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Brunei explique que la lapidation pour homosexualité est une forme de «prévention»

Temps de lecture : 2 min

Selon le ministre des affaires étrangères du sultanat de Brunei, le but de la nouvelle loi est «de dissuader, de réhabiliter et d'éduquer plutôt que de punir».

Le sultant de Brunei Hassanal Bolkiah fait un discours sur la charia le 3 avril 2019. AFP
Le sultant de Brunei Hassanal Bolkiah fait un discours sur la charia le 3 avril 2019. AFP

Le nouveau code pénal du sultanat du Brunei, qui punit l'adultère et l'homosexualité par la lapidation à mort, a été dénoncé par de nombreux pays et par les Nations Unies, qui ont qualifié ces sanctions de «cruelles et inhumaines».

Le ministre des affaires étrangères de Brunei, Erywan Yusof, a malgré tout tenté de défendre cette mise en oeuvre de la charia. Dans une lettre envoyée à des officiels des Nations Unies, le ministre a expliqué que la nouvelle loi, entrée en vigueur le 3 avril, était axée «plus sur la prévention que sur la punition».

«[L']objectif est de dissuader, de réhabiliter et d'éduquer plutôt que de punir», a écrit Yusof.

Selon lui, la nouvelle loi «est une tentative de trouver le bon équilibre entre la protection des droits de l'accusé et les droits des victimes et de leurs familles.»

Il n'est pas très clair qui sont les «victimes» dans les cas de «crimes» d'homosexualité. Le ministre semble impliquer que la menace de lapidation dissuadera les homosexuels d'être homosexuels, et qu'ils pourront être «rééduqués». Il faut préciser qu'alors que l'homosexualité masculine est désormais passible de mort, le lesbianisme est sanctionné moins sévèrement: quarante coups de canne et un maximum de dix ans de prison.

Le nouveau texte prévoit aussi la peine capitale pour les coupables d’insultes au prophète, ainsi que l'amputation d’un pied ou d’une main pour les voleurs.

Terroriser et persécuter

Étrangement, le ministre des affaires étrangères assure dans sa lettre que la nouvelle loi «ne criminalise pas et n'a pas l'intention de persécuter les personnes en fonction de leur orientation sexuelle».

Pour que quelqu'un soit condamné à la peine capitale ou à des amputations, il faudra qu'au moins deux hommes reconnus pour leur «sens moral et leur piété» soient témoins de l'acte. Erywan Yusof a précisé que ces témoins devront correspondre à des standards moraux tellement élevés qu'il est probable que personne ne soit en fait condamné à mort.

Bill Hayton, du think tank britannique Chatham House, a parlé à plusieurs personnes sur le terrain et il résume les choses ainsi:

«On m'a expliqué que c'était une façon pour le sultan d'avoir l'air religieux mais de faire en sorte que les punitions ne soient jamais mises en oeuvre.»

Malgré la faible probabilité des condamnations, l'annonce du nouveau code pénal a aussi eu pour effet de terroriser la population, surtout les personnes homosexuelles et non-croyantes.

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