fascination alimente un tissu social macabre dans lequel la mort, la violence et le spectacle sont normalisés et dénués d’implications morales et éthiques.»

Les tripes plutôt que la tête

Pour rendre les histoires true crime encore plus captivantes, nombre de livres, documentaires et podcasts sombrent dans le sensationnalisme. Cette méthode, qui vise avant tout à susciter une émotion chez la personne qui consomme l’histoire, fait partie de l’ADN du true crime depuis sa naissance.

Dans un article de recherche sur les origines du sensationnalisme moderne, l’historienne Joy Wiltenburg note ainsi que «même [au XVIe siècle], les récits de crimes étaient marqués par des méthodes délibérément destinées à augmenter l’impact émotionnel du contenu».

Cette volonté de faire réagir le public avec ses tripes plutôt qu’avec sa tête, on la retrouve dans moult récits true crime contemporains, qui se focalisent principalement sur la personnalité du criminel et l’horreur de ses crimes, comme l'illustre cette description de la série Dans la tête des criminels offerte par Netflix: «Ce sont de sinistres tueurs aussi révoltants que fascinants. Mais qu’est-ce qui peut bien leur passer par la tête?»

Si le genre s’intéresse particulièrement aux crimes les plus violents et abjects, c’est qu’ils permettent de recourir facilement à des archétypes de type «bon contre mauvais» dénués de toute nuance. D’un côté, la figure interchangeable de la victime (on s’attarde rarement sur elle, même si on ne manque pas de détailler toutes les horreurs qu’elle a subie), de l’autre, celle effrayante du criminel (sur laquelle on passe, pour le coup, énormément de temps).

Ce n’est pas un hasard si autant d'œuvres true crime s’intéressent aux serial killers, alors même qu’ils ne représentent qu’une portion infime des auteurs de meurtres. «L'un des tropes les plus communs dans le true crime est une sorte de rhétorique d’horreur gothique, avec un champs lexical hyperbolique autour du “mal”, des “esprits dérangés” et des “psychopathes”, fait remarquer Jean Murley, autrice de The Rise of True Crime: 20th Century Murder and American Popular Culture. C’est du sensationnalisme exagéré qui existe simplement pour attirer de l’audience.»

Même dans certaines de ses versions les plus élevées et célébrées, le true crime ne se contente que très rarement d'un simple compte rendu des faits et emprunte fréquemment des méthodes narratives à la fiction.

Truman Capote a été critiqué pour les libertés qu’il s’est accordé dans son exposé des faits dans De Sang froid. «C’est lui qui a défini les paramètres et les conventions du genre, et l’une d’entre elles est d’utiliser des techniques de fiction pour raconter une histoire captivante, confirme Jean Murley. Et la fictionnalisation, par exemple, de conversations, de personnalités voire même d'événements est très problématique dans le true crime –et elle l’a toujours été.»

Fascination d'un côté, mépris de l'autre

Car même s’il utilise plusieurs méthodes de la fiction, le true crime se réclame aussi, jusque dans son nom, de la vérité et de la réalité. Ce mélange des genres, entre journalisme et fiction, information et divertissement, entraîne forcément plusieurs questions éthiques sur le choix des histoires et la façon dont elles sont racontées. Parce que les victimes et les criminels qui en sont les objets ne sont pas fictifs, comme ne le sont pas non plus le traumatisme et la douleur des survivant·es et des familles des victimes.

Créer ou consommer des récits de tragédies réelles n’a pas les mêmes implications humaines et morales que créer ou consommer des récits de crimes fictionnels. «Les survivant·es et leurs familles, et souvent les quartiers et les communautés dans lesquelles elles vivent, font face à des conséquences financières, psychologiques, sociales, physiques, et spirituelles, aussi bien sur le court que sur le long terme, expose Anne Seymour, de l’organisation de protection des victimes Justice Solutions. Il n’y a absolument rien de divertissant dans tout ça.»

Le sensationnalisme rampant dans le milieu s'accompagne souvent d'une négligence totale dans le récit du trauma d’autrui. «Certains de ces crimes sont incroyablement horribles et il se prêtent à un traitement médiatique qui va droit aux tripes et en souligne les aspects les plus perturbants, regrette Jean Murley. On fait fi des victimes et on ignore leur douleur.»

«La plupart des productions ont tendance à se focaliser sur l’auteur, alors que les survivants sont seulement des considérations secondaires.»

Anne Seymour, de l’organisation de protection des victimes Justice Solutions

Ce mépris est déshumanisant pour les victimes et peut représenter une deuxième perte de contrôle pour elles et leur entourage. «Les professionnels qui produisent du true crime comprennent peu, voire pas du tout, le traumatisme des victimes et l’impact durable et souvent dévastateur du crime sur les survivants, affirme Anne Seymour. Les victimes ont souvent peu de contrôle sur ce qui ressort de ces productions, ce qui est pour beaucoup d’entre elles un rappel douloureux de l’absence de contrôle qu’elles ont eu sur le crime qui a été perpétré contre elles. Et puis, honnêtement, la plupart des productions true crime ont tendance à se focaliser presque exclusivement sur l’auteur présumé ou condamné, alors que les survivants et les conséquences du crime sont seulement des considérations secondaires.»

Tandis que les victimes sont réduites au statut de figurantes dans l’histoire de leur propre traumatisme, l’auteur du crime, sa personnalité, son histoire et ses motivations font l’objet de toutes les conversations.

Dans le documentaire de Netflix sur Ted Bundy, on donne littéralement la parole au tueur, en s’attardant sur son enfance, son parcours et son mode de fonctionnement. Quelques minutes à peine sont consacrées aux victimes –et à une survivante en particulier, qui n’a jamais le temps de revenir sur les séquelles de son agression.

«Le documentaire n’est définitivement pas centré sur les victimes, acquiesce Matthew Robinson, professeur de criminologie à l’université d’Appalachian State. Elles sont simplement des accessoires, et c’est l’histoire de Ted Bundy, de ce qui l’a construit et de la façon dont il a commis ses crimes.»

La fascination pour les meurtriers alimente par ailleurs leur ego démesuré. «Les médias font le jeu de ces criminels, qui sont généralement des gens narcissiques, égocentriques, qui adorent ce genre d’attention», insiste Jean Murley.

En ignorant les victimes et en se focalisant sur la figure toute puissante de l'auteur du crime, ces documentaires alimentent notre fascination collective pour la violence, tout en ne s’intéressant jamais vraiment à ses conséquences.

Même avec les productions true crime plus prestigieuses, comme Serial ou Making a Murderer, qui s’intéressent davantage aux défaillances du système judiciaire qu’à la personnalité d’un serial killer, les retombées peuvent être dévastatrices pour l’entourage des victimes.

Dans une lettre publique, la famille de Hae Min Lee, dont le meurtre fait l’objet de la première saison de Serial, est revenue sur le traumatisme qu’ont représenté pour elle la diffusion de l’émission et la réouverture de l’enquête sur l’assassinat de la jeune femme: «Les événements de cette semaine passée ont rouvert des blessures que peu de gens peuvent imaginer. Cela reste très difficile de voir tant de gens s’empresser de défendre quelqu’un qui a commis un crime horrible, qui a détruit notre famille et qui refuse d’être tenu pour responsable, quand si peu de gens sont prêts à prendre la défense de Hae.»

L’entourage de Teresa Halbach, dont le meurtre est couvert par Making a Murderer, a quant à lui déclaré que la série avait «re-traumatisé» la famille. Force est de constater que dans l’univers du true crime, la victime et son entourage ne sont ni souvent, ni vraiment pris en compte.

Les femmes aussi (et surtout)

L’ironie est qu’une grande partie des consommateurs de ces récits sont en réalité des consommatrices. Les femmes sont par exemple particulièrement avides de podcasts true crime et représentent bien plus de la majorité des fans de ces programmes.

On peut se demander ce qui attire autant un public féminin vers des récits de crimes le plus souvent perpétrés contre des femmes. Beaucoup y trouvent une reconnaissance des violences misogynes endémiques dans nos sociétés. «Avec la prise de conscience croissante de tous les types de violences que les femmes subissent, on peut en partie expliquer l’intérêt des femmes pour le true crime par le fait que c’est là que l'on voit nos histoires être racontées et considérées», détaille Jean Murley.

Les récits true crime sont aussi un moyen pour certaines d’exorciser leurs peurs dans une sorte de thérapie d’exposition.

La féminisation du milieu ne se fait pas que du côté des consommatrices, puisque de nombreuses œuvres true crime sont aussi produites par des femmes, qui injectent un discours féministe dans le genre.

La figure de proue de ce mouvement est My Favorite Murder («Mon meurtre préféré»), un podcast écouté par dix-neuf millions de personnes en moyenne chaque mois, dont 80% de femmes. Moitié anecdotes comiques, moitié récit de crimes, l’émission, présentée par deux femmes, a séduit sa communauté d’auditrices en parlant avec franchise de toutes les peurs que peuvent ressentir les femmes, dans une société où les violences sexistes perdurent.

Mais même dans ces approches plus féministes des crimes, les questions éthiques subsistent. Il y a d’abord le fait de profiter financièrement du trauma d’autrui. My Favorite Murder est une entreprise lucrative: les créatrices organisent régulièrement des tournées à guichets fermées où chaque billet coûte plus de 40 dollars [environ 36 euros], et tiennent une boutique de souvenirs liés à l’émission, où l’on peut par exemple trouver des chaussettes «Stay Sexy, Don’t Get Murdered» («Restez sexy, ne vous faites pas tuer») pour 20 dollars [18 euros].

Et puis, si My Favorite Murder parvient à parler à un public féminin en prenant en considération ses angoisses, il n’en néglige pas moins les victimes, les survivant·es et les familles. Sous prétexte de discours féministe, le podcast reste une émission de divertissement, qui raconte des crimes d’une violence inouïe sous le prisme de l’humour.

«Je pense qu’en divisant leur podcast en une partie humour, une partie discussion sérieuse sur un meurtre, elles desservent les victimes en présentant le meurtre de façon légère», soutient Jean Murley.

Une parole à replacer au centre du récit

Pour trouver des récits qui mettent vraiment en avant la parole des victimes, il faut souvent se tourner vers des documentaires consacrés à des affaires d’abus sexuels –peut-être parce qu’il y a rarement de mystère autour de la personnalité de l’agresseur dans ces cas-là, que les preuves matérielles sont souvent limitées et que la parole des survivant·es est essentielle.

C’est ce que l'on observe avec The Keepers, un excellent documentaire sur la mort de sœur Cathy Cesnik et sur les abus sexuels perpétrés par un prêtre dans une école catholique de Baltimore dans les années 1960. Non seulement la série place les victimes au centre du récit, mais elle prend la peine d’explorer la notion de souvenirs refoulés, une conséquence souvent très mal comprise du trauma dont on voit ici un exemple frappant.

Le documentaire Surviving R. Kelly donne lui aussi la parole aux victimes et, grâce à l’intervention de plusieurs spécialistes, parvient à analyser le comportement abusif de R. Kelly et à le situer dans le contexte de la culture du viol, sans jamais glorifier ou le dédouaner le chanteur.

Mais la perspective qui s’intéresse le plus directement aux victimes de violences et à leurs familles est celle d’autrices qui ont été directement touchées par un crime.

Dans Strange Piece of Paradise, c’est une survivante, Terri Jentz, qui écrit sur l’attaque à la hache dont elle a été victime alors qu’elle campait dans une petite ville de l’Oregon, à la fin des années 1970. Ici, l’enquête pour retrouver le criminel n’est plus le travail de personnes expertes du true crime, captivées par un meurtre et décidées à résoudre un mystère, mais celui d’une victime qui exorcise son traumatisme et cherche à comprendre ce qui lui est arrivé.

D’autres récits nous offrent le point de vue des familles de victimes. Sarah Perry a pris la plume pour raconter la vie et la mort de sa mère, poignardée chez elle alors que Sarah, 12 ans à l’époque, se trouvait dans la pièce d’à côté. Son livre, After The Eclipse, est un travail précis d’investigation, non pas sur l’identité du meurtrier de sa mère (il a été arrêté et condamné à la perpétuité), mais sur les détails de la vie de celle-ci, sur la violence misogyne qui gangrène nos sociétés et sur son propre traumatisme.

À la fin de l'ouvrage, elle explique pourquoi elle a choisi de ne pas s’intéresser à la personnalité du meurtrier de sa mère: «J’ai finalement décidé qu’entendre ce qu’il pourrait me dire ne valait pas le danger psychologique de me trouver près de lui. Pour discuter avec quelqu’un, il faut coopérer avec lui, même brièvement, et je n’ai aucune envie de coopérer avec lui. J’ai aussi décidé de ne pas interviewer ses amis, ses associés ou les membres de sa famille. Ce livre n’est pas sur lui. Il est sur maman.»

Dans The Red Parts, l’écrivaine Maggie Nelson revient quant à elle sur le procès du meurtrier de sa tante, dont le corps avait été retrouvé au bord d’une route trente-six ans auparavant. Elle décrit l’impact que le meurtre a eu sur sa famille, les angoisses transmises de génération en génération et le deuil qui se poursuit toujours, des décennies plus tard.

«Je ne veux pas voir les photos de la scène de crime sans cesse projetées à la télévision.»

Maggie Nelson, autrice de The Red Parts

Elle examine également l’intérêt médiatique autour de l’affaire et l’absence de pudeur dont ont fait preuve les médias qui l'ont couvert. «Personne ne semble n’avoir aucune honte, écrit-elle. Pas l’auteur de true crime d’âge mûr, venu d’Australie, qui s'assoit sur un banc devant nous tous les jours en prenant des notes dans un carnet; pas la journaliste du quotidien local, qui se cache dans l’une des cabines des toilettes des femmes pour écouter mes conversations avec ma mère; [...] pas les producteurs de “48 Hours”, qui utiliseront une abondance de photos de la scène de crime dans leur programme et qui avaient prévu d’utiliser des photos de l’autopsie jusqu’à ce que [le procureur] ne les en empêche.»

Maggie Nelson finira par témoigner elle-même dans l’émission de true crime «48 Hours», pour apporter un peu de dignité au récit de la mort de sa tante et parce qu’ils «allaient faire l’émission avec ou sans nous». Elle ne regardera en revanche pas l’épisode: «Je ne veux pas voir les photos de la scène de crime sans cesse projetées à la télévision, ni penser aux millions d’Américains qui, en train de digérer leur repas de Thanksgiving et de zapper sur la télé de leurs beaux-parents, atterriront sur l’image du corps de Jane recouvert de son imperméable taché de sang.»

Indispensable, son récit invite à l'empathie et montre comment les victimes et leur entourage peuvent être méprisés par quête de sensationnalisme, et à quel point leur parole, lorsqu’elle est volontaire et non forcée, est nécessaire pour comprendre les conséquences de la violence dans nos sociétés.

Marie Telling Journaliste

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