Égalités / Monde

Des collégiennes américaines attaquent leur école pour pouvoir porter des pantalons

Temps de lecture : 2 min

Obligées de mettre une jupe chaque jour de l'année, les élèves dénoncent un règlement sexiste.

Impossible pour les filles de Charter Day de s'asseoir en tailleur ou de faire des roues à la récréation. | Wokandapix via Pixabay
Impossible pour les filles de Charter Day de s'asseoir en tailleur ou de faire des roues à la récréation. | Wokandapix via Pixabay

Les règlements vestimentaires scolaires, en France comme ailleurs, sont depuis quelques années régulièrement dénoncés pour leur sexisme. En Caroline du Nord, aux États-Unis, l'école Charter Day accueille des élèves de la maternelle à la cinquième. L'établissement est depuis plusieurs années au cœur d'une bataille juridique, dont le verdict vient d'être rendu public, concernant l'interdiction pour les filles de porter des pantalons.

C'est en 2016, que Keely Burks, élève de cinquième, lance une pétition pour demander aux responsables pédagogiques de revoir le règlement vestimentaire de l'établissement. Obligées de porter des jupes chaque jour de l'année, le trousseau de leur uniforme ne comprenant aucun pantalon, les filles récoltaient à longueur de journée des remarques désobligeantes, non seulement des garçons, mais également du corps enseignant. Impossible pour elles de s'asseoir en tailleur ou de faire des roues à la récréation, contrairement aux garçons.

D'après Keely Burks, sa pétition a récolté plus de cent signatures avant d'être confisquée par un professeur, sans aucune raison. Médiatisant l'affaire sur les réseaux sociaux, les élèves signataires obtiennent alors le soutien de l'antenne de Caroline du Nord de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui attaque l'école en justice, dénonçant une politique illégale et discriminant envers les filles.

Des codes vestimentaires qui sexualisent les jeunes filles

Pour l'école, l'uniforme permet de perpétuer des «valeurs traditionnelles et d'établir un environnement où les jeunes hommes et les jeunes femmes se traitent avec un respect mutuel.»

Une énième manière de sexualiser le corps des jeunes filles et de faire peser sur elle des discriminations flagrantes. Dans son verdict, Malcolm Howard, le juge qui est chargé du dossier a dénoncé: «Les plaignants ont démontré que les filles sont sujettes à des restrictions vestimentaires qui les empêchent de jouer librement durant la récréation, impliquent qu'elles surveillent constamment leur posture, au point de les distraire des enseignements prodigués en cours, et les soumettent au froid, ou au port inconfortable de plusieurs couches de collants lors des mois d'hiver. La défense n'a fourni aucune preuve qu'un tel fardeau existe pour les garçons», établit-il dans son jugement qui condammne l'établissement à réviser son règlement.

En France, si les codes vestimetaires ne sont pas tous aussi autoritaires, de nombreux établissements interdisent aux jeunes filles les shorts, les jupes jugées trop courtes ou les débardeurs à fines bretelles.

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