Société / Économie

Abandonner le projet minier de la Montagne d'or en Guyane serait une bêtise

Temps de lecture : 14 min

Pascal Canfin, ex-directeur général du WWF et numéro deux sur la liste LREM pour les européennes, l'a répété: «Le projet minier de la Montagne d'or ne doit pas se faire.» Voilà pourquoi il se trompe.

Vue aérienne du site de forage prévu pour le projet de la Montagne d'or, le 3 mai 2017 en Guyane | Jody Amiet / AFP
Vue aérienne du site de forage prévu pour le projet de la Montagne d'or, le 3 mai 2017 en Guyane | Jody Amiet / AFP

A priori, le projet de mine de la Montagne d'or, qui serait la première d'une telle importance en Guyane, a tout contre lui: son gigantisme (une tranchée de 2,5 km de long sur 400 mètres de large et de 120 mètres de profondeur en moyenne), les méthodes employées (la cyanuration) et l'actionnariat de la compagnie qui le porte (le canadien Colombus Gold avec 44,99% et surtout, avec 55,01%, Norgold, société détenue à plus de 90% par le milliardaire russe Alexeï Mordachov).

Quand on le découvre, on se pose forcément la question: n'est-on pas là en présence du cas type de conflit entre l'écologie et la croissance économique?

L'opposition est active, sur place comme en métropole, et l'on ne peut exclure que le projet connaisse le même sort que celui de la montagne de Kaw en 2008, rejeté par Nicolas Sarkozy. C'est en tout cas ce que réclament pratiquement l'ensemble des écologistes et une partie de la population guyanaise, très divisée sur le sujet.

Le débat public organisé dans la région entre mars et juillet 2018 a été vif, souvent violent. Beaucoup de participantes et participants y sont venus pour exprimer leur hostilité, et non pour en apprendre plus sur le projet, les techniques mises en œuvre et les retombées économiques.

Pour ces personnes, constatent les rapporteurs du débat, le dialogue était inutile, «puisqu’[elles] ne voulaient de ce projet à aucun prix et que toute discussion sur des aspects particuliers pouvait être interprétée comme l’amorce d’une démarche de négociation».

Cette violence ne doit pas surprendre. Ses racines sont profondes et, en ce domaine, on sort très vite de la rationalité. Dans cette région, la question de l'or est rarement évoquée de façon sereine.

Un cadre renouvelé et plus civilisé

Christiane Taubira, à qui Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait commandé en 2000 un rapport sur l'exploitation de l'or en Guyane et «sur les moyens de rendre cette exploitation plus conforme aux intérêts du département et de sa population», avait eu la franchise de déclarer d'entrée de jeu: «Je ne suis pas favorable à l’activité aurifère», car, justifiait-elle, le métal précieux «résonne dans mon imaginaire, ma culture et mon savoir, de paysages dévastés, de pauvres hères épuisés, de femmes monétisées, de financiers replets et repus, de proxénètes impunis, de villages dévergondés, de relations humaines ravagées par la ruse, la défiance, la violence, et enfin, de territoires en haillons, abandonnés dans un silence maussade».

Cette description excessive, comme elle le reconnaissait elle-même, ne l'avait pas empêchée de rendre un rapport d'une tonalité certes assez négative, mais d'une très grande honnêteté intellectuelle sur les questions juridiques, économiques et environnementales posées par la recherche et la production de l'or.

Beaucoup de celles et ceux qui s'opposent aujourd'hui au projet de la Montagne d'or ont les mêmes préjugés négatifs, mais refusent de fournir l'effort d'objectivité que Christiane Taubira s'était imposé.

«Si l'on veut avoir accès à de nouvelles ressources, il faut avoir bien fait les choses précédemment sur les gisements que l'on a exploités.»

Pierre Paris, président de la société de la Montagne d'or

Et pourtant, depuis lors, beaucoup de choses ont changé. Il existe certes un point sur lequel le tableau peint par Christiane Taubira est toujours aussi sombre: celui de l'orpaillage illégal, fléau de toutes les régions aurifères qui n'épargne pas la Guyane. Mais l'exploitation légale du minerai se fait désormais dans un cadre que l'on pourrait qualifier de plus civilisé.

Pierre Paris, président de la société de la Montagne d'or, insiste avec force sur ce point à chacune de ses interventions: «La mine a évolué, elle est devenue plus responsable, plus respectueuse de l'environnement et des populations locales.» Les compagnies minières, explique-t-il, n'ont en fait pas le choix: sur un même site, l'or existe en quantités limitées, finies, et «si l'on veut avoir accès à de nouvelles ressources, il faut avoir bien fait les choses précédemment sur les gisements que l'on a exploités».

Il est vrai que la situation a évolué dans le bon sens. On observe notamment que la Banque mondiale a, au cours des dernières décennies, veillé à ce que l'exploitation minière se fasse dans un cadre profondément rénové, pour faire en sorte que «les retombées profitent à tous et soient pérennes».

Dans cet esprit, lorsqu'il avait rejeté le projet de la montagne de Kaw en 2008, Nicolas Sarkozy avait émis le souhait qu'un «schéma départemental d'orientation minière et d'aménagement soit réalisé dans les plus brefs délais». Ce schéma a été adopté en 2011; il établit un partage de la Guyane en quatre types de zones, allant de zéro (aucune activité minière autorisée) à trois (activité autorisée selon les règles de droit commun).

Le site de la Montagne d'or se situe dans une zone de type deux, où l'activité minière est autorisée mais soumise à conditions. Et c'est là qu'il faut commencer à vérifier les informations données: lorsque les opposants dénoncent un projet qui effectivement se situe entre deux zones naturelles protégées, ils oublient toujours de préciser qu'il est en parfaite conformité avec les règles prévues par le Schéma départemental d'orientation minière (SDOM).

Des accusations compréhensibles mais infondées

Ce n'est que le début d'une longue liste d'accusations, établie notamment par le WWF. Auparavant, cette organisation avait semblé vouloir travailler en bonne intelligence avec les entreprises minières, avec un ennemi commun: l'orpaillage illégal, qui par définition ne respecte aucune loi sociale ou environnementale.

En février 2016, le WWF avait publié un communiqué dans lequel il manifestait son enthousiasme pour les travaux du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) qui allaient permettre de distinguer l’or produit illégalement de celui issu des mines déclarées. Dans ce document, le WWF saluait au passage les activités minières officielles, qui «sont encadrées et tentent de maîtriser leurs impacts environnementaux».

Et puis, avec le projet de la Montagne d'or, c'est l'industrie minière qui est devenue la cible principale.

Ce revirement peut se comprendre: avec ce projet, l'activité minière aurifère change de dimension en Guyane et les organisations de protection de l'environnement ne pouvaient l'ignorer; elles devaient aller regarder de très près ce qui était prévu et, au besoin, tirer la sonnette d'alarme.

Si une organisation sérieuse et respectée comme le WWF ne l'avait pas fait, on aurait pu se poser des questions sur son silence. Mais quand on regarde le dossier à charge qu'il a monté contre la Montagne d'or, on est un peu surpris: pourquoi tant de haine et, surtout, pourquoi autant d'arguments aussi contestables? Cela ne ressemble pas au WWF.

Selon l'organisation, tout serait à rejeter dans le projet: il ne créerait pas d'emplois, il coûterait cher à la collectivité, il ne rapporterait rien, et en plus il serait inutile. En résumé, non seulement ce serait dangereux pour l'environnemment, mais ce serait idiot.

Quand on découvre ces arguments, on ne peut s'empêcher de sourire. D'habitude, il est reproché aux entreprises privées se lançant dans de grands travaux ayant un impact écologique fort de n'avoir qu'un seul objectif: faire du fric, quel qu'en soit le coût social ou environnemental. Ici, au contraire, on s'inquiète: le projet pourrait n'être pas assez rentable, voire perdant!

On l'aura compris, cette sollicitude envers Alexeï Mordachov n'est pas franchement fraternelle: il s'agit en fait de montrer que si l'entreprise ne rapportera rien aux actionnaires, elle ne rapportera rien non plus à la collectivité. Pourtant, avouons-le, nous avons tendance à penser que les actionnaires de la Montagne d'or ne se donneraient pas tant de mal pour lancer ce projet s'il n'y avait pas là quelques perspectives de profit!

«À notre degré de connaissance du projet, rien ne semble témoigner d’un risque excessif par rapport aux bénéfices attendus.»

Philippe Chalmin et Yves Jégourel, économistes et auteurs d'une analyse socio-économique du projet

À propos de l'argent public «englouti» dans l'affaire, le sénateur de Guyane Georges Patient rappelle dans une contribution au débat public qu'il ne s'agit pas d'une subvention mais d'un crédit d'impôt, soit une somme à déduire de l'impôt dû par l'entreprise, et que ce n’est que l’application des lois et règles valables pour toutes les entreprises investissant en Guyane.

La polémique sur le nombre d'emplois annoncés paraît également inutile: le nombre d'emplois directs (200 pendant la phase de construction et 750 pendant la phase d'exploitation) peut être connu de façon assez précise pour un tel projet. Le nombre d'emplois indirects et induits (3.000 annoncés) semble quant à lui en ligne avec ce qui est constaté sur des projets équivalents –et il ne représente qu'une évaluation, pas une promesse.

Philippe Chalmin et Yves Jégourel, deux économistes du cercle Cyclope mandatés par la collectivité territoriale de Guyane pour faire une analyse socio-économique du projet, concluent sans ambiguïté: «À notre degré de connaissance du projet, rien ne semble témoigner d’un risque excessif par rapport aux bénéfices attendus.»

La mauvaise piste du recyclage

Mais le WWF va plus loin. La rentabilité du projet et son impact sur l'économie lui importent finalement peu; ce qu'il dénonce, c'est le projet en lui-même: «Il est urgent de sortir de l’économie linéaire du passé, fondée sur le quadriptyque extraire-fabriquer-consommer-jeter et de s’ouvrir vers l’économie du XXIe siècle, circulaire, fonctionnelle et durable. [...] La Montagne d’or propose d’exploser un flanc de montagne pour obtenir 1,6 gramme d’or par tonne de minerai, alors qu’il suffit de recycler des téléphones pour obtenir 200 grammes d’or par tonne de cartes électroniques recyclées.» Cet argument-là mérite d'être étudié plus attentivement.

Que nous dit le WWF? Qu'il ne faut plus ouvrir de nouvelles mines d'or, qu'il «suffit» de recycler l'or déjà extrait et utilisé. L'idée est intéressante: il est vrai que ces grandes mines à ciel ouvert sont une horreur, qu'elles détruisent des paysages et qu'elles nécessitent l'usage de beaucoup d'énergie et de produits chimiques. Quelles que soient les précautions prises, elles ne sont pas neutres pour l'environnement.

La production d'or recyclé s'est élevée à 1.172,6 tonnes en 2018, face à une demande qui a dépassé les 3.345 tonnes.

Incontestablement, l'économie circulaire doit être encouragée, même si elle n'est pas non plus sans impact sur l'environnement: pour recycler le métal, il faut créer des usines, y faire parvenir les produits que l'on veut traiter et ce traitement est lui-même consommateur d'énergie et de produits chimiques. Mais l'économie circulaire ne peut satisfaire les besoins qu'à deux conditions: que la population mondiale comme les besoins en métaux n'augmentent pas. Sinon, il faut remettre du métal neuf dans le circuit.

Or –et le WWF le sait puisqu'il dispose des chiffres mondiaux de production et de consommation de métal précieux– avec le recyclage, on est pour l'instant loin du compte: selon les statistiques de l'association mondiale des producteurs, le World Gold Council, la production d'or recyclé s'est élevée à 1.172,6 tonnes en 2018, face à une demande qui a dépassé les 3.345 tonnes. Et encore faudrait-il rappeler que pour l'essentiel, cet or recyclé provient de la fonte de bijoux, plus aisée que la récupération de l'or contenu dans les appareils électroniques. Pour satisfaire toute la demande, il a fallu une production minière de 3.346,9 tonnes.

Le WWF ne l'ignore pas, il le dit: l'or, cette «relique barbare», a un statut très particulier; il n'est qu'en faible partie utilisé pour des applications technologiques, l'essentiel va vers la joaillerie et la finance. L'an dernier, 651,5 tonnes ont été acquises par les banques centrales, 1.159,1 tonnes ont été achetées sous diverses formes par des investisseurs, 2.200 tonnes sont allées à la joaillerie et seulement 334,6 tonnes vers le secteur de la technologie, y compris les usages dentaires.

Prétendre que l'industrie minière appartient au passé et que l'économie circulaire pourrait répondre aux besoins est une supercherie intellectuelle.

Une réalité à regarder en face

On peut certes reprocher aux producteurs d'or regroupés au sein du World Gold Council de ne pas se contenter de répondre à la demande, mais au contraire de la stimuler –ce sont effectivement des pousse-au-crime.

On peut déplorer qu'il n'ait pas encore été possible de bâtir un système monétaire international suffisammment fiable pour que les banques centrales n'aient plus besoin d'accumuler de l'or dans leurs coffres.

On peut regretter que la Chine, l'Inde et d'une façon générale les pays émergents, qui regroupés représentent 70% de la demande mondiale, soient très attachés au métal précieux par tradition culturelle et méfiance envers les institutions financières.

Cette réalité-là n'est peut-être pas celle que nous souhaiterions, mais il paraît préférable d'essayer d'y faire face que de l'ignorer. Quoi que nous en pensions, la production d'or ne va pas cesser.

Évidemment, ce n'est pas une raison suffisante pour accepter n'importe quel projet. Mais celui de la Montagne d'or est-il si déraisonnable? Quand on lui en reproche la dimension, Pierre Paris sourit: «Savez-vous que notre gisement est classé au 165e rang mondial? Et qu'aujourd'hui, parce qu'on le revoit un peu à la baisse, il est plutôt au 185e rang? Nous sommes sur un projet minier de taille moyenne.»

À l'Assemblée nationale, le 7 février 2019, Gabriel Serville, député de Guyane farouchement opposé au projet, reprenait l'argument selon lequel la surface de la mine représenterait l'équivalent de trente-deux Stades de France. Ce à quoi le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy a répondu: «Depuis les dix dernières années, 27.122 hectares ont été déforestés suite à l’activité d’orpaillage, avec ses techniques actuelles. En unités de terrains de foot, monsieur Serville, cela correspond à 37.300.»

Mais la technique de la cyanuration ne pose-t-elle pas un problème? Ne serait-il pas posssible de travailler autrement? Selon Gabriel Serville, il existerait une douzaine d'alternatives. Ce serait beau si cela était vrai, mais cette affirmation semble un peu prématurée.

«Aucun procédé n’a atteint le niveau de maturité ni la robustesse des procédés au cyanure.»

Rapport du Bureau de recherches géologiques et minières

Le BRGM a travaillé sur cette question de l'utilisation du cyanure en Guyane. Ses conclusions sont claires. Premier constat: la technique d’extraction de l’or par cyanuration est la plus utilisée à travers le monde. Deuxièmement: ce traitement n'est pas anodin et plusieurs accidents (problème des boues chargées en produits dangereux derrière des digues, en cas de fuite ou de rupture) ont conduit les autorités à faire évoluer les pratiques. Troisièmement: «Aujourd’hui, l’évolution des bonnes pratiques se focalise sur la réduction de la consommation de cyanure et l’optimisation du recyclage et sa destruction avant stockage dans les parcs à résidus.» C'est cette dernière technique que compte mettre en oeuvre la Montagne d'or: l'usage du cyanure se fera exclusivement à l'intérieur de l'usine et les résidus qui seront stockés à l'extérieur auront au préalable été décyanurisés.

Enfin, selon le BRGM, «des alternatives à l’utilisation du cyanure pour l’exploitation des minerais d’or existent à l’échelle industrielle ou sont en phase de développement. Cependant, aucun procédé n’a atteint le niveau de maturité ni la robustesse des procédés au cyanure».

Des avancées technologiques pourraient un jour changer la donne, mais il n'est pas aberrant de prévoir aujourd'hui une utilisation du cyanure. C'est ce que font des compagnies comme Iamgold ou Newmont Mining, le deuxième producteur mondial, de l'autre côté de la frontière avec le Surinam.

En Guyane même, une autre compagnie minière, Auplata, société française cotée à Paris, termine la construction d'une unité de cyanuration. Son entrée en activité devrait avoir lieu prochainement, sans que les passions ne se déchaînent.

On peut aussi rappeler qu'en France métropolitaine, dans la mine d'or du Bourneix, en Haute-Vienne, le cyanure a été utilisé jusqu'en 2002, année de fermeture de la mine. Apparemment, la méthode n'a laissé aucun mauvais souvenir dans le Limousin.

Une opportunité de donner l'exemple

Ajoutons qu'un nouveau code minier est en préparation en France. Voilà déjà plusieurs années que l'on en parle, mais cette fois, il semble qu'il y ait la volonté politique d'avancer et de publier ce code avant la fin de l'année 2019.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans un avis portant sur la dépendance aux métaux stratégiques, souligne que la réforme «doit s’inscrire dans une stratégie de développement durable dotée d’une vision économique à long terme». Et il explique que la production de métaux n'appartient pas au passé: il existe au contraire «une demande en forte croissance portée par le développement économique mondial», et la France doit sécuriser ses approvisionnements.

Le permis d'exploitation devrait être accordé à la Montagne d'or après la publication de ce code, plus exigeant sur les questions environnementales que le précédent. Cela dit, il n'a pas encore été demandé.

À la fin du compte-rendu du débat public, il était indiqué que «le maître d’ouvrage présentait un projet monolithique, sans aucune proposition d’évolution si ce n’est marginale, apparaissant de ce fait comme à prendre ou à rejeter».

Pour corriger cette impression, le président de la compagnie minière a présenté le 15 novembre 2018 un certain nombre de précisions et de modifications de son projet sur différents points: l'alimentation en énergie, le respect de l'environnement naturel et humain, la gestion des risques, la formation et l'emploi. Il travaille maintenant à la finalisation de son projet sur ces nouvelles bases.

Un point mérite d'être particulièrement souligné: pour éviter les impacts environnementaux de la construction d'une ligne électrique à haute tension pour alimenter le site, il a fait le choix de recourir à l'énergie solaire, avec un générateur destiné à fournir un complément d'électricité en cas de besoin. Si cette technique est mise en place, ce sera la première fois qu'un tel site est alimenté par de l'énergie renouvelable.

Par ailleurs, l'actionnariat étranger de la société semblant poser un problème à une part conséquente de la population guyanaise, Pierre Paris affirme envisager la possibilité d'une ouverture du capital «aux collectivités du territoire et acteurs économiques français». Ironie de l'histoire: à Kourou, non loin de là, personne n'a reproché aux autorités françaises d'assurer la pérennité du site en l'ouvrant aux fusées russes Soyouz.

Normalement, la demande de permis d'exploitation de la Montagne d'or sera déposée en milieu d'année 2019. L'instruction du dossier avec enquête publique devrait durer environ un an.

Si la réponse est positive, les travaux commenceront au milieu de 2020 et l'exploitation de la mine commencerait en 2023.

Si le permis n'est pas accordé, les adversaires du projet penseront avoir remporté une victoire. Ils se tromperont: les orpailleurs illégaux continueront à saccager le pays sans aucun bénéfice pour la collectivité et les grands projets miniers se feront dans les pays voisins, plus accueillants et peut-être moins exigeants en matière de protection des populations et de l'environnement.

Vue du camp de base du projet de la Montagne d'or, le 3 mai 2017 en Guyane | Jody Amiet / AFP

Pierre Paris a probablement raison de dire que le monde de la mine a changé, mais ce que nous voyons dans l'actualité, au Brésil ou ailleurs, ne nous rassure pas vraiment.

Si ouverture de nouvelles mines d'or il doit y avoir dans le monde, il serait sans doute préférable que ce soit au moins pour l'une d'entre elles en France, dans un cadre juridique rigoureux, avec des contrôles réguliers et sérieux.

Obtenir l'arrêt d'un projet ne sert à rien si ce projet doit se faire ailleurs dans des conditions moins favorables. En revanche, les écologistes de l'Hexagone et de Guyane pourraient se flatter d'avoir rendu service aux écologistes du monde entier si, du fait des pressions exercées sur le maître d'ouvrage et la collectivité territoriale, cette mine fonctionnait dans des conditions exemplaires et pouvait servir de référence à toutes les organisations de défense de l'environnement.

Le sénateur Georges Patient appelle ainsi ses concitoyennes et concitoyens à la raison: «Accueillons ce projet avec bienveillance, mais sans naïveté. Faisons en sorte qu’il profite à la Guyane et à sa population, imposons nos conditions et restons vigilants.» On ne saurait mieux dire.

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