Santé

Quels dangers une commotion cérébrale fait-elle courir au cerveau?

Temps de lecture : 3 min

Si la plupart des symptômes passent inaperçus ou disparaissent rapidement, cela ne veut pas dire que ce choc à la tête est complètement bénin.

Les joueurs de rugby (ici Antoine Dupont, de l'équipe de France, le 3 février 2018) sont particulièrement exposés aux commotions cérébrales. | Christophe Simon / AFP
Les joueurs de rugby (ici Antoine Dupont, de l'équipe de France, le 3 février 2018) sont particulièrement exposés aux commotions cérébrales. | Christophe Simon / AFP

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Les commotions cérébrales augmentent-elles le risque d’AVC ou de cancer du cerveau?»

La réponse du centre médical Keck de l'université de Californie du Sud (USC):

Qu’elles surviennent lors d’un petit accident de voiture ou d'un match de football américain, les commotions cérébrales sont très courantes.

Une commotion se produit lorsque le cerveau se déplace ou est secoué à l’intérieur du crâne, en général sous l’effet d’une force. Elle peut par exemple survenir quand une voiture rentre dans la vôtre et que votre tête est projetée en avant, ou quand votre tête tape le sol lors d’une chute.

Les commotions cérébrales sont très fréquentes, en particulier dans un contexte sportif, et sont devenues un sujet brûlant dans le football américain professionnel. Les dernières études révèlent que 60% des joueurs ont subi au moins une commotion cérébrale. La recherche indique maintenant que ces événements peuvent avoir plus de conséquences sur la santé qu’on ne le pensait, et notamment accroître le risque de faire un AVC.

Symptômes temporaires

Les commotions cérébrales sont parfois difficiles à identifier: un simple choc entre la tête et un plafond bas peut secouer le cerveau. Certains symptômes sont néanmoins caractéristiques.

Ces symptômes se divisent en quatre catégories: pensée et mémoire, physique, émotion et humeur, sommeil. Ceux relatifs à la pensée comprennent la difficulté à se concentrer ou la sensation de réfléchir au ralenti; les symptômes physiques impliquent des maux de tête, une vision floue ou trouble, des vertiges et une sensibilité à la lumière et au bruit; les symptômes liés aux émotions sont principalement l’irritabilité et la tristesse; le fait de dormir plus ou moins que d’habitude et des difficultés à s’endormir constituent les symptômes liés au sommeil.

Ces symptômes sont temporaires et s’il s’agit de votre première commotion cérébrale, il y a de grandes chances pour que vous ne vous en rendiez même pas compte. Il est pourtant important d’y prêter attention, la meilleure façon de récupérer d’un traumatisme crânien quel qu’il soit –y compris d’une commotion cérébrale– étant de se reposer. Dormez beaucoup, évitez les efforts physiques intenses et cessez temporairement les sports de contact ou récréatifs. Une fois que vous vous sentez mieux, reprenez doucement vos activités normales.

Effets à long terme

Il est important de se prémunir contre les multiples commotions cérébrales car au fil du temps, celles-ci peuvent augmenter le risque d’AVC.

Selon Jonathan J. Russin, médecin, professeur adjoint en neurochirurgie clinique et directeur adjoint en chirurgie au centre de neurorestauration du centre médical Keck de l'USC, plusieurs études établissent un lien entre les commotions cérébrales et le risque d’AVC. Le mécanisme exact n’a pas encore été clairement identifié, mais les spécialistes ont plusieurs théories.

«L’une d’entre elles est que le traumatisme crânien entrave la capacité du cerveau à autoréguler la circulation sanguine, explique le neurochirurgien. Une autre possibilité est que le traumatisme crânien entraîne des microthromboses [la formation de petits caillots de sang] dans les vaisseaux sanguins du cerveau.»

Pour le cancer du cerveau, bonne nouvelle: l’étude la plus complète et de long terme sur le sujet n’a identifié que peu d’indices laissant penser qu’un traumatisme crânien pourrait entraîner une tumeur cérébrale. Et si le risque existe, il est extrêmement faible.

Il n’y a aucun moyen d’«annuler» un traumatisme crânien, explique le docteur Russin; le mieux est donc d’éviter toute commotion cérébrale. Pour cela, il est conseillé de porter un casque, notamment les enfants, de s'abstenir de pratiquer des sports de contact, d'éviter de prendre le volant si vous avez bu ou consommé de la drogue et de porter une ceinture de sécurité quand vous êtes dans un véhicule en mouvement. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir.

Newsletters

Deux bactéries résistantes causent chaque année 8.000 morts au Japon

Deux bactéries résistantes causent chaque année 8.000 morts au Japon

La résistance aux antibiotiques est un problème majeur à travers le monde.

«Dry January» français: une affaire politico-sanitaire en cinq actes

«Dry January» français: une affaire politico-sanitaire en cinq actes

Emmanuel Macron a obtenu l'annulation d'un «Dry January» à la française. Son chef de cabinet, lui, soutient le «Janvier Søbre», une opération manipulée par les alcooliers, selon les médecins.

«La pilule fait grossir», un mythe qui n'est pas tout à fait sans fondement

«La pilule fait grossir», un mythe qui n'est pas tout à fait sans fondement

Qui dit contraception hormonale ne dit pas forcément kilos en plus. Et ce n'est pas nier la parole des femmes qui soutiennent avoir forci depuis qu'elles prennent la pilule.

Newsletters