Sciences / Société

Les serial killers hommes et femmes choisissent leurs victimes différemment

Temps de lecture : 2 min

Pour les scientifiques, ces différences comportementales pourraient être un héritage de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs.

Plus de 65% des hommes serial killer harcèlent leurs victimes, contre seulement 3,6% des femmes. | Public Domain Pictures via Pixabay
Plus de 65% des hommes serial killer harcèlent leurs victimes, contre seulement 3,6% des femmes. | Public Domain Pictures via Pixabay

Alors que Ted Bundy, célèbre serial killer américain est la star controversée de ce début d'année avec une série documentaire sur Netflix et un biopic bientôt en salle, une équipe du département de psychologie de l'université de Pennsylvanie, aux États-Unis, vient de mettre à jour des différences comportementales entre les serial killers masculins et féminins. Menée sur 55 tueurs en série et 55 tueuses en série, l'étude révèle que les hommes et les femmes ne choisissent pas leurs victimes de la même façon.

Les hommes tendent à traquer leur victime, comme le ferait un chasseur avec sa proie. Ils ciblent généralement de complètes étrangères ou étrangers. Au contraire, les femmes choisissent leurs victimes parmi leur entourage, dans un cercle plus ou moins restreint de connaissances. Les hommes tueurs en série sont ainsi six fois plus enclins à tuer un inconnu. Les femmes, elles, sont deux fois plus disposées à s'en prendre à un visage familier. Autre différence, plus de 65% des hommes ont harcelé, suivi ou épié leurs victimes, contre seulement près de 3,6% des femmes. Un profilage genré qui pourrait aider les enquêteurs et enquêtrices à identifier le ou la coupable, selon Marissa Harrison, professeure de psychology à l'université d'état de Pennsylvanie.


Un héritage évolutionnaire?

Pour les scientifiques, ces différences comportementales pourraient être un héritage de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. «Historiquement, les hommes chassaient les animaux en tant que prédateurs, alors que les femmes avaient pour tâche de rassembler les ressources avoisinantes, comme les graines et les plantes pour se nourrir, explique Marissa Harrison. En tant que psychologue évolutionnaire, je me demande si des comportements hérités de cette distribution des rôles pourraient influencer la manière dont les hommes et les femmes serial killer choisissent leurs victimes.»

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Au-delà des divergences comportementales des serial killers, le genre influe également sur la représentation de leurs crimes dans les médias. Si les hommes reçoivent ainsi souvent des surnoms illustrant leur brutalité comme Jack l'éventreur, le Dévisseur de têtes, le Cannibale de Milwaukee ou le Tueur au bain d'acide, les femmes sont renvoyées à leur genre: Jolly Jane, Tiger Woman, la Demoiselle de la mort... Un traitement médiatique différencié qui influence également la perception des couples de tueurs, scénario où la femme est souvent soupçonnée d'être sous l'emprise de son compagnon, à l'image de Ian Brady et Myra Hindley, Fred et Rosemary West ou, plus récemment, ce couple mexicain, arrêté pour les meurtres de vingt jeunes femmes.

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