Médias

Ces fans de films d'horreur trop peureux pour les regarder

Temps de lecture : 2 min

Certains préfèrent lire leurs résumés Wikipédia qu’aller directement les voir.

L'auteur de cet article devant Us cette semaine | Caleb Woods / AFP
L'auteur de cet article devant Us cette semaine | Caleb Woods / AFP

Pour les fans de sensations fortes sur grand écran, c’est sans doute difficile à comprendre, mais un nombre non-négligeable de personnes (l'auteur de cet article compris) aiment lire les pages Wikipedia consacrées aux films d’horreurs, mais sans regarder les films en question. Une passion partagée: de nombreux articles recensent les meilleures pages qui résument en détail les atrocités commises par monstres et tueurs imaginaires.

Le site The Cut a donc tenté de comprendre ce qui amène certains spectateurs et spectatrices à préfèrer lire les résumés des films plutôt que de les regarder. Pour cela, la journaliste Gabriella Paiella a interviewé Margee Kerr, une sociologue et autrice spécialisée dans la peur.

Elle explique que les films d’horreur servent en général de boost de confiance: «En regardant ce genre de films, on se rapproche de la sensation de danger sans être jamais réellement menacé. On y gagne un sentiment de contrôle, […] de maitrise d’une situation que l’on espère ne jamais vivre».

Les personnes qui n’aiment pas les films d’horreur, quant à elles, sont souvent sensibles au stress et ont un plus grand besoin de contrôle. Mais cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas envie du plaisir que procure l’horreur. D’autre ont simplement envie de rester à la page, à l’heure où l’horreur est de plus en plus mainstream et dispose d’une place importante dans la production culturelle.

Pas de place pour l’imagination

Pour ceux-là, lire l’horreur permet de flirter avec cette sensation de danger gratifiante, mais dans un contexte où l’on a encore plus de contrôle que dans une salle de cinéma, puisqu’on peut arrêter la lecture quand on le souhaite.

Et c’est là que Wikipédia intervient. Un roman d’horreur, par exemple, n’est pas nécessairement moins terrifiant qu’un film, bien au contraire. Son récit est spécialement pensé pour faire frissonner, il doit savoir quand dire et quand suggérer.

Or, Wikipédia est une encyclopédie, et la prose des contributeurs et contributrices s’en ressent. Pas de fioritures, ni d’effets de style. On raconte au présent et dans les détails. Par nature, une page Wikipédia doit décrire avec efficacité et précision. Elle ne laisse pas de place à l’imagination. On peut donc jouer à se faire peur sans jamais perdre le contrôle.

Wikipédia n'est d'ailleurs pas le seul moyen de réduire de s'informer sans risque sur l'horreur. Le site Where’s the jump? par exempe a disséqué plus de cinq cents films afin de recenser toutes leurs jumpscares, (les moments qui font sursauter), de les mettre en contexte, d’indiquer leur timecode et leur intensité.

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

Il fournit aussi un classement selon l’intensité et la fréquence des jumpscare et même des fichiers de sous-titres qui préviennent des sursauts à l’avance. Il est ainsi possible d’apprécier son film sans se soucier des tueurs dans les placards et des portes qui claquent.

Newsletters

«American Barbecue: Le grand défi», un condensé de folklore américain garanti 100% matière grasse

«American Barbecue: Le grand défi», un condensé de folklore américain garanti 100% matière grasse

Cette semaine, on pleure des larmes de cholestérol.

«Bye Bye Belgium»: le jour où la télé belge a annoncé la fin du pays en direct

«Bye Bye Belgium»: le jour où la télé belge a annoncé la fin du pays en direct

Il y a quinze ans, le journaliste et réalisateur Philippe Dutilleul (ancien de «Strip-Tease») a monté de toutes pièces une fausse émission pour réveiller les Belges.

Faux pass sanitaires, «Koh-Lanta»: pourquoi les gens trichent-ils?

Faux pass sanitaires, «Koh-Lanta»: pourquoi les gens trichent-ils?

Un cadre négatif et un sentiment d'épuisement poussent les individus à commettre plus facilement des actes frauduleux.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio