Médias

À la télé américaine, l’Afrique n’existe (presque) pas

Temps de lecture : 2 min

Le continent y est sept fois moins mentionné que l’Europe.

80% des personnages africains sont des rôles mineurs  | Harshil Gudka via Unsplash CC License by
80% des personnages africains sont des rôles mineurs | Harshil Gudka via Unsplash CC License by

Le quatrième pays africain le plus cité à la télévision américaine n’existe pas. En première position se trouve l’Égypte, suivie de l’Afrique du Sud, du Kenya et enfin du Wakanda, un pays fictionnel créé par Marvel, sur lequel règne l’un de ses héros les plus populaires, Black Panther.

Ce classement est le résultat d’une étude effectuée par l’Université de Californie du Sud (USC), qui a analysé 700.000 heures de télévision américaine sur tout le mois de mars 2018, des informations aux jeux télévisés, en passant par la pub et les séries. Leur conclusion: l’Afrique est quasiment invisible pour les téléspectateurs.

Sur la période, les scientifiques ont comptabilisé 134.000 mentions de l’Afrique ou d’un pays africain. Comparativement, le continent et les pays européens ont été cités sept fois plus. Dans 44% des occurences propres aux fictions télévisuelles, l’«Afrique» est mentionnée sans référence à un pays en particulier

Pendant le mois entier, seuls 25 arcs narratifs des films tournaient autour de l’Afrique. Parmi eux, seul 13% contenaient un personnage africain. Dans 80% des cas, c’est un petit rôle, et dans 46%, le personnage prononce dix mots ou moins.

Image négative

En plus de cette non-représentation, l’Afrique est souvent dépeinte de manière négative. Sur les 25 arcs évoqués plus haut, 14 sont centrés sur le crime, la plupart du temps dans des séries policières.

En tout, les chercheurs ont compilé trente-deux sujets pour lesquels l’Afrique est abordée. Seuls trois d’entre eux ont été considérés comme éclairés sous un angle plus positif que négatif: l’histoire, la musique, et le sport.

Selon les conclusions de l’étude, cette sous-représentation peut avoir des conséquences sur la diaspora africaine, surtout sur les deuxièmes ou troisièmes générations: «Celles et ceux qui n’ont jamais vécu sur le continent risquent de simplement couper les ponts avec leurs origines».

D’autant que l’industrie du divertissement américaine joue sur un marché quasi-monopolistique: «Il est virtuellement impossible de lui échapper. Même si les Africains s s’emparent aujourd’hui des réseaux sociaux […] pour raconter des histoires nuancées et authentiques, il faudra énormément de temps avant qu’elles puissent concurrencer le récit qui est fait de leur continent par les médias américains».

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