Société

On a une idée de la durée des vacances à ne pas dépasser

Temps de lecture : 2 min

Pour profiter sans se lasser, il ne faut pas atteindre le point de béatitude. Une fois ce pic dépassé, l'excitation se mue en ennui.

Selon les scientifiques, il est difficile d'atteindre le point de béatitude lors de vacances de moins de deux semaines. | Lance Asper via Unsplash
Selon les scientifiques, il est difficile d'atteindre le point de béatitude lors de vacances de moins de deux semaines. | Lance Asper via Unsplash

L'ingrédient secret pour réussir ses vacances n'est ni le sable fin, ni le bruit des cigales. Ce n'est même pas le luxe d'un petit-déjeuner au lit ou la beauté de paysages du bout du monde. C'est la dopamine. Selon les scientifiques, cette hormone du plaisir produisant un état de bien-être joue un rôle primordial dans la réussite de nos vacances puisqu'elle influe sur notre point de béatitude.

Ce concept, imaginé par l'industrie alimentaire dans les années 1970 pour désigner le moment où la gourmandise se heurte à la satiété, a été détourné par les économistes et fait désormais référence au niveau de consommation auquel nous atteignons notre satisfaction maximale. Au-delà de ce seuil, toute nouvelle consommation fait chuter notre indice de satisfaction.

Pour les vacances, c'est pareil. Jeroen Nawijn, chercheur à l'université de Breda, aux Pays-Bas, a étudié l'humeur de 481 touristes. La plupart étaient en voyage de dix-sept jours, ou moins, et aucun·e n'a atteint le fameux point de béatitude. Une bonne nouvelle pour la population active française, qui pose en moyenne deux semaines de congés chaque été.

«Je ne pense pas que les gens puissent atteindre le point de béatitude pendant des vacances relativement courtes, commente Jeroen Nawijn. Mais cela pourrait certainement se produire sur de plus longs voyages.» La raison? L'ennui. Lors de longues vacances, nous avons plus de temps pour nous habituer à notre environnement. En particulier si nous restons au même endroit et recréons une certaine routine, comme c'est le cas notamment dans un centre de vacances.

Explorer de nouveaux horizons

«Beaucoup d'entre nous ont vécu ce moment où, même si nous avons passé du bon temps, nous sommes prêts à rentrer chez nous», pointe le journaliste Seb Murray pour la BBC. Pour éviter d'atteindre trop vite cette sensation de trop-plein de vacances, l'important est d'innover. La nouveauté, comme l'exploration d'un nouveau pays, fait grimper les niveaux de dopamine en nous mettant au défi de nous adapter à de nouveaux environnements, cultures et habitudes.

Plus vos vacances vous mènent vers des terres inconnues ou vous poussent à essayer de nouvelles choses, qu'il s'agisse de nourriture exotique ou de sports extrêmes, plus votre taux de dopamine grimpera en flèche. «Si l'expérience est unidimensionnelle, on s'en lasse très vite, explique Peter Vuust, professeur de neurosciences à l'Université d'Aarhus au Danemark. Mais si elle est variée et stimulante, elle continuera d'être intéressante. Et l'atteinte du point de béatitude sera retardée.»

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