Boire & manger / Égalités

L'étiquette aux allures sado-masochistes d'une bière russe fait scandale

Temps de lecture : 2 min

Sur cette étiquette, l'image d'une femme bâillonnée a fait réagir des féministes, et le Service anti-monopole de l'État.

Graffiti représentant une femme avec une gag ball | duncan c via Flickr CC License by

Pour sa bière aux arômes de «cannelle, girofle, anis, poivre noir et genévrier», la brasserie russe Kopytov était fière de dévoiler son étiquette, en novembre dernier: un gros plan sur le visage d'une femme, bâillonnée par une gag ball (une boule utilisée dans les pratiques sado-masochistes), dont la boule en question est en fait un prianik, célèbre gâteau traditionnel russe.

Une image qui n'a pas plu à la styliste Yuliya Shlyakhova, qui a alerté le Service anti-monopole du pays, décrit un article du site russe Komsomolskaya Pravda, déniché par la BBC. «[Cette étiquette] véhicule la violence envers les femmes, et est obscène et provocatrice», s'est indignée la plaignante. La brasserie a rétorqué ne vouloir «offenser personne», «avoir un grand respect pour les femmes», et «favoriser l'humour, l'art, et tout ce qui est approprié». Cerains de ses soutiens ont rappelé que les pratiques sado-masochistes, «si elles étaient menées correctement, reposaient sur un consentement mutuel», rapporte encore le site Munchies.

Un sondage pour ou contre l'étiquette

Mais peut-être plus que l'étiquette en elle-même, la gestion de la polémique par l'institution de régulation de la concurrence a fait scandale. Celle-ci a en effet lancé un sondage en ligne, posté sur le réseau social russe VK, pour savoir si les internautes jugeaient cette image offensante. «Je suis surprise de voir que l'application de la loi est désormais une affaire de vote en ligne, a souligné Yuliya Shlyakhova. Donc maintenant, c'est celui qui a le plus d'amis sur VK qui décide de ce qui est bien ou mal?».

Face aux commentaires scandalisés, le Service anti-monopole a rapidement fermé leur accès. Mais le sondage s'est poursuivi sur le site de l'institution, et 58% des 28.135 votants ont finalement condamné l'étiquette controversée, grâce à l'appel d'organisations féministes à voter contre. Un résultat qui semblait différent de la tendance observée sur la page de VK, relève la BBC.

Ce n'est pas la première fois que l'institution russe fait appel aux internautes pour «l'aider» dans ses décisions; elle avait déjà lancé des sondages pour deux publicités accusées de grossophobie. Le sort de la bière goût priyanik est désormais entre ses mains, et Kopytov risque d'écoper d'une lourde amende.

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