Santé / Économie

Le présentéisme ferait perdre des milliards d'euros aux employeurs

Temps de lecture : 2 min

Travailler en étant malade est mauvais pour vous comme pour votre entreprise.

La France est la championne d’Europe du présentéisme. | Alex Kotliarskyi via Unsplash
La France est la championne d’Europe du présentéisme. | Alex Kotliarskyi via Unsplash

«C’est juste un petit rhume», «J’ai un rapport urgent à rendre, je ne peux pas me permettre d’être malade», «Je me reposerai ce week-end»… Si vous vous êtes déjà rendu·e au bureau alors que vous couviez une vilaine grippe ou que votre dos vous faisait souffrir, vous avez succombé au présentéisme.

Se rendre au travail malgré des problèmes de santé physique ou mentale est un phénomène en nette augmentation. D’après le rapport annuel sur la santé et le bien-être au travail du Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD), une association professionnelle britannique de gestion des ressources humaines, 83% des salarié·es ont déjà observé des cas de présentéisme dans leur entreprise. Et avec 62% du personnel déclarant se rendre au travail même en étant malade, la France est la championne d’Europe.

Au Royaume-Uni, selon une étude de l'assurance médicale privée Vitality, plus de 40% des employé·es affirment que leur travail est perturbé au quotidien par des problèmes de santé –un chiffre qui a augmenté de dix points au cours des cinq dernières années.

Productivité en berne

Dans son article pour la BBC, la journaliste Emma Simpson relate le cas de Sarah Mitchell-Hume, chasseuse de têtes pour une société d’ingénierie, diagnostiquée dépressive deux ans après sa prise de fonctions. Malgré la maladie, elle a continué de travailler, au détriment de sa santé.

«Je me sentais obligée de retourner au travail, même si j'avais été congédiée pour cause de maladie, se souvient-elle. J'étais physiquement présente, mais mentalement, je ne faisais rien. Ça m'a rendu encore plus malade. J'aurais dû être à la maison en convalescence.»

Selon Vitality, les troubles mentaux sont particulièrement occultés par la population active, qui va travailler même si elle en souffre. Moins visibles que les maladies physiques ou les blessures liées aux accidents, ils sont souvent ignorés par les malades ou leurs employeurs.

Neville Koopowitz, directeur général de Vitality, explique que cette stratégie de l’autruche est un danger pour la santé des salarié·es, mais aussi un frein à leur productivité. «Le stress au travail et le bien-être mental ont un impact énorme sur la qualité du travail des employés, déclare-t-il. Nous pensons que le présentéisme est l'élément-clé du problème de la productivité en Grande-Bretagne, où les gens travaillent beaucoup, mais pas de manière optimale.»

Conséquence directe de cette baisse de productivité, le présentéisme coûterait plus cher aux employeurs que l'absentéisme. D'après une étude américaine, l'excès de zèle des employé·es ferait perdre chaque année plus de 225 milliards d'euros aux entreprises.

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