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Démission d'Yvo de Boer, patron du climat à l'ONU

Temps de lecture : 2 min

Le Néerlandais Yvo de Boer, plus haut responsable de l'ONU chargé du climat, a présenté sa démission: il quittera son poste le 1er juillet 2010 pour rejoindre le secteur privé, a annoncé son secrétariat le 18 février. Cette annonce intervient deux mois après la fin du sommet de Copenhague, considéré comme une déception - voire un échec - par nombre de ses participants.

«Cela a été une décision difficile à prendre mais l'heure est venue pour moi de relever un nouveau défi, en travaillant sur le climat et le développement durable avec le secteur privé et le monde universitaire», a expliqué M. de Boer dans un communiqué. Il y a aussi souligné que si l'accord explicite conclu à Copenhague n'était pas «clair», l'engagement politique «vers un monde à faible émission (de gaz à effet de serre) est très fort.» «Cela appelle de nouveaux partenariats avec le monde des affaires, et j'ai aujourd'hui la chance de pouvoir y participer», a-t-il ajouté.

Le blog Copenhague Inside raconte qu'Yvo de Boer fait partie de ceux qui ont permis «que la question du changement climatique quitte la sphère des experts et des scientifiques et devienne un sujet pleinement politique pour lequel l'ensemble des chefs d'Etat du Monde entier sont prêts à s'engager. Et cette prise en main du thème par le monde politique restera l'avancée la plus importante de son mandat.»

Scepticisme

Son départ survient alors que l'incertitude règne quant à la capacité des 193 membres des Nations Unies à parvenir à un traité final pour la conférence de Mexico, en décembre prochain. Surtout, elle survient dans un contexte de scepticisme grandissant face aux expertises établies par le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui a pour mission d'étudier le réchauffement climatique pour tenter d'y apporter des solutions. Le GIEC a subi de fortes entailles dans sa crédibilité les semaines passées, avec la révélation d'erreurs commises dans les rapports, qui soulignaient le manque de rigueur scientifique dans les méthodes.

C'est aussi aujourd'hui que sort le dernier ouvrage de Claude Allègre, L'imposture climatique ou la fausse écologie, nouvelle critique contre Copenhague, le Giec et «l'alarmisme climatologique». L'ancien ministre, qui s'inscrit à contre-courant du consensus sur le réchauffement, estime lui «lutter pour la vérité, et dénoncer les impostures».

A LIRE AUSSI SUR SLATE: «Copenhague n'est surtout pas un échec», «Copenhague doit être la dernière des conférences sur le climat» ou «Les climato-sceptiques marquent des points». Ou tous nos articles sur le climat: ici. Ceux sur le Giec: là.

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Image de une: Nuage, sur Wikipedia

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