Santé / Monde

Les élections indiennes sont un cauchemar environnemental

Temps de lecture : 2 min

En quelques mois, l'utilisation de plastique pour les campagnes publicitaires équivaut à 2 ou 3 ans de la consommation hors période électorale.

Une banderole de Rahul Gandhi, président du parti du Congrès et candidat contre Narendra Modi, le 8 août 2018, à New Delhi, en Inde | Sajjad Hussain / AFP
Une banderole de Rahul Gandhi, président du parti du Congrès et candidat contre Narendra Modi, le 8 août 2018, à New Delhi, en Inde | Sajjad Hussain / AFP

C’est un long processus électoral dans lequel l’Inde va bientôt s’engager, du 11 avril au 19 mai, et qui déterminera entre autres le futur premier ministre du pays. Dans les journaux comme dans la rue, les publicités électorales s’étalent grassement: pour toucher 1,34 milliards d’habitants, on ne ménage pas ses efforts. Les palissades géantes invitant à voter pour le parti de Narendra Modi ou celui de son opposant, Rahul Gandhi, se sont multipliées ces derniers temps. Le problème, c’est qu’elles sont principalement en PVC, et représentent un risque majeur pour l’environnement.

PVC partout, écologie nulle part

La commission électorale avait pourtant suggéré aux partis politiques d’éviter d’utiliser du polychlorure de vinyle dans leur matériel de campagne, les mettant en garde contre «l’impact néfaste à long terme sur l’environnement de matériaux tels que le plastique ou le polyéthylène». Cette recommandation ne faisant pas partie du code de conduite de la campagne électorale, elle demeure cependant soumise au bon (et surtout au non) vouloir des partis.

En Inde, le PVC est utilisé pour 90% des publicités en plein air, et près de 216.000 tonnes de banderoles sont imprimées chaque année sur ce type de polymère (soit 18.000 tonnes par mois). Entre avril 2017 et mars 2018, le Bharatiya Janata Party (BJP, parti de l’actuel premier ministre Modi) a consacré à lui seul 1.471 millions de roupies (soit 18,8 millions d’euros) en publicités extérieures.

Selon Sanjay Upadhyay, avocat à la Cour suprême et associé directeur de la société de défense environnementale Enviro Legal Defence Firm, «la consommation de plastique en deux ou trois mois [de saison électorale] est égale à celle de deux ou trois ans sans élections»

Moins de 1% du PVC utilisé est ensuite recyclé, le reste finissant généralement par rejoindre des décharges. S’il met près de 50 ans à se décomposer, brûlé, le PVC libère des produits chimiques toxiques dans la terre, qui sont connus pour être cancérigènes, rappelle Quartz.

Les gouvernements de plusieurs États à travers le pays avaient déjà lancé des campagnes pour réduire l’utilisation de ce type de matériau, et Modi avait fixé pour l’horizon 2022 l’objectif de bannir les plastiques à usage unique, qui représentent en Inde 13,4 millions de tonnes par an. Mais si les circulaires et les bonnes résolutions s'accumulent, en l’absence de toute législation contraignante, la majorité des responsables locaux de partis politiques continuent de choisir les moyens les plus économiques pour financer leurs campagnes.

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