Santé / Sciences

Le décalage horaire pourrait avoir un surprenant effet positif

Temps de lecture : 2 min

«Cela semble contre-intuitif, mais nous avons montré qu'un peu de stress, c'est bien.»

Perturber notre rythme veille-sommeil pourrait aider à protéger nos neurones des maladies neurodégénératives. | Abbie Bernet via Unsplash
Perturber notre rythme veille-sommeil pourrait aider à protéger nos neurones des maladies neurodégénératives. | Abbie Bernet via Unsplash

C'est l'angoisse de bien des globe-trotters: vouloir petit-déjeuner à trois heures du matin ou tomber de sommeil à 14h30. Le décalage horaire, qui touche les touristes mais aussi les personnes travaillant de nuit, perturbe notre horloge interne en modifiant notre rythme de sommeil. S'il est souvent source de fatigue ou de stress, une nouvelle étude, menée par le département de neurosciences de l'université américaine de Northwestern, révèle qu'il pourrait être bon pour notre cerveau.

Publiée dans la revue Cell Reports, cette recherche montre qu'un peu de stress cérébral temporaire, accompagné d'une perturbation de notre horloge circadienne, qui régule notre rythme veille-sommeil, pourrait aider à protéger nos neurones des maladies neurodégénératives comme celles d'Alzheimer, de Parkinson ou de Huntington.

Afin d'étudier comment l'horloge circadienne contribue aux maladies neurodégénératives, les scientifiques ont examiné le gène qui les régule. Pour les besoins de l'étude, ils ont induit un décalage horaire chez des mouches à fruits, une espèce dont le cerveau est relié aux rythmes circadiens de la même façon que celui des êtres humains. Pour ce faire, les spécialistes ont placé les insectes dans un cycle sommeil-éveil perturbé de vingt heures.

Des progrès dans la lutte contre les maladies neurodégénératives

Comme le relève le journaliste Fredrick Kunkle dans un article pour le Washington Post, l'équipe de recherche s'est aperçue que le décalage horaire protégeait les neurones du cerveau de ces mouches. Selon les résultats, un décalage temporaire et bref peut renforcer les voies neuronales du cerveau de certaines façons et retarder l'apparition, ainsi que la progression, des maladies neurodégénératives.

«Cela semble contre-intuitif, mais nous avons montré qu'un peu de stress, c'est bien», déclare Ravi Allada, directeur de l'étude et expert en rythmes circadiens. «Nous savons depuis longtemps qu'une horloge perturbée est un indicateur précoce d'une maladie neurodégénérative. Dans de nombreux cas, la perturbation du sommeil précède tout autre symptôme. Mais nous ne savions pas si la perturbation circadienne était une cause ou une conséquence de la maladie», explique Ravi Allada, qui s'attendait à ce que le décalage horaire nuise au cerveau. Il précise que ces résultats devraient permettre une meilleure compréhension des affections neuronales et donc des progrès à moyen terme dans la lutte contre les maladies neurodégénératives.

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