Société / Monde

À San Francisco, des riverains réunissent 70.000 dollars pour faire fuir les SDF

Temps de lecture : 2 min

Mais leurs voisins ne comptent pas les laisser faire.

Un sans-abri dans les rues de San Fransisco en juin 2016 | Josh Edelson / AFP
Un sans-abri dans les rues de San Fransisco en juin 2016 | Josh Edelson / AFP

San Francisco a bien changé. Ville bohème qui accueillait les artistes et les vagabonds de la côte ouest, son visage s’est transformé après le boom technologique et le développement de la Silicon Valley.

Hôte de l’industrie la plus florissante du pays, l’habitant type est désormais un ingénieur qualifié qui travaille chez Apple ou Facebook. Et avec lui est arrivée une explosion des prix des loyers, qui a causé une crise du logement sans précédent, jetant des milliers de personnes dans la rue.

Pour y remédier, la ville fait son possible pour bâtir des abris et a promis de rendre disponibles 1.000 lits supplémentaires. Un refuge qui abritera deux cents d’entre eux devrait bientôt être construit dans le quartier de l’Embarcadero, sous le pont qui mène à Oakland.

Seulement, ce quartier est l’un des plus en vue de la ville. Il abrite villas et lofts à plusieurs millions d’euros. Les riches riverains et riveraines ont mis en place une cagnotte sur le site gofundme, qui a rapidement atteint les 70.000 euros. Cet argent ne servira pas à financer la construction du foyer mais à attaquer la ville en justice.

La somme est destinée à payer Andrew Zack, un avocat spécialisé dans l’immobilier et plus particulièrement dans la défense des propriétaires. Un homme sympathique puisqu’en 2017, il avait déjà défendu un propriétaire qui avait triplé ses loyers, les passant de 1.900 à 7.600 dollars.

Colère de la maire

Cette campagne a provoqué la colère de la maire de la ville, London Breed. Au San Francisco Chronicle, elle déclare: «Les habitants veulent que l’on règle les problèmes dans nos rues, (…) mais c’est très frustrant et très decevant qu’à chaque fois que l’on tente de construire un foyer, on nous menace de nous attaquer en justice».

D’autres habitants et habitantes ont quant à eux décidé de les prendre à leur propre jeu. Voyant la somme amassée par ses voisins peu accueillants, William Fitzgerald a lancé lui aussi un gofundme, destiné à aider la Homelessness Foundation à sauver le projet de foyer.

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

Cette cagnotte est très populaire et a attiré des grands noms de la Silicon Valley, dont le PDG de gofundme, qui a versé 5.000 dollars. Résultat, la somme récoltée, est à l’heure de la rédaction de cet article, de plus de 92.000 dollars. En une journée.

Newsletters

Affaire Damien Abad: plus glauque, tu meurs

Affaire Damien Abad: plus glauque, tu meurs

[BLOG You Will Never Hate Alone] Dans cet embrouillamini au milieu de querelles de pouvoir, on a quelque mal à s'y retrouver.

Le commerce équitable: un levier de résilience et d’adaptation aux effets du changement climatique

Le commerce équitable: un levier de résilience et d’adaptation aux effets du changement climatique

Les producteurs des pays en voie de développement sont les premiers touchés par les conséquences du réchauffement climatique. Ils se trouvent souvent en première ligne face à aux cyclones, aux ouragans, aux épisodes de sécheresse ou aux inondations qui réduisent le volume des récoltes et vont parfois jusqu’à les décimer. L’ONG Max Havelaar met tout en œuvre pour que les producteurs et productrices soient plus fort.e.s et résilient.e.s face aux aléas climatiques et leurs conséquences, mais aussi pour les accompagner dans la réduction de leur impact sur l'environnement.

Pour Libusha Reich Breder, l'après-Auschwitz était «encore pire»

Pour Libusha Reich Breder, l'après-Auschwitz était «encore pire»

Cette survivante qui figurait parmi les 999 premières déportées d'Auschwitz voulait «vivre 120 ans pour en parler le plus longtemps possible».

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio