Culture

On a revu et classé tous les épisodes de «Game of Thrones» depuis le début

Temps de lecture : 52 min

Réalisation, écriture, homogénéité, performances des acteurs et des actrices, impact sur le reste de l'histoire... Nous avons considéré tous ces critères pour noter et classer chaque épisode.

Captures d'écran via YouTube | Montage Slate.fr
Captures d'écran via YouTube | Montage Slate.fr

Pour départager les soixante-neuf épisodes de Game of Thrones jusqu'au deuxième de la saison 8, nous les avons tous revus et établi plusieurs critères de notation: pour chaque épisode, l'écriture, l'homogénéité et l'impact sur le reste de l'histoire étaient chacun notés sur 5 points, et la réalisation et les performances des acteurs et actrices sur 3 points. Voici, donc, les soixante-sept épisodes des sept premières saisons classés du pire au meilleur.

73. Insoumis, invaincus, intacts / Unbowed, Unbent, Unbroken (S5E6)

Mais qu'a donc fait cet épisode pour mériter la dernière place du classement? Tout n'est pas à jeter: on y trouve notamment le procès et l'emprisonnement de Margaery et Loras Tyrell par le Grand Moineau, et d'excellentes joutes verbales entre Olenna et Cersei. Mais c'est aussi l'épisode où Sansa se fait violer, un rebondissement (qui n'existe pas dans le livre) tellement perturbant et misogyne dans son exécution qu'il a soulevé de très nombreuses critiques lors de sa diffusion. Le viol comme outil de motivation et de développement pour un personnage est un cliché souvent manipulateur, et il est particulièrement décevant de voir Game of Thrones y céder aussi. Pire encore, la réalisation de la scène dérobe toute autonomie à Sansa, puisqu'elle se termine sur le visage torturé de Théon Greyjoy, comme si son traumatisme était encore plus grand que celui de Sansa. Aucun doute, cette scène gratuite constitue le pire moment de toute la série.

72. Au-delà du Mur / Beyond The Wall (S7E6)

«Beyond The Wall» incarne un peu tous les problèmes de la saison 7: du grand spectacle qui éblouit par moments mais bafoue tous les codes narratifs de la série le reste du temps. Ça aurait dû être un moment inoubliable: une sorte de version Westeros des Sept Mercenaires avec la mission quasi suicidaire de l'autre côté du Mur de sept de nos personnages préférés (Jon Snow, Tormund, Sandor Clegane, Jorah, Béric, Thoros et Gendry), qui se conclut par la mort et la transformation en dragon de glace de Viserion.


Mais le déroulé de leur excursion est tellement absurde qu'on a du mal à ne pas passer tout l'épisode à questionner chaque rebondissement. Comment nos héros n'ont-ils pas envisagé de se retrouver nez à nez avec toute l'armée des morts? Combien de temps sont-ils restés sur leur îlot avant d'être secourus par Daenerys? Et où est-ce que les Marcheurs Blancs sont allés trouver des chaînes aussi grosses pour repêcher le dragon? Cela peut paraître ridicule de pinailler sur des détails pareils, mais Game of Thrones a passé sept saisons à bâtir un univers avec ses règles et ses codes. C'est ce sens du détail qui nous permet de nous immerger autant dans l'histoire et d'adhérer à ses éléments les plus fantastiques. Quand un épisode comme Beyond The Wall décide de faire fi de tout ce contexte, c'est l'intrigue qui en pâtit.

Pire encore, l'épisode nous offre la continuation de l'intrigue la plus manipulatrice et bâclée de toute la série: la pseudo dispute entre Sansa et Arya. Un chapitre épuisant, qui ne rime à rien et qui finira en eau de boudin dans l'épisode suivant.

71. Les Guerres à venir / The Wars To Come (S5E1)

Le premier épisode de la saison 5 est un bon condensé des intrigues un peu chiantes à venir: l'influence grandissante de la secte du Grand Moineau et des Fils de la Harpie. Ajoutez à ça les histoires des dragons enfermés de Daenerys et un Tyrion rongé par l'alcool et la haine de soi et vous obtenez un des épisodes les plus faibles de la série. Heureusement, Jon vient remonter le niveau dans les dernières minutes en achevant Mance Rayder d'une flèche au cœur pour lui épargner d'être brûlé vivant par Stannis –une scène qui établit un peu plus Jon comme héros au code de l'honneur implacable.

70. Les Derniers des Stark / The Last of the Starks (S8E4)

Malheureusement, les gros problèmes d'écriture de la saison 7 se sont poursuivis dans la dernière saison de la série. «Les Derniers des Stark» souffre ainsi de nombreuses incohérences narratives (pourquoi Daenerys s'expose-t-elle ainsi face à Cersei? Pourquoi cette dernière épargne-t-elle Tyrion? Et pourquoi Jon néglige-t-il autant Ghost?) qui nuisent à l'intrigue et donnent l'impression que les scénaristes ont eu envie de boucler la série au plus vite sans trop se préoccuper des détails. L'épisode n'a même pas le mérite d'époustoufler par son sens du spectacle puisqu'on s'y ennuie sérieusement. Bref, ça sent un peu la négligence et le travail bâclé, et offrir un chapitre aussi faible quand il ne reste plus que deux épisodes dans la série, c'est franchement désolant.

69. Les Cloches / The Bells (S8E5)

L'avant-dernier épisode de la série contient des plans sublimes, d'excellentes performances d'acteurs, et des scènes très émouvantes comme les adieux de Tyrion et Jaime, ceux d'Arya et Sandor Clegane, ou encore les retrouvailles funestes de Jaime et Cersei. Mais comme presque tous les épisodes des saisons 7 et 8, il souffre de gros problèmes d'écriture. À cause du rythme débridé qui ne laisse plus du tout l'intrigue respirer, le plus gros twist de la série (Daenerys devient un monstre génocidaire alors qu'elle est sur le point d'accéder au trône) paraît trop brutal, contraint et inauthentique. Des rebondissements bâclés si proches du dénouement final, pour une série qui a construit sa réputation sur la finesse de son écriture, c'est tout simplement impardonnable.

68. Le Cadeau / The Gift (S5E7)

On passe beaucoup trop de temps sur la cruauté sans aucune nuance de Ramsay Bolton: après le corps couvert de bleus de Sansa, on a droit à de très longs plans sur le corps dépecé d'une vieille dame qui comptait l'aider à s'échapper. Un épisode de remplissage assez médiocre dans son ensemble, à part la scène émouvante de la mort de Maester Aemon et l'arrestation (un peu jouissive, il faut l'avouer) de Cersei à la fin.

67. Le Prince de Winterfell / The Prince of Winterfell (S2E8)

Le plus gros problème de cet épisode d'exposition juste avant «Blackwater», c'est la relation de Robb Stark et Talisa Maegyr. La dynamique entre les deux personnages est assez plate et leur histoire d'amour pas assez convaincante pour nous faire croire que Robb soit prêt à sacrifier son honneur pour elle.

66. Féale / Oathkeeper (S4E4)

Heureusement qu'Olenna Tyrell existe parce qu'elle rend tous les épisodes où elle apparaît mille fois plus divertissants. Ici, elle raconte avec toujours autant de verve comment elle a séduit son futur mari, alors que celui-ci était promis à sa sœur. Puis, elle fait comprendre à Margaery que c'est elle qui a planifié l'assassinat de Joffrey: «Tu ne penses pas que je t'aurais laissée épouser cet animal tout de même». Le reste de l'épisode offre quelques autres bons moments, mais on passe un peu trop de temps au Manoir de Craster auprès des déserteurs de la Garde de nuit qui passent leurs journées à violer des femmes. Une intrigue ultra dérangeante qu'on verra disparaître avec plaisir dans l'épisode suivant.

65. Fort-Levant / Eastwatch (S7E5)

Bien sûr, il y a plein de bonnes scènes dans cet épisode, comme la rencontre explosive entre Tormund, Thoros, Béric, Sandor Clegane, Jon et Gendry. Mais on a du mal à pardonner deux des pires intrigues de toute la série: la décision d'envoyer Jon au-delà du Mur pour récupérer un Marcheur Blanc et le montrer à Cersei (hein?), et surtout, la fausse rivalité entre Sansa et Arya, qui n'accomplit rien à part manipuler le public. Avec la fin de l'histoire qui se rapproche, les scénaristes doivent aller vite, et ont recours à des raccourcis scénaristiques auxquels la série ne nous avait pas habitués.

64. Valar Dohaeris / Valar Dohaeris (S3E1)

«Valar Dohaeris» est symptomatique des problèmes que rencontrent souvent les premiers épisodes de saison dans Game of Thrones: la série essaie de couvrir tellement de terrain et de naviguer entre tellement d'intrigues qu'elle s'y perd un peu. Cela ne veut pas dire que l'épisode n'est pas divertissant, mais il n'est pas non plus extrêmement mémorable. On apprécie quand même l'arrivée de Mance Rayder et Tormund dans l'histoire –la scène où Jon fait leur rencontre et prend Tormund pour le roi des sauvageons est d'ailleurs assez savoureuse. Mais les meilleurs moments de l'épisode se déroulent à Port-Réal, où Margaery commence son numéro de charme sur toute la capitale.

63. Le Fantôme d'Harrenhal / The Ghost of Harrenhal (S2E5)

Vous vous souvenez de Renly? Car c'est ici qu'il est assassiné par le fantôme de fumée engendré par Mélisandre. À part ça, on a là un épisode transitoire assez moyen, qui compte tout de même quelques beaux moments comme celui où Brienne de Torth jure fidélité à Catelyn Stark, qu'elle voit clairement comme une figure maternelle.

62. La Femme rouge / The Red Woman (S6E1)

Après le meurtre de Jon à la fin de la saison précédente, Davos, Edd et quelques autres hommes trouvent son corps sans vie et se retranchent avec lui dans une pièce de Castle Black, prêts à affronter Alliser et le reste de la Garde de nuit, ce qui nous offre un huis clos assez fameux. Mais les meilleurs moments reviennent à Sansa et Théon qui, eux, ont enfin réussi à se libérer de Ramsay, et sont secourus in extremis par Brienne et Podrick. S'ensuit une scène poignante, dans laquelle Brienne s'agenouille et promet fidélité à Sansa, qui rappelle le serment échangé avec Catelyn quatre saisons plus tôt. Également dans cet épisode: Mélisandre révèle qu'en fait elle est super vieille et fripée.

61. Le Jardin des Os / Garden of Bones (S2E4)

La violence a toujours fait partie de la série et de son univers médiéval –impitoyable–, mais même pour Game of Thrones, «Garden of Bones» est un épisode particulièrement sombre et violent. On rencontre Talisa alors qu'elle est en train d'amputer une jambe, Sansa se fait humilier et menacer par Joffrey dans la salle du trône, un homme est dévoré par un seau de rats à Harrenhal, et Joffrey torture deux prostituées dans une scène extrêmement sadique.

Heureusement, des petits moments de grâce viennent nous sauver de toute cette horreur, comme les pointes d'humour de Renly au sujet de Stannis («“Né dans le sel et la fumée”? C'est un jambon?») ou les talents de manipulation de Tyrion qui fait chanter Lancel pour qu'il espionne Cersei. L'épisode se conclut sur Mélisandre qui donne naissance à un monstre de fumée, sûrement l'un des moments les plus timbrés et surréalistes de toute la série.

60. Briseuse de chaînes / Breaker of Chains (S4E3)

Arya et le Limier continuent leur périple à travers la campagne, et alors que l'on s'attachait de plus en plus à Sandor, l'épisode nous rappelle son côté sombre: il brutalise un fermier qui l'avait pourtant hébergé avec générosité, le livrant à la misère et à la faim. Une scène qui pourrait paraître anodine mais qui reviendra le hanter plusieurs saisons plus tard. C'est aussi l'épisode des adieux entre Tyrion et Podrick, «l'écuyer le plus loyal qui ait jamais vécu». Mais la scène qui est restée gravée dans les esprits est celle du viol de Cersei par Jaime devant la dépouille de Joffrey. Une version qui diverge inexplicablement de celle des livres, où la relation est présentée comme consentie. La scène avait provoqué beaucoup de débats à l'époque de sa diffusion, et elle met toujours autant mal à l'aise des années plus tard.

59. Les Contrées nocturnes / The Night Lands (S2E2)

Le plus grand atout de cet épisode est sans doute sa photographie: chaque scène est sublime, et celles de Port-Réal ressemblent à un tableau de la Renaissance. Mais «The Night Lands» contient aussi de très nombreuses scènes de sexe dont l'objectif est clairement de titiller les spectateurs masculins: Théon se comporte comme un gros porc, Littlefinger espionne une de ses prostituées par le trou de la serrure (niveau male gaze on fait difficilement mieux), et Stannis se tape Mélisandre sur une table. Autant de moments qui ont très mal vieilli.

58. Personne / No One (S6E8)

Un épisode transitoire un peu disparate. La scène la plus marquante est la course-poursuite entre Arya et la gamine reloue qui l'avait poignardée dans l'épisode précédent. On a un peu de mal à croire qu'Arya survive à toutes ces cascades, mais la séquence est quand même haletante et très forte visuellement. Et la fin de l'épisode est parfaite, lorsqu'Arya annonce à Jaqen qu'elle quitte Braavos, et que Jaqen laisse échapper un petit sourire de fierté.

57. Noires ailes, noires nouvelles / Dark wings, dark words (S3E2)

Un épisode plein de mauvais présages, comme Lord Karstark qui dit à Robb qu'épouser Talisa était une erreur… Et de personnages chiants comme Bran, Jojen Reed et Ramsay. Heureusement, Olenna est là pour nous divertir, lors d'un goûter 100% répliques cultes avec Sansa et Margaery dans les jardins de Port-Réal («Quand un Tyrell pète, ça sent la rose»).

56. L'Ascension / The Climb (S3E6)

L'ascension dont l'épisode tire son nom est d'abord celle du Mur qu'entreprennent Jon, Ygritte et d'autres sauvageons. Ces scènes sont spectaculaires et donnent lieu à des moments intenses et complices entre Ygritte et Jon qui les rendent encore plus attachants. Mais l'ascension, c'est aussi celle des marches du pouvoir, qu'évoque Littlefinger dans son monologue devenu culte («Le chaos n'est pas un abîme. Le chaos est une échelle»). Le problème, c'est que l'épisode fait aussi la part belle à l'une des intrigues les plus pénibles de la série: la torture de Théon par Ramsay Snow. Des scènes qui semblent interminables et entachent un peu le reste de l'histoire.

55. La Danse des dragons / Dance of Dragons (S5E9)

Les épisodes 9 ont longtemps été les points culminants de chaque saison de Game of Thrones, mais celui-ci, niché entre la bataille de Hardhome et l'épisode de la marche de la honte de Cersei et de l'assassinat de Jon, passerait presque inaperçu en comparaison. On assiste quand même à la déchéance de Stannis, qui est prêt à tout sacrifier pour accomplir ce qu'il pense être son destin. La scène de l'assassinat de la princesse Shireen, qui avait proposé à son père de l'aider plus tôt dans l'épisode, est presque insoutenable. L'autre moment phare est la bataille entre Daenerys et les Fils de la Harpie dans l'arène de Meereen, qui se conclut lorsqu'elle chevauche son dragon et s'envole, abandonnant tout son entourage au milieu de l'arène. Sympa.

54. Le Nord se souvient / The North Remembers (S2E1)

Un autre épisode victime du syndrome des ouvertures de saison, où tellement d'intrigues s'entremêlent qu'on ne fait que rester à la surface de chacune d'entre elles. On fait la connaissance de Stannis, Davos et Mélisandre, et tous les bâtards de Robert sont tués.

Mais quelques moments sortent du lot, comme le premier tête-à-tête entre Cersei et Tyrion depuis le début de la saison 1. Peter Dinklage et Lena Headey sont toujours excellents et on sent que les créateurs de la série prennent énormément de plaisir à écrire leurs scènes d'affrontement –et ils en écriront de plus en plus dans les saisons qui suivent. Mais c'est avec Littlefinger que Cersei partage la scène la plus jubilatoire de l'épisode. Alors que Lord Baelish dit à la reine que «l'information, c'est le pouvoir», celle-ci ordonne à ses gardes de le capturer, menace de le tuer, avant d'affirmer «le pouvoir, c'est le pouvoir».

53. Lord Snow / Lord Snow (S1E3)

Le problème avec certains épisodes de la première saison, c'est qu'ils doivent à la fois établir les codes et la mythologie d'un univers fantastique, suivre plusieurs intrigues parallèles et introduire toujours plus de personnages dans l'histoire. Forcément, ça fait beaucoup. Mais même dans cet épisode qui manque un peu de cohésion, la série parvient à nous offrir de très belles scènes.

Le face-à-face entre Ned Stark et Jaime Lannister dans la salle du trône est ainsi particulièrement jouissif et permet à la fois d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de Jaime, de Westeros et des Stark, tout en établissant encore une fois le code de l'honneur inflexible de Ned. Plus tard dans l'épisode, on voit un aspect plus tendre de notre héros dans une scène très touchante entre lui et Arya, où il lui explique qu'elle et Sansa doivent rester soudées face au danger. Des échanges très bien écrits et incarnés avec brio par un Sean Bean toujours excellent.

52. Le Dragon et le loup / The Dragon and the wolf (S7E7)

On a déjà abordé les problèmes d'écriture de la saison 7 et ils perdurent dans l'épisode final. Bien sûr, voir la majorité des personnages principaux rassemblés dans l'arène pour la première fois est divertissant, et on sent la pression monter à l'approche de la fin de la série. Mais quand on ignore les bons dialogues et les clins d'œil des créateurs aux fans, on se rend compte que le déroulé des événements ne tient pas vraiment la route (comment Euron Greyjoy et Cersei pouvaient-ils par exemple prévoir ce qu'ils allaient voir dans l'arène et décider de duper leurs adversaires à l'avance?).

Mais ce n'est rien à côté de ce qui se déroule à Winterfell, où se conclut enfin l'intrigue sur la fausse rivalité entre Sansa et Arya. Lorsque le subterfuge des sœurs est enfin révélé et qu'elles exécutent Littlefinger, dans l'une des scènes les plus manipulatrices de la série, on ne peut s'empêcher de se sentir trahis par l'intrigue. C'est dommage: un personnage aussi machiavélique que Littlefinger méritait une fin un peu plus intelligente.

51. Le Briseur de serment / Oathbreaker (S6E3)

La narration de «Oathbreaker» est très éparpillée puisqu'elle couvre pas moins de huit intrigues parallèles, certaines plus intéressantes que d'autres. La plus marquante se déroule à Castle Black où l'on observe les retombées de la résurrection de Jon. Comme dans les meilleurs moments de la série, l'écriture passe ici aisément de l'émotion à l'humour et les retrouvailles de Jon avec Edd et Tormund sont à la fois touchantes et drôles. Mais dans la conclusion de l'épisode, on retrouve un Jon lassé et grave, qui exécute les traîtres qui l'ont tué, y compris Olly, avant de dire adieu à la Garde.

50. De mon sang / Blood of my blood (S6E6)

Un autre épisode de milieu de saison un peu plat, dans lequel Sam Tarly retrouve son père, et Arya, qui en a marre de vendre des moules, récupère Aiguille et décide de quitter Braavos.

La meilleure intrigue se déroule encore une fois à Port-Réal, où, à la grande surprise de leurs familles, Margaery et Tommen s'allient avec le Grand Moineau, ce qui évite à Margaery de subir la même humiliation publique que Cersei. Quant à Daenerys, elle n'a jamais été très bonne politicienne, mais elle est une excellente cheffe militaire, et le prouve à la fin de l'épisode avec un discours exaltant aux Dothraki. À dos de dragon, et sur un des plus beaux morceaux de Ramin Djawadi, elle les convainc de prendre la mer et de naviguer vers Westeros à ses côtés.

49. La Route royale / The Kingsroad (S1E2)

Le deuxième épisode de la série est peuplé de moments marquants même s'il y a déjà beaucoup d'intrigues, sans forcément de fil commun. C'est l'épisode des adieux pour de nombreux Stark. Dans une série de scènes particulièrement touchantes, Jon dit au revoir à Arya, Bran, Robb et Ned –ce dernier lui promettant d'enfin lui parler de sa mère la prochaine fois qu'ils se voient (lol). Mais c'est aussi l'épisode où on prend pleinement conscience du sadisme de Joffrey et Cersei, et de la menace qui pèse sur les Stark.

48. La Miséricorde de la mère / Mother's Mercy (S5E10)

Cet épisode contient peut-être la pire réplique de toute la série, lorsqu'une des sœurs Sand Snakes murmure à Bronn: «You want the good girl, but you need the bad pussy» («Tu veux une gentille fille, mais il te faut une chatte sauvage»). Mais il restera pour toujours gravé dans les mémoires comme celui de la marche de la honte, où Cersei est humiliée et exhibée nue dans les rues de Port-Réal alors que les habitants l'insultent et la couvrent d'excréments. Une scène puissante portée par la performance magistrale de Lena Headey, mais desservie par sa réalisation excessivement dégradante.

Pendant de longues minutes, la caméra insiste lourdement et gratuitement sur le corps nu de Cersei. Or, les plans les plus efficaces sont plutôt ceux réalisés en caméra subjective, qui nous permettent de voir ce que Cersei voit, et nous font vivre son humiliation avec elle. Mais ce n'est pas le seul choc que l'épisode nous réserve: Brienne tue Stannis, Arya devient aveugle, et on conclut sur la mort de Jon, trahi par la Garde de nuit.

47. Tuer l'enfant pour laisser naître l'homme / Kill The Boy (S5E5)

Si vous aimez toutes les intrigues impliquant l'horrible Ramsay, alors vous aimerez «Kill The Boy». En ce qui nous concerne, on trouve sa cruauté lassante et monotone, et voir Sansa propulsée dans cet univers est particulièrement éreintant. Heureusement, le reste de l'épisode brille par plusieurs beaux moments, comme la conversation où Maester Aemon dit à Jon d'assumer ses décisions, de tuer l'enfant qui est encore en lui, et de laisser naître l'homme. Tout l'épisode est particulièrement bien réalisé, mais c'est la scène finale, où Tyrion et Jorah se font attaquer par des hommes de pierre avant d'échouer sur une plage au coucher du soleil, qui éblouit le plus.

46. Les Fils de la Harpie / Sons of the Harpy (S5E4)

Comme tout épisode qui passe un peu trop de temps à Meereen, celui-ci n'est pas franchement palpitant. Mais il a quand même une partie croustillante: la guerre froide entre Cersei et Margaery, qui monte ici d'un cran. Pour éviter de devoir épouser Loras, Cersei commet sa plus grande erreur: elle arme le Grand Moineau, et lui donne le pouvoir d'arrêter toutes les personnes qu'il considère «impures» (y compris Loras, donc, parce qu'il est gay). Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'en faisant ça, elle vient de transformer le Grand Moineau en l'homme le plus dangereux de Port-Réal, puisqu'il finira par emprisonner non seulement Loras et Margaery, mais aussi Cersei elle-même.

45. L'Ours et la belle / The Bear and the Maiden Fair (S3E7)

D'un côté, c'est l'épisode où Brienne se bat contre un ours, et où Jon et Ygritte, en pleine lune de miel, n'arrêtent pas de flirter et de s'embrasser. De l'autre, c'est là que Ramsay coupe le sexe de Théon et que Daenerys commence à se prendre pour une sauveuse blanche. Le résultat, c'est donc un épisode très inégal.

44. Winterfell / Winterfell (S8E1)

L'ouverture de la dernière saison dresse de nombreux parallèles touchants avec le pilote de la série, et enchaîne les retrouvailles entre tous les personnages qui s'étaient perdus de vue. Mais les meilleures scènes sont sans doute celles d'Arya avec Gendry et Sandor Clegane. Avec le premier, elle flirte et se montre plus vulnérable et rieuse qu'on ne l'avait vue depuis longtemps. Avec le second, elle est au contraire aussi froide et impassible que possible, une attitude qu'elle a en partie héritée lorsqu'elle faisait route avec lui. Seul problème de cet épisode: malgré quelques moments de grâce, il souffre d'une écriture basique et pas toujours subtile. La scène du vol à dos de dragons de Jon et Daenerys, en particulier, fait tache.

43. La Justice de la reine / The Queen's Justice (S7E3)

Un épisode bien rempli parce que dans la saison 7, la série ne perd plus aucune seconde. Mais «The Queen's Justice» nous fournit quand même pas mal de bonnes scènes, comme le retour de Bran à Winterfell, et la rencontre entre Jon et Daenerys. Après sept saisons, on ressent toute la pression du moment et la série utilise intelligemment les références du passé pour faire de multiples clins d'œil à l'audience. Pendant ce temps, à Port-Réal, Cersei parvient enfin à se venger d'Ellaria Sand, dans une scène d'une cruauté toute poétique. Mais c'est la mort d'Olenna qui nous marquera le plus. La doyenne des Tyrell reste mordante et fabuleuse jusque dans ses dernières secondes, lorsqu'elle confie à Jaime avoir tué Joffrey: «Dites-le à Cersei. Je veux qu'elle sache que c'était moi».

42. Mhysa / Mhysa (S3E10)

Contrairement à ce que son nom indique, «Mhysa» contient assez peu de scènes avec Daenerys… Même s'il contient peut-être une des pires: celle où elle est portée par une foule de gens à la peau foncée qui crient «Mhysa» (un mot qui signifie «mère»), dans un tableau white savior assez dérangeant. Mais c'est surtout un épisode qui a la tâche difficile de recapturer notre attention, juste après le traumatisme des Noces Pourpres. Et s'il est beaucoup plus calme, il reste malgré tout déchirant.

Dès les premières secondes, Arya et Sandor Clegane assistent au massacre des hommes de Robb, et voient son corps décapité paradé dans les rues, avec la tête de son loup. Ailleurs, Jon et Ygritte se séparent pour de bon, et ne se reverront plus avant la bataille de Castle Black, tandis que Tywin dit à Tyrion qu'il voulait le tuer quand il est né… Bref, un épisode rempli de scènes doucement dévastatrices. Ah, et Ramsay mange une saucisse qui ressemble au pénis de Théon (avec de la moutarde, franchement ça a l'air pas mal).

41. Valar Morghulis / Valar Morghulis (S2E10)

Un bel épisode qui pèche un peu par excès de zèle, la série essayant une fois de plus de jongler entre trop d'intrigues. À Port-Réal, on suit les retombées de la bataille de Blackwater. Tywin débarque à cheval, victorieux dans la salle du trône, tandis que Tyrion, qui a vraiment gagné la bataille, est blessé, isolé et relégué à une chambre de bonne. Du côté du camp Stark, Robb décide d'épouser Talisa et scelle ainsi son destin et celui de tous ses hommes.

Mais l'intrigue la plus déchirante se situe à Winterfell. Le château est pillé et brûlé et Maester Luwin, qui faisait office de figure paternelle pour les plus jeunes Stark, est tué par des hommes des Îles de Fer. Ses adieux à Bran et Rickon sont particulièrement émouvants et le départ des derniers Stark de Winterfell suffit à nous mettre les larmes aux yeux.

40. Frapper d'estoc / The Pointy End (S1E8)

On parle souvent d'échiquier pour décrire l'intrigue de Game of Thrones, car chaque rebondissement est généralement présagé et planifié très longtemps à l'avance. Et cette analogie s'applique tout à fait à cet épisode, qui examine l'impact de l'arrestation de Ned sur le reste de Westeros, et parvient à établir énormément d'intrigues pour la suite. Robb décide de partir en guerre contre les Lannister, Jon fait face à son premier Marcheur Blanc, et Arya s'échappe du palais de Port-Réal après avoir été sauvée par le sacrifice de Silvio Forel («Not today»). Bref, un épisode qui arrive à jongler entre scènes d'action, dialogues d'exposition et moments d'émotion avec beaucoup d'adresse.

39. Le Trône de fer / The Iron Throne (S8E6)

Après deux saisons bâclées, Game of Thrones se conclut sur un final mitigé. D'un côté, on a toujours du mal à encaisser l'allure à laquelle l'intrigue se déroule et à ne pas regretter que la série ne passe pas plus de temps à bâtir certains développements, comme la mort de Dany des mains de Jon. Une négligence d'autant plus regrettable que le destin du couple maudit aurait pu être l'ultime tragédie de la saga si cela avait été mieux écrit. On a aussi droit à un couronnement express de Bran qui, avec son profil d'outsider, n'avait jamais été un favori pour le trône.

Mais le dernier épisode nous offre heureusement quelques moments bouleversants qui viennent couronner l'arc narratif de plusieurs personnages. L'hommage de Brienne à Jaime est très émouvant, mais c'est surtout les adieux des enfants Stark et leurs destins respectifs qui donnent à la fin de la série une portée plus profonde et poignante. L'épopée se conclut sur un effet miroir particulièrement réussi puisque c'est avec les Stark que l'on avait commencé l'histoire, et c'est avec eux qu'on la finit.

38. Un Homme sans honneur / A Man Without Honor (S2E7)

Avec l'accélération narrative des dernières saisons, on voit de moins en moins de scènes où les personnages existent, discutent et voyagent ensemble sans forcément faire avancer l'intrigue. «A Man Without Honor» est un bel exemple de ces moments de calme et d'introspection, qui étaient un des éléments les plus appréciables de la série, avant d'être remplacés par du grand spectacle.

Ygritte et Jon continuent leur randonnée dans la neige et leur alchimie fait de Jon un personnage bien plus vivant et intéressant (et on a droit au premier «You know nothing, Jon Snow»). Arya et Tywin parlent de l'histoire de Westeros dans un échange tour à tour jubilatoire et tendu. Cersei se confie à Tyrion dans ce qui est peut-être l'unique scène de complicité entre ces deux personnages dans toute la série. Autant de tête-à-tête qui fonctionnent grâce à une écriture réjouissante et des interprétations très justes. L'épisode se conclut sur un moment tragique où Théon montre deux corps d'enfants calcinés qu'il fait passer pour Bran et Rickon, dans une scène qui entérine son déshonneur.

37. La Demeure du Noir et du Blanc / The House of Black and White (S5E2)

Cet épisode un peu inégal contient néanmoins deux scènes vraiment galvanisantes. D'abord, il y a l'arrivée d'Arya à Braavos, et ses retrouvailles avec Jaqen, qui va l'entraîner à devenir une redoutable tueuse. Voir Arya évoluer dans un univers complètement différent est exaltant, surtout qu'à l'époque, on ne se doutait pas que son entraînement consisterait principalement à vendre des moules. Et puis, il y a l'élection de Jon Snow, qui devient Lord Commandant de la Garde de nuit. Comme Tyrion, Arya ou Daenerys, Jon est un outsider. Il a subi le mépris de ses pairs toute sa vie et a eu du mal à trouver sa place. Son élection est donc un moment particulièrement fort, car il se retrouve enfin du côté des puissants, et pour une fois dans cette série, c'est totalement mérité.

36. Une Couronne d'or / A Golden Crown (S1E6)

C'est dans cet épisode que Bronn se bat pour Tyrion lors du combat de la Moon Door. C'est une des premières scènes d'affrontement de la série, et elle est spectaculaire. Partout, la tension monte et les pièces de l'échiquier commencent à se mettre en place pour la fin de la première saison… Car c'est à la fin de cet épisode, alors que Sansa exprime son souhait d'avoir des enfants blonds avec Joffrey, que Ned réalise que le prince est le fruit de l'inceste de Jaime et Cersei. À Essos, lorsque Khal Drogo verse un chaudron d'or bouillant sur la tête de Viserys, dans une scène qui donne son nom à l'épisode, Daenerys se libère enfin de l'influence de son frère. Elle devient donc la dernière Targaryen (ou du moins c'est ce qu'elle croit…) et héritière du trône de fer. Bref, le monde de Game of Thrones prend forme sous nos yeux, et c'est grisant.

35. La Longue nuit / The Long Night (S8E3)

Découpé en plusieurs genres (suspense, horreur et action) de manière un peu saccadée, «The Long Night» n'est vraiment pas le meilleur épisode de bataille de Game of Thrones. Mais on oublie les incohérences de l'écriture face à quelques très beaux moments comme la mort héroïque de Lyanna Mormont, le sacrifice déchirant de Théon, et les scènes de combat spectaculaires d'Arya. En donnant toutes les scènes les plus cruciales à des femmes (comme Melisandre) ou des petites filles, alors que Jon Snow est mis de côté et dépassé par les événements, l'épisode déjoue intelligemment nos attentes. Un des meilleurs volets d'une saison finale en demi-teinte.

34. Le Loup et le lion / The Wolf and the Lion (S1E5)

Ah, la saison 1, avec ses scènes de sexe très graphiques et ses vêtements légers, où il faisait encore soleil dans la plupart des scènes et où l'on voyait encore ce qui se passait à l'écran. Cet épisode transitionnel continue d'établir de nombreux duos importants: Bronn et Tyrion, mais aussi Littlefinger et Varys, les fouines de la série, ou encore le Limier et la Montagne qui s'affrontent lors du tournoi du Roi. Game of Thrones étend un peu plus son univers, et on se souvient encore aujourd'hui de la découverte des paysages époustouflants des Eyrié, avec la tour lugubre dans laquelle vit Lysa Arryn, et les cachots suspendus dans lesquels Tyrion est enfermé. Mais le meilleur moment de l'épisode est sans doute la conversation honnête entre Cersei et Robert, qui rient ensemble de leur affreux mariage et de la haine qu'ils ont l'un pour l'autre.

33. Infirmes, bâtards et choses brisées / Cripples, Bastards and Broken Things (S1E4)

Cet épisode établit le thème qui perdurera à travers toute la série: Game of Thrones est avant tout l'histoire des outsiders, ou comme le dirait Tyrion, des infirmes, des bâtards et des choses brisées. Daenerys, Jon, Bran, Sam, Arya, Tyrion et Gendry (dont on découvre ici l'existence) occupent une grande partie de l'épisode et sont confrontés, chacun à leur manière, à ceux qui les méprisent et les sous-estiment. Daenerys se rebelle contre son grand frère, Jon prend la défense de Sam contre le reste de la Garde de nuit… Et lorsque Ned dit à Arya que plus tard, elle sera l'épouse d'un grand seigneur, elle lui répond calmement: «Non. Ce n'est pas moi, ça». Or ce sont tous ces outsiders qui, sept saisons plus tard, sont toujours là.

32. L'Oiseau moqueur / Mockingbird (S4E7)

Tyrion, à la recherche d'un champion pour le représenter lors du duel, reçoit tour à tour Jaime, Bronn et Oberyn dans son cachot. Chacune de ces interactions est excellente, mais la plus marquante reste la visite d'Oberyn. Le prince de Dorne raconte ainsi à Tyrion qu'il l'avait rencontré quand il était encore bébé, que tout le monde (mais surtout Cersei) lui avait promis un monstre, et qu'il avait été déçu quand il s'était aperçu que Tyrion était en réalité un bébé presque quelconque. Les réactions de Tyrion devant le récit de la haine de sa sœur sont déchirantes et on sent à la fois toute l'empathie mais aussi tout le désir de vengeance d'Oberyn dans cette scène. Lorsqu'il promet à Tyrion qu'il sera son champion, difficile de ne pas s'émerveiller devant le charisme et le talent de Pedro Pascal, qui a réussi à créer un des personnages les plus attachants de la série en quelques épisodes seulement.

31. Premier du nom / First of his Name (S4E5)

«First of his Name» est un très bon exemple d'un épisode d'entre-deux de qualité. On y voit Tommen être couronné roi et Margaery et Cersei continuer leurs petits jeux de pouvoir. Le Limier apprend qu'il figure sur la liste d'Arya –de quoi rappeler que leur alliance peut basculer à tout moment. En parlant d'alliances, c'est là qu'on réalise que Littlefinger est vraiment le personnage le plus machiavélique de la série puisque c'est lui qui avait planifié l'empoisonnement de Lord Arryn au début de la saison 1.

Et l'épisode se conclut sur un autre rendez-vous manqué entre Jon et Bran, au Manoir de Craster, cette fois, où Jon écrase les déserteurs de la Garde et libère les femmes de Craster. Celles-ci décident d'ailleurs de continuer leur chemin toutes seules, sans l'aide de Jon et de ses hommes. Une déclaration d'indépendance féminine comme on en voit peu dans la série, en dehors de Daenerys, mais qui fait vraiment très plaisir.

30. Les Immaculés / Walk of punishment (S3E3)

«Walk of Punishment», un des volets les plus drôles de la série, est non seulement très bien écrit, mais il contient aussi des scènes de comique de situation dignes d'un épisode de The Office. Comme dans la scène d'ouverture, où Edmure Tully essaie de tirer une flèche enflammée sur le bateau qui transporte la dépouille de son père, et rate trois fois. Ou avec le jeu des chaises musicales lors du Conseil restreint, où tous les conseillers tentent de s'asseoir le plus près de possible de Tywin. Mais c'est aussi l'épisode de la tromperie, avec Ramsay qui fait croire à Théon qu'il va l'aider à s'enfuir… Et surtout Jaime, qui pense avoir réussi à négocier avec son ravisseur, mais se fait couper la main, dans un final aussi brutal qu'inédit, puisqu'il se termine sur un morceau de rock moderne, qui amplifie le choc de la scène.

29. De Feu et de sang / Fire and Blood (S1E10)

Juste après la première grande mort de Game of Thrones, «Fire and Blood» nous permet de prendre la mesure du traumatisme causé par le décès de Ned. Les premières secondes sont terrifiantes. Après l'ouverture sur un gros plan de l'épée ensanglantée qui vient juste de trancher la tête de Ned, Arya regarde le corps décapité de son père être traîné hors de l'estrade, et sa sœur Sansa s'évanouit. Ailleurs, Robb et Catelyn pleurent la mort de Ned dans une scène déchirante. Plus aucun personnage ne sera le même après ce traumatisme, et cet épisode établit parfaitement leur transition.

Robb, qui est encore un jeune garçon, devient Roi du Nord. Sansa, forcée par Joffrey de contempler la tête de son père embrochée sur les remparts de la ville, perd son innocence et sa naïveté. Jon, après avoir un instant envisagé de fuir pour retrouver sa famille, décide de rester à Castle Black, entérinant son statut de Frère de la nuit. Et l'épisode, plutôt calme pour nous permettre de reprendre nos esprits après un tel choc, se conclut néanmoins sur une des scènes les plus puissantes de la série: après la mort de Drogo, Daenerys se rend dans les flammes… et ressort des cendres le lendemain, intacte, avec trois bébés dragons sur les épaules. Un final efficace qui conclut la première saison de Game of Thrones en nous donnant une seule envie: voir la suite.

28. Le Poids du nom / High Sparrow (S5E3)

Un épisode d'exposition très solide. On découvre d'abord la Demeure du Noir et du Blanc avec Arya. La jeune Stark doit se débarrasser de toutes ses possessions pour commencer son apprentissage de Sans-Visage. Pour elle, cela veut aussi dire laisser derrière son histoire, sa famille et son désir de vengeance. La scène où elle décide de garder Aiguille, son épée, est très émouvante et nous montre l'attachement d'Arya à ses racines. Un autre membre du clan Stark qui reste attaché à son héritage est Jon, qui dans son nouveau rôle de Lord Commandant utilise plus que jamais le code moral que lui a enseigné Ned. On le voit lorsqu'il exécute Janos Slynt pour trahison, mais aussi dans sa conversation avec Stannis, qui lui reproche d'être aussi têtu et honorable que son père et le prévient que c'est justement son honneur qui a coûté sa vie à Ned.

27. Née du typhon / Stormborn (S7E2)

Ce très bon épisode de l'inégale saison 7 contient de beaux moments de calme, comme la scène entre Misandei et Grey Worm, tendre et magnifiquement filmée, sans aucune objectification (vive le consentement! et les cunnis!). Le fait qu'ils ne sont ni ennemis, ni cousins, ni méchants en fait automatiquement un des couples les plus purs de la série, et comme ils font aussi partie des très rares personnages racisés de Game of Thrones, cela fait plaisir de les voir beaucoup plus développés que dans les livres.

Autre joli moment: alors qu'Arya est en route pour Port-Réal, décidée à tuer Cersei, elle apprend que Jon est devenu Roi du Nord et décide finalement d'aller le retrouver à Winterfell. Maisie Williams livre alors une de ses plus belles scènes, nous laissant voir le côté plus vulnérable d'Arya, alors qu'elle a passé les six dernières saisons à s'endurcir.

Mais après le calme, l'épisode se conclut sur une scène de bataille superbement réalisée: Euron Greyjoy s'attaque à la flotte de Yara et Théon, et capture Yara, Ellaria et sa fille, sous les yeux impuissants d'un Théon traumatisé.

26. La Maison / Home (S6E2)

Quand Jon s'est fait poignarder par ses hommes à la fin de la saison 5, peu de fans ont vraiment cru qu'on assistait à la disparition du héros. Son personnage était trop important dans la mythologie de la série pour s'effacer aussi tôt. Mais même si on savait que Jon n'était pas mort pour toujours, la scène de sa résurrection reste un moment inoubliable. Des millions de téléspectateurs ont ainsi été suspendus à chaque fait et geste de Mélisandre et ont retenu leur souffle dans les très longues secondes qui s'écoulent avant que Jon n'ouvre enfin les yeux et confirme ce que tout le monde voulait être vrai.

25. Le Livre de l'étranger / Book of the stranger (S6E4)

Après avoir passé plusieurs épisodes (voire plusieurs saisons) bloquée dans un rôle un peu ingrat, Daenerys retrouve ici l'occasion de redevenir badass. Prisonnière des Dothraki (qui l'avaient abandonnée après la mort de Khal Drogo), elle tue les leaders en mettant feu à leur temple, et reconquiert d'un seul geste le peuple sur lequel elle avait régné au tout début de la série.

Du côté de Westeros, on a aussi droit à une scène touchante entre Margaery et Loras en prison. Mais le meilleur, ce sont évidemment les retrouvailles très, très émouvantes entre Sansa et Jon, qui ne se sont pas vus depuis la saison 1, alors qu'ils étaient encore jeunes et innocents. Assister à la réunion de ces deux personnages qu'on a vu grandir et changer radicalement en l'espace de six saisons est extrêmement grisant, d'autant plus que Kit Harrington et Sophie Turner ont une excellente alchimie (à tel point qu'internet a tout de suite commencé à les shipper...). Bonus: c'est aussi le début du coup de foudre de Tormund pour Brienne.

24. Peyredragon / Dragonstone (S7E1)

Un épisode qui s'ouvre sur l'empoisonnement de tous les Freys a forcément une place toute particulière dans nos cœurs. Et le reste de «Dragonstone» n'est pas mal du tout non plus. Comme beaucoup d'épisodes des dernières saisons, celui-ci est particulièrement bien réalisé et offre des images aussi mémorables que l'armée des morts envahissant les plaines du Nord, ou l'arrivée de Daenerys dans un Dragonstone à couper le souffle. Mais c'est dans son moment le plus introspectif que l'épisode brille vraiment: le Limier arrive à la ferme où il avait séjourné avec Arya dans la saison 4 et découvre que le fermier et sa fille se sont donné la mort pour ne pas mourir de faim. Sandor n'est plus l'homme impitoyable qu'il était à l'époque et doit affronter les conséquences de ses actes passés. Dans une très belle scène, il enterre les deux corps et leur dit qu'il est désolé qu'ils soient morts. Sinon, Arya rencontre Ed Sheeran sur la route (mais ça, on préférerait l'oublier).

23. Deux épées / Two Swords (S4E1)

Dans Game of Thrones, comme dans la pop culture, il y a un avant et un après les Noces Pourpres. Et le premier épisode de la saison 4 rend ce changement de paradigme très clair, en s'ouvrant sur un rare cold open lourd de symbolique. Tywin Lannister fait fondre l'énorme épée de Ned Stark et la transforme en deux épées distinctes, alors que la mélodie de l'épisode «The Rains of Castamere» retentit en fond. La famille Stark semble avoir été éradiquée par les Noces Pourpres et c'est officiel, les Lannister sont désormais la famille la plus importante de Westeros.

C'est d'ailleurs autour d'eux que tourne principalement cette excellente quatrième saison, qui chroniquera le début de leur chute: la mort de Joffrey, le procès et exil de Tyrion, et la mort de Tywin. Dans cet épisode, on fait aussi la connaissance d'Oberyn Martell, personnage vénéré des fans. L'icône de tous les bis à travers le monde, accompagné de sa maîtresse Ellaria Sand, fait une entrée fracassante en poignardant un soldat Lannister dans le poignet.

L'épisode lance aussi une des meilleures dynamiques de la série: Arya, qui était jusqu'alors captive de Sandor Clegane, commence à former une véritable équipe avec lui. Dans une scène particulièrement violente, ils massacrent un groupe d'hommes qui avaient capturé Arya et tué plusieurs de ses amis dans la saison 2. Mais surtout, on commence à réaliser l'étendue du traumatisme de la jeune fille, qui tue avec de plus en plus de fréquence et de détachement.

22. Gagner ou mourir / You Win or You Die (S1E7)

Un épisode sous haute tension qui s'ouvre sur Tywin Lannister dépeçant un cerf, le symbole des Baratheon. On commence à comprendre que, dans Game of Thrones, la droiture et l'honnêteté sont rarement récompensées (comme le dira Cersei, «au jeu des trônes, il faut vaincre ou périr»). Guidé par son sens de l'honneur, Ned tente de faire ce qui est juste après avoir appris le secret de Cersei et Jaime. L'erreur du patriarche des Stark, c'est de penser que tout le monde est aussi honorable que lui. Lorsque Littlefinger le trahit à la fin de l'épisode, il lui rappelle: «Je vous avais bien prévenu de ne pas me faire confiance». Un avertissement que les créateurs de la série pourraient tout autant faire aux fans, puisqu'il ne fait jamais bon être confiant et optimiste dans un épisode de Game of Thrones.

21. Les Puînés / Second Sons (S3E8)

Cet épisode contient une des rares scènes palpitantes impliquant Sam et Gilly (oui vous avez bien lu), lorsque Sam tue un Marcheur Blanc avec son poignard en verredragon. Mais la partie la plus poignante se déroule à Port-Réal, alors que Sansa et Tyrion sont mariés de force, et humiliés par Joffrey lors de la cérémonie et la réception. Encore plus saoul que d'habitude, Tyrion n'arrive plus à masquer son dégoût pour sa propre famille, qui le maltraite et le méprise depuis toujours. Mais c'est en vivant ce traumatisme ensemble que Sansa et Tyrion, les deux outsiders de Port-Réal, commencent à développer une certaine complicité, et à la fin de l'épisode, Tyrion ignore les ordres de son père et refuse de partager la couche de sa nouvelle épouse.

20. Les Dieux anciens et nouveaux / The Old Gods and the New (S2E6)

Écrit par Vanessa Taylor, cet épisode de milieu de saison nous offre ce que Game of Thrones sait faire de mieux: créer des moments mémorables («WHERE ARE MY DRAGONS?»), et des dynamiques inédites entre des personnages que tout oppose.

Ygritte et Jon, qui sont encore ennemis, sont forcés de dormir l'un près de l'autre pour ne pas mourir de froid. Arya développe une certaine complicité avec Tywin Lannister. Sandor Clegane, qui était jusqu'alors une présence sombre et inquiétante dans la série, vole au secours de Sansa qui manque d'être agressée pendant une émeute à Port-Réal –cette scène marque d'ailleurs le début d'une relation paternelle compliquée mais touchante entre la brute et les filles Stark.

Et puis il y a Théon, auparavant un ami des Stark, qui envahit Winterfell sous le regard dégoûté de Bran et Maester Luwin. La scène la plus terrible? Lorsque Théon décide d'exécuter Ser Rodrik: il est tellement pathétique qu'il n'arrive pas à lui trancher la tête d'un coup net, et doit s'y prendre à plusieurs reprises. Un rappel tragique et lourd de sens d'une autre exécution, beaucoup plus noble, et qui sera reflétée plusieurs fois dans le reste de la série: celle effectuée par Ned Stark dans le pilote.

19. Ce qui est mort ne saurait mourir / What is dead may never die (S2E3)

Superbement écrit par l'excellent scénariste et producteur Bryan Cogman et réalisé par Alik Sakharov, cet épisode fait avancer toutes les intrigues avec brio, et contient plein de scènes sublimes, comme le très beau monologue de Yoren, l'homme qui a recueilli Arya après la mort de Ned. Il lui raconte que quand il était jeune, il a vu son frère se faire tuer, et que pour arriver à dormir le soir, il récitait le nom du meurtrier, jurant qu'il se vengerait un jour… C'est cette discussion qui inspirera à Arya sa fameuse «liste».

Dans une autre scène magnifique, dans les Îles de Fer, on assiste au baptême de Théon, qui trahit Robb dans l'espoir de se racheter auprès de sa sœur et de son père. Mais les intrigues de cour ne sont pas en reste, puisqu'on observe Tyrion mettre au point un stratagème pour savoir à qui il peut faire confiance au Conseil restreint. Enfin, c'est l'un des premiers épisodes à accorder autant de place à des femmes impressionnantes et malignes avec l'introduction de deux des meilleurs personnages féminins de la série, Brienne et Margaery.

18. La Porte / The Door (S6E5)

Il aura seulement fallu quelques minutes à la série pour transformer une blague récurrente en véritable tragédie. Hodor était depuis la première saison une figure de loyauté dénuée de personnalité ou de motivation –ses «hodor» répétitifs souvent utilisés comme élément comique dans la série. L'ironie cruelle de l'histoire est que c'est dans sa mort que l'on comprend enfin l'origine d'Hodor. Son sacrifice final pour sauver Bran est en réalité celui de toute une vie passée, figé dans un moment qu'il n'avait pas encore vécu, ridiculisé pour les conséquences d'un acte d'héroïsme qui n'avait pas encore eu lieu.

17. L'Hiver vient / Winter is Coming (S1E1)

Présenter un univers, avec son histoire et ses codes, ainsi qu'une bonne dizaine de personnages et plusieurs intrigues en moins d'une heure relève presque de l'exploit. Un exploit que la série a failli ne pas relever puisqu'une première version du pilote a été jugée tellement incompréhensible qu'ils ont dû tout refilmer et remplacer certains acteurs. Heureusement, leur deuxième essai aura été un coup de maître.

Bien sûr, on sent le petit budget et la réalisation est encore très plate. Mais en revoyant l'épisode des années plus tard, on ne peut s'empêcher d'admirer l'assurance de l'écriture et la façon dont la série définit en quelques scènes les dynamiques familiales des Stark et des Lannister, et pose plusieurs éléments de l'histoire dont on ne comprendra l'importance que plus tardla conversation entre Ned et Robert au sujet de Lyanna prend ainsi un tout autre sens quand on connaît la parenté de Jon. L'épisode se conclut sur la chute de Bran, un cliffhanger mémorable qui annonce le niveau de cruauté de la série et rend immédiatement accro.

16. Les Enfants / The Children (S4E10)

Comme son nom l'indique, «Les Enfants» voit de nombreux personnages grandir et s'émanciper de leur famille, chacun à leur manière. Daenerys enferme ses dragons, qu'elle voit comme ses propres enfants, pour protéger son peuple. Furieuse d'être forcée à épouser Loras, Cersei confronte son père et lui confirme qu'elle entretient une relation incestueuse avec Jaime. Avant de s'évader de Port-Réal, Tyrion tue Shae, puis Tywin, qui l'a toujours méprisé, dans une des scènes les plus cruelles et les plus bouleversantes de toute la série. Avec ce parricide et son exil pour Essos, Tyrion entérine définitivement son changement de camp et son statut d'ennemi de la couronne.

Quant à Arya, elle rencontre Brienne et voit pour la première fois une femme qui, comme elle, manie l'épée et rejette les codes traditionnels de la féminité. Mais après avoir vu Brienne et Sandor Clegane, les deux adultes qui souhaitent la protéger, s'affronter dans un combat haletant, elle abandonne Sandor et décide de faire route seule. Le dernier épisode de cette saison 4 se conclut sur une version sublime de la musique du générique, alors qu'Arya navigue vers Braavos.

15. L'Homme brisé / The Broken Man (S6E7)

Si cet épisode est aussi bon, c'est peut-être parce qu'il ne contient aucune scène avec Daenerys, Sam, Bran ou Ramsay (déso pas déso). Écrit par Bryan Cogman, «The Broken Man» commence sur les chapeaux de roue, avec un cold open qui révèle que Sandor Clegane est toujours vivant. Il contient certains des meilleurs dialogues de toute la série, qu'il s'agisse des conversations entre Sandor et le prêtre incarné par le très charismatique Ian McShane, des blagues entre Bronn et Jaime, ou encore des échanges d'insultes entre Cersei et Olenna. Sans compter la rencontre entre Jon, Davos et Lady Mormont, la petite fille badass qui règne sur l'Île-aux-Ours. Dans un échange aussi brillamment écrit qu'interprété, Davos convainc Lady Mormont de s'allier à Jon, et la jeune fille devient en l'espace de quelques répliques un des meilleurs personnages secondaires de la série.

14. Voici que son tour de garde est fini / And Now His Watch Is Ended (S3E4)

Il y a beaucoup de choses à aimer dans cet épisode: les mots d'esprit d'Olenna Tyrell; la mort tragique de Jeor Mormont, la scène glaçante où Varys raconte à Tyrion comment il a été castré; la conversation tendue entre Cersei et Tywin, où elle lui reproche de ne pas lui faire confiance parce qu'elle est une femme; ou encore les regrets de Théon qui affirme que son «vrai père» est mort décapité à Port-Réal. Mais ce qui fait de cet épisode déjà excellent l'un des meilleurs de la série est la scène finale où Daenerys s'empare de l'armée des Immaculés et les retourne contre leurs anciens maîtres. Voir notre héroïne utiliser le mépris dont elle fait l'objet pour manipuler ses ennemis est particulièrement jouissif. Daenerys aura d'autres victoires grandioses dans la série, mais aucune ne sera aussi satisfaisante et culte («Dracarys!») que celle-ci.

13. Les Lois des dieux et des hommes / The Laws of Gods and Men (S4E6)

Durant les quatre premières saisons, aucun personnage n'aura été aussi jubilatoire à regarder que Tyrion Lannister. D'abord, parce qu'il est toujours plein d'esprit, intelligent et calculateur. Mais aussi parce que sous cette apparence désinvolte, on entrevoit toute l'injustice et la cruauté dont Tyrion a été victime dès l'enfance. C'est cette souffrance et cette désillusion qu'expose son monologue déchirant à la fin de l'épisode, qui retrace son procès.

Accusé à tort du meurtre de son neveu, détesté par son père et sa sœur, conspué par la foule qu'il avait sauvée deux saisons plus tôt, et trahi par la femme qu'il aime, Tyrion exprime toute sa rage et son ressentiment («J'aimerais être le monstre que vous voyez en moi»). Peter Dinklage est exceptionnel dans cette scène, il est impossible de ne pas ressentir toute la détresse et la colère de Tyrion au moment où il se rebelle enfin totalement contre sa famille et réclame un duel judiciaire (alors que Jaime avait négocié pour lui une issue plus favorable au procès).

12. Baisée par le feu / Kissed By Fire (S3E5)

Pas d'énorme scène de combat (même si on a droit à un très beau duel entre Sandor Clegane et Béric Dondarrion), pas de mort spectaculaire, mais juste un petit bijou d'épisode peuplé d'échanges inoubliables filmés à la lueur du feu. Dans une grotte au nord du Mur, Jon brise enfin son vœu de chasteté et montre à Ygritte qu'il s'y connaît en anatomie féminine. Dans une autre grotte plus au sud, Arya demande à Thoros et Béric s'ils pourraient ressusciter un homme qui a été décapité, montrant que sous ses apparences de plus en plus aguerries se cache toujours une petite fille qui vient de perdre son père.

Mais la scène la plus mémorable est bien entendu celle du bain entre Jaime et Brienne. Dans le pilote de la série, Jaime avait balancé un enfant par la fenêtre après avoir été surpris en train de coucher avec sa sœur. Difficile d'imaginer réhabiliter un tel personnage, pourtant Game of Thrones y parvient grâce à sa relation avec Brienne. La scène du bain, où il lui parle des événements qui ont conduit à son surnom de Kingslayer («Régicide»), est singulièrement poignante et permet de découvrir un Jaime à l'histoire plus tragique mais aussi beaucoup plus humaine.

11. Durlieu / Hardhome (S5E8)

On finit «Hardhome», un épisode qui commence dans le calme et se termine sur l'une des scènes les plus inoubliables de la série, bouche bée et le souffle court. «Hardhome» ne suit pas le schéma des gros épisodes coup de poing de Game of Thrones. Jusqu'alors les plus grosses batailles avaient été anticipées et planifiées par les personnages, la série nous les réservait toujours pour le neuvième épisode de la saison. Celle de Hardhome prend aussi bien Jon que les téléspectateurs par surprise.

L'épisode commence en douceur en s'attardant sur plusieurs intrigues que l'on suit depuis quelque temps (Tyrion et Daenerys font connaissance, Arya vend toujours ses moules et ses coquillages…), avant de retrouver Jon en mission de l'autre côté du Mur. Après avoir convaincu plusieurs groupes de sauvageons de le rejoindre à Castle Black, Jon, ses hommes et toute la population de Hardhome sont surprises par une attaque de Marcheurs Blancs. Ce qui suit est l'une des scènes d'action les plus brutes et spectaculaires de toute la série.

En quelques minutes, Game of Thrones se transforme en film de zombies et nous offre des séquences glaçantes d'horreur. L'épisode se termine sur l'image devenue culte du Night King faisant se lever son armée de zombies sur les ruines de la bataille. Après «Watchers on the Wall», «Hardhome» confirme le statut de héros et de leader militaire de Jon. Mais c'est surtout l'épisode qui montre que la guerre que se livrent les grandes familles de Westeros depuis cinq saisons n'est pas le véritable enjeu de notre histoire. La vraie menace est au nord du Mur et la vraie guerre, celle qui va opposer les vivants aux morts.

10. Le Lion et la rose / The Lion and the Rose (S4E2)

Cet épisode restera à jamais celui de la mort de Joffrey, si iconique qu'elle occulte tout le reste de l'intrigue (un peu moins intéressante, il faut le dire). Avec Ramsay, Joffrey est sans doute le méchant le plus bête et cruel de la série, et donc celui dont la mort est la plus satisfaisante. Lors de son mariage à Margaery, Joffrey se montre particulièrement odieux avec ses invités, surtout Sansa et Tyrion, ses souffre-douleur préférés, qui trouvent d'ailleurs une certaine forme de solidarité dans leur humiliation commune.

Après avoir découpé en morceaux le livre que son oncle lui a offert en cadeau de mariage, Joffrey se délecte d'un spectacle dégradant qui retrace la mort de Robb, interprété par une troupe d'acteurs nains… Puis il ordonne à Tyrion, devant toute l'assemblée, de lui servir du vin et lui verse le contenu de sa coupe sur la tête. Alors même si sa mort signera l'emprisonnement de Tyrion, la mort d'Oberyn, l'exil de Sansa, et bien d'autres réactions en chaîne, c'est avec délectation qu'on voit cette petite bouse de Joffrey s'étrangler dans son propre sang.

9. Butins de guerre / The Spoils of War (S7E4)

On l'a assez dit, la saison 7 souffre de gros problèmes d'écriture, les scénaristes ayant de moins en moins de temps pour boucler la série et arriver aux points clés de l'intrigue. Mais s'il y a un épisode qui se démarque quand même du lot, c'est bien celui-ci, dans lequel on assiste aux retrouvailles inespérées d'Arya et de Sansa à Winterfell. Les deux sœurs ont énormément grandi, changé et souffert depuis leur séparation; les deux actrices sont parfaites dans ces scènes pleines de mélancolie.

Mais cet épisode, c'est aussi évidemment celui de la bataille ébouriffante entre l'armée de Jaime d'un côté, et Daenerys (et son dragon) de l'autre. De la chorégraphie impressionnante des Dothraki, debout sur leurs chevaux, au visage livide de Jaime lorsqu'il aperçoit pour la première fois le dragon, en passant par les plans magnifiques du champ de bataille ravagé par le feu, tout dans cet affrontement est à couper le souffle –quand un épisode bat des records du genre «plus grand nombre de figurants en feu», on sait qu'on va avoir droit à du très grand spectacle. En plus, c'est la première fois qu'une bataille oppose deux véritables héros de la série.

Notre seul regret: le cliffhanger un peu malhonnête à la fin, qui nous laisse croire que Jaime s'est noyé après avoir été presque carbonisé par le dragon de Daenerys. Décidément, la saison 7 aime un peu trop manipuler son audience.

8. Un Chevalier des Sept Couronnes / A Knight of the Seven Kingdoms (S8E2)

Si au fil des années Game of Thrones est devenue célèbre pour ses scènes d'action extraordinaires, c'est souvent quand elle s'autorise à passer du temps avec ses personnages, dans le calme et sans vraiment faire avancer l'intrigue, que la série brille le plus. Cela n'a jamais été aussi clair qu'avec «A Knight of the Seven Kingdoms», qui offre la première vraie respiration à la série après plus d'une saison à faire avancer l'intrigue au pas de course. Toute l'action est concentrée à Winterfell, alors que nos héro·ïnes (et pour le coup, vraiment tous et toutes nos héro·ïnes puisque seules Cersei, Euron et Melisandre ne sont pas dans le Nord) se préparent à affronter l'armée des morts. Cette ambiance de fin du monde se prête à des scènes parmi les plus poignantes de la série.

Le scénariste Bryan Cogman, qui avait déjà signé certaines des plus belles scènes de Game of Thrones, a décrit cet épisode comme une déclaration d'amour aux personnages, et ça se sent. On se souviendra particulièrement des retrouvailles bouleversantes entre Sansa et Théon, de la camaraderie autour du feu entre des personnages qui n'ont presque rien en commun, et bien sûr de la magnifique scène de l'adoubement de Brienne par Jaime, qui vient sceller le statut d'héroïne de la première et la rédemption du second. Le tout mené par un casting au meilleur de sa forme, surtout Peter Dinklage (à qui on offre enfin quelques beaux moments après plusieurs saisons en demi-teinte), Gwendoline Christie, Nikolaj Coster-Waldau, Sophie Turner et Alfie Allen.

7. La Montagne et la vipère / The Mountain and the Viper (S4E8)

Comme son titre l'indique, cet épisode funeste restera toujours celui où Oberyn meurt de la manière la plus choquante qui soit: le crâne éclaté à mains nues par la force surhumaine de la Montagne. C'est un des combats les plus tendus de la série, car le sort d'Oberyn est lié à celui de Tyrion, il paraît donc inconcevable qu'il perde. La scène elle-même est époustouflante, située dans un cadre idyllique au bord de l'eau, un net contraste avec la violence presque insoutenable des dernières secondes et le cri d'effroi d'Ellaria qui reste encore aujourd'hui gravé dans nos mémoires.

Mais l'épisode est excellent de bout en bout. Il s'ouvre sur une attaque délicieusement gore des Sauvageons dans un village au sud du Mur. C'est aussi le début de la Sansa-naissance, avec la scène iconique où Sansa, cheveux teints et nouvelle garde-robe, s'allie à Littlefinger par stratégie. Ce dernier prononce un discours prophétique et instantanément culte, tandis que Peter Dinklage livre une de ses meilleures performances lors d'un long monologue de Tyrion sur le caractère absurde de la violence. Un épisode parfait qui allie tous les meilleurs atouts de la série.

6. Baelor / Baelor (S1E9)

On l'a beaucoup dit, mais ça vaut le coup d'être répété: la mort de Ned a complètement bousculé les codes narratifs de la télé. Quand la première saison de Game of Thrones a été diffusée en 2011, tout laissait croire que Ned Stark allait être le héros de l'histoire. Interprété par Sean Bean, l'acteur le plus connu du casting, Ned était le point d'ancrage moral de la série, celui qu'on voulait à tout prix voir gagner et à travers les yeux duquel on découvrait les dynamiques de pouvoir de Westeros.

Impossible alors, pour les gens qui n'avaient pas lu les livres, d'imaginer Game of Thrones sans lui. Et pour ceux qui les avaient lus, l'exécution du patriarche représentait un moment décisif pour juger de la qualité de l'adaptation. La série a relevé le défi avec brio, nous offrant un épisode bouleversant avec une scène finale indélébile et traumatisante. La série avait jusqu'alors si bien établi le sens de l'honneur de Ned que le voir trahir ses idéaux par amour pour ses filles est déjà très poignant. Que ce sacrifice n'ait servi à rien rend sa fin encore plus bouleversante et cruelle.

5. Les Vents de l'hiver / The Winds of Winter (S6E10)

«The Winds of Winter», c'est avant tout la meilleure scène d'ouverture de tout Game of Thrones. La musique de Ramin Djawadi, qui ponctue brillamment la série depuis le premier épisode, est ici au cœur de l'action grâce à un morceau inoubliable qui rythme la destruction du Grand Septuaire de Baelor par Cersei. Chaque mouvement est chronométré à la perfection et la pression monte minute par minute lorsqu'on comprend le drame qui se prépare. En quelques secondes, on voit ainsi disparaître plusieurs personnages majeurs de la série, dont Margaery et Loras Tyrell, alors que Cersei profite du spectacle depuis le Donjon Rouge. Le suicide de Tommen, lorsqu'il comprend ce que sa mère vient de faire, conclut cette scène d'ouverture sur une note encore plus tragique.

Même si l'épisode s'arrêtait là, il ferait déjà partie de notre top 10. Mais «The Winds of Winter» nous offre plusieurs autres scènes inoubliables. Lors d'un échange très émouvant, Daenerys nomme Tyrion «Main de la reine», lui offrant l'estime et la confiance qu'il n'avait jamais reçues de sa propre famille. Arya, quant à elle, nous offre enfin la vengeance des Noces pourpres qu'on attendait depuis trois saisons en égorgeant Walder Frey après lui avoir servi ses fils dans une tourte. Mais surtout, c'est le couronnement de Jon comme Roi du Nord et la confirmation de ce que les fans du livre suspectaient depuis une bonne vingtaine d'années: Jon n'est pas un bâtard mais le fils de Lyanna Stark et Rhaegar Targaryen. L'épisode finit sur Daenerys en route pour Westeros, une image qu'on attendait depuis six saisons.

4. La Bataille des bâtards / Battle of Bastards (S6E9)

La transition de Game of Thrones de ses débuts très littéraires vers le spectaculaire n'a pas toujours eu des effets positifs sur la série. Mais quand ça fonctionne, ça donne la bataille des bâtards. L'épisode s'ouvre à Meereen, où Daenerys affronte les anciens maîtres d'esclaves venus reprendre la ville. Les scènes d'action, aussi bien avec les Dothraki que les dragons, sont impressionnantes et on sent les effets du gros budget de la série. Mais le meilleur est encore à venir, on veut bien entendu parler de l'affrontement entre les armées de Jon et Ramsay qui donne son nom à l'épisode. Certains éléments de l'écriture interpellent, comme l'imprudence de Jon qui néglige soudain tout plan stratégique pour attaquer Ramsay. Mais ils n'enlèvent rien au spectacle époustouflant que nous offre la série dans cette heure hors du commun.

La réalisation exemplaire nous fait sentir, comme jamais dans l'histoire de la télé, aussi bien l'échelle démesurée de la bataille dans ses plans larges que l'horreur des corps qui s'amoncellent dans ses plans serrés. On passe l'épisode le souffle court, suspendu aux moindres faits et gestes d'un Jon héroïque mais dépassé par les événements. Lorsqu'il est piétiné par ses hommes et commence à sombrer dans la foule, on vit avec lui la sensation d'enfermement et de panique. Lorsqu'à la fin, il parvient enfin à s'abattre sur Ramsay, on ressent la même catharsis et le même désir de vengeance. L'épisode se termine avec l'exécution de Ramsay par Sansa, qui le fait dévorer par ses propres chiens. Une scène à la fois sadique et satisfaisante puisqu'elle donne enfin le pouvoir à l'aînée des Stark, et élimine par la même occasion le pire personnage de la série.

3. La Néra / Blackwater (S2E9)

Véritable spectacle pyrotechnique, «Blackwater» est la première vraie bataille de Game of Thrones et le premier épisode à se dérouler entièrement au même endroit (le seul pour l'instant, avec le prochain sur cette liste). Si les scènes d'action sont spectaculaires et pleines de gore (l'épisode a été réalisé par Neil Marshall, auteur de l'excellent film d'horreur The Descent), le scénario, signé George R.R. Martin lui-même, est tout aussi incroyable.

Chaque réplique est une merveille et beaucoup de personnages gagnent en profondeur au cours de ce chapitre sous tension. Il s'agit parfois de brefs moments, sublimés par les excellentes performances d'acteurs, comme le regard terrifié de Sandor Clegane lorsqu'il voit le feu grégeois ravager l'armée de Stannis, ou le visage grave de Tyrion, qui comprend le prix humain que cette victoire lui a coûté. Ce dernier prouve dans cet épisode qu'il est un excellent stratège militaire et livre un discours de guerre magistral, dans lequel Peter Dinklage montre toute l'étendue de son talent. Même Joffrey, d'habitude 100% répugnant, réussit presque à nous attendrir lorsqu'il apprend que sa mère a ordonné qu'il quitte le champ de bataille; on réalise qu'il n'est encore qu'un enfant.

C'est aussi là le meilleur épisode de Lena Headey, qui nous livre une Cersei bourrée et beaucoup moins sur ses gardes –bien que toujours aussi cruelle. Réfugiée dans une cave du palais avec Sansa et ses servantes, Cersei enchaîne les verres de vin et entre deux piques à Sansa, dévoile aussi tout l'amour qu'elle a pour ses enfants et toute la haine qu'elle a pour le patriarcat. C'est une Cersei qu'on n'a jamais vue auparavant dans la série, c'est absolument jouissif.

2. Les Veilleurs au rempart / The Watchers on the Wall (S4E9)

En sept saisons, Game of Thrones nous a offert de nombreuses batailles, plus spectaculaires les unes que les autres. Mais aucune n'est aussi tragique et aussi émouvante que celle de «The Watchers on the Wall». Cet épisode arrive juste après la mort d'Oberyn, et ne nous laisse absolument aucun répit, se déroulant entièrement lors de la bataille de Castle Black. Celle-ci oppose la Garde de nuit et les Sauvageons, mais en réalité, tout l'épisode tourne principalement autour de Jon et Ygritte, le plus beau couple maudit de la série. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'épisode s'ouvre sur une conversation entre Jon et Sam sur le sexe, l'amour, et Ygritte. Alors forcément, Game of Thrones fait ce qu'elle sait faire de mieux (ou de pire): monter tout un épisode autour de leurs retrouvailles, avant de les séparer de la manière la plus cruelle qui soit. Quelques instants après l'avoir revu, Ygritte meurt dans les bras de Jon, tuée d'une flèche dans le dos par Olly, lors d'une des scènes les plus déchirantes (et sublimes) de toute la série.

Car techniquement, c'est aussi cet épisode qui a confirmé Game of Thrones comme une série qui pouvait aussi bien manier l'écriture télévisuelle que l'écriture cinématographique: le plan-séquence qui suit Jon pendant qu'il se bat dans l'enceinte de Castle Black est l'une des plus grandes prouesses visuelles d'une série qui en compte désormais beaucoup. Et entre les géants, les excellents moments de gore et la faux géante qui rase le Mur, on en prend plein la vue. Mais dans les moments plus discrets, on retiendra aussi la scène terriblement émouvante où Grenn et cinq autres frères de la Garde de nuit défendent le tunnel contre un géant et se mettent à réciter le serment de l'ordre, sachant qu'ils vont y laisser leur vie. Derrière le grand spectacle, cet épisode n'oublie jamais les enjeux émotionnels et c'est ce qui en fait un des plus beaux de toute la série.

1. Les Pluies de Castamere / The Rains of Castamere (S3E9)

Franchement, on aurait bien aimé être originales et ne pas mettre l'épisode des Noces Pourpres en première place, mais on du mal à nier sa suprématie. «The Rains of Castamere» est l'épisode qui a changé la donne pour Game of Thrones, confirmant son statut de série culte. C'était le moment le plus attendu par toute personne ayant lu le livre et celui qui a le plus marqué les fans de la série. Si les créateurs eux-mêmes considèrent cet épisode comme le point d'orgue de la trame narrative de Game of Thrones, c'est parce qu'il informe toute l'histoire qui va suivre et qu'il représente l'essence de la série aux yeux des fans: cruelle, choquante et tragique. Même la mort de Ned ne nous avait pas préparés à un tel déchirement et une telle trahison.

L'épisode bouscule encore une fois tous les codes narratifs de la télé en tuant un autre personnage que l'on percevait comme le héros, et qui n'aura finalement même pas l'honneur de mourir sur le champ de bataille. La scène du massacre des Stark n'est pas seulement stupéfiante et choquante, elle est aussi parfaitement écrite, réalisée et interprétée. Comment oublier le «Mother!» soufflé par un Robb mourant, ou le cri de détresse de Catelyn à la fin de l'épisode?

Mais ce qui fait de «The Rains of Castamere» le meilleur épisode de Game of Thrones, c'est que toutes les scènes qui précèdent le massacre sont aussi excellentes et participent d'autant plus à la tragédie finale. L'impatience d'Arya à l'idée d'enfin retrouver Catelyn et Robb, la réunion manquée entre Jon, Bran et Rickon, et la séparation et les adieux des deux benjamins Stark rendent la conclusion de l'épisode d'autant plus poignante et cruelle. Un grand moment de pop culture, qui aura rassemblé des millions de fans dans le chagrin et le choc, et changé à tout jamais l'histoire de la télévision.

Anaïs Bordages Journaliste

Marie Telling Journaliste

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