Politique / Monde

Après avoir joué le président à la télé, un acteur ukrainien domine les sondages

Temps de lecture : 2 min

Volodymyr Zelenski va probablement arriver en tête du premier tour de l'élection présidentielle ce soir.

Volodymyr Zelensky sur le tournage de Servant of the people en mars 2019 | Sergei Supinsky / AFP
Volodymyr Zelensky sur le tournage de Servant of the people en mars 2019 | Sergei Supinsky / AFP

L’Ukraine est en ce moment même le théâtre d'une campagne présidentielle qui compte son lot de bizarreries. Parmi la quarantaine de candidats et de candidates, deux ont exactement le même nom. Un autre enregistre pendant sa campagne une émission de télé-réalité du genre du Bachelor, où il tente de «trouver sa première dame».

Mais le plus surprenant est sûrement Volodymyr Zelensky, un acteur de 41 ans qui s’est rendu célèbre pour son rôle dans la série Servant of the people, une comédie où il incarne un professeur qui, après être filmé à son insu pendant une diatribe anti-corruption, devient président d’Ukraine.

Et puisque la vie imite souvent l’art, Zelensky est, à la veille du premier tour, en tête des sondages. Le président actuel, Petro Porochenko tente de se faire réélire mais son bilan très mitigé sur la corruption ne le place qu’en troisième position des sondages, à 16,4%. Non loin de lui, à 16,6% la seconde est Ioulia Timochenko, une ancienne première ministre.

Zelensky, lui, caracole loin devant, à 27,7%. Contrairement à Donald Trump qui, à mesure que sa candidature devenait de plus en plus prise au sérieux, tentait tant bien que mal de proposer un réel programme, le comédien assume totalement l’absurdité de la situation.

Coquille vide ou marionette?

Son parti politique est par exemple nommé Servant of the people, comme son émission, mais surtout, comme l’explique un diplomate cité par le Monde, il n’a pas «prononcé une seule parole politique» de toute sa campagne. Il n’a jamais débattu avec les autres candidats, n’a pas de réel programme à part des idées génériques comme «lutter pour la paix» ou «vaincre la corruption» et se contente de faire des blagues pendant ses meetings.

Ses détracteurs l’accusent toutefois d’être plus une marionnette qu’une coquille vide. Car la chaine sur laquelle est diffusée sa série est la propriété de Ihor Kolomoïsky, un milliardaire ukrainien. L'homme a une revanche à prendre sur le pouvoir actuel, après la nationalisation, en 2016, de la Privat Bank, la plus grande banque du pays, dont il était actionnaire majoritaire. La chaine à décidé de diffuser la troisième saison de Servant of the people, pile pour le premier tour.

L’Atlantic Council, un important think tank géopolitique tente de rassurer: «Ceux qui disent voter pour Zelensky ne votent pas pour lui, mais contre le status quo. C’est un vote de protestation classique. […] Au second tour, lorsque les votes auront vraiment de l’importance, les électeurs réévalueront leur soutien à Zelensky».

Une rhétorique qui rappelle tout de même fortement celle rabâchée en 2016 pendant toute la campagne de Donald Trump. Et qui s’est avéré plus tenir de la méthode Coué que de l’analyse politique.

Barthélemy Dont

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