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Aux États-Unis, les condamnés à mort n'ont pas droit à une exécution sans douleur

Temps de lecture : 2 min

La Cour suprême américaine n'a pas autorisé un condamné souffrant d'une pathologie rare à être exécuté avec une méthode qui aurait été moins douloureuse pour lui.

Salle d'exécution de la prison de San Quentin en Californie. | AFP Photto / California department of corrections
Salle d'exécution de la prison de San Quentin en Californie. | AFP Photto / California department of corrections

Condamné à mort pour meurtre et viol il y a vingt-trois ans, Russel Bucklew a demandé à ce que son exécution ne se fasse pas par injection létale, dans la mesure où il souffre d'une pathologie qui rendrait son décès particulièrement douloureux.

Bucklew a en effet des tumeurs vasculaires sur le visage, le cou et la gorge et selon l'expertise médicale présentée par ses avocats, une injection risquerait de les faire éclater et il pourrait mourir étouffé par son propre sang. Le condamné avait donc tenté d'obtenir une exécution par inhalation forcée d'azote.

La Cour suprême américaine a refusé sa requête, avec une majorité de cinq juges conservateurs contre quatre. Bien que le huitième amendement de la Constitution des États-Unis interdise les peines «cruelles et inhabituelles», le juge Neil Gorsuch, nommé par Donald Trump, a écrit dans sa décision que la Constitution «ne garantissait pas une mort sans douleur» pour les condamnés.

Dans un texte rédigé par le juge Stephen Breyer, les quatre autres juges de la Cour suprême ont rétorqué que dans ce contexte, le condamné pourrait endurer une punition «atroce et grotesque». «Exécuter Bucklew en le forçant à [...] s'étouffer avec son propre sang est en dehors des limites des normes civilisées», a écrit le juge.

La requête de Buckley avait été soutenue par un groupe d'anciens employés de prison, y compris ceux qui s'occupent des exécutions. Dans une lettre à la Cour, ils avaient écrit: «De telles exécutions ne servent pas les intérêts de l'État ou de la justice. Elles rendent les fonctionnaires complices de barbarie.»

Mais pour la majorité des juges conservateurs, cette exécution est légale car l'État n'ajoute pas intentionnellement de souffrance supplémentaire. Neil Gorsuch écrit aussi que la requête du condamné aurait dû être faite avant et qu'elle ne sert maintenant qu'à tenter de retarder l'exécution.

Ce à quoi la juge Sonia Sotomayor a répondu: «Il y a des valeurs plus essentielles que le fait d'assurer que les exécutions se fassent à temps. Si la façon dont la peine de mort est mise en oeuvre viole la Constitution, c'est une tache indélébile.»

Slate.fr

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