Parents & enfants / Monde

Un chantre de la finance éthique inculpé dans l'affaire de corruption universitaire américaine

Temps de lecture : 2 min

Bill McGlashan, grand défenseur de la responsabilité sociale des entreprises, a payé 300.000 dollars pour que son fils aille dans une bonne fac.

Bill McGlashan lors d'un événement à Beverly Hills en octobre 2017. | Matt Winkelmeyer / AFP
Bill McGlashan lors d'un événement à Beverly Hills en octobre 2017. | Matt Winkelmeyer / AFP

Les actrices Felicity Huffman et Lori Loughlin ont fait les gros titres dans l'affaire de pots-de-vin qui secoue l'enseignement supérieur américain, mais parmi les trente-et-un parents impliqués, on trouve d'autres cas intéressants, comme celui de Bill McGlashan, le fondateur du fonds d'investissements TPG Growth.

Dans la Silicon Valley, McGlashan était connu pour être un grand défenseur de l'«investissement éthique» et était était cofondateur, avec Bono et Jeff Skoll, du Rise Fund, un fonds dirigé par «un groupe d'investisseurs expérimentés avec un engagement personnel et professionnel sincère visant à promouvoir le changement social et environnemental».

Parmi les projets financés, on trouve des fermes laitières en Inde et une plateforme de paiements en ligne au Kenya. En janvier à Davos, McGlashan était interviewé aux côtés de Bono pour parler de la lutte contre la pauvreté extrême.

50.000 dollars pour que les notes de son fils soient améliorées

Cette image d'un homme qui veut utiliser ses ressources pour faire le bien dans le monde s'est effondrée depuis qu'il a été inculpé pour corruption. Afin que son fils soit accepté à l'University of South California, il avait payé 50.000 dollars pour que ses notes aux examens soient améliorées, puis 250.000 dollars pour que son fils soit accepté comme membre de l'équipe de football américain de l'université. Dans un échange de mails rendus publics, William Rick Singer, le conseiller à la tête de ce système de corruption et de triche, explique à McGlashan comment il va utiliser Photoshop pour créer de fausses images du jeune homme en tant que joueur de football américain...

Pour le journaliste Anand Giridharadas, auteur d'un livre sur les nouvelles élites, l'histoire de Bill McGlashan est particulièrement révélatrice de la duplicité d'un certain type de «bienfaiteur» de la Silicon Valley, qui utilise la philanthropie pour se donner bonne image mais est prêt à tous les coups bas pour garder sa position au sommet:

«Quelqu'un qui prétendait essayer de changer le système, de changer le capitalisme, d'aider les autres à réussir, travaillait en fait en amont pour exclure les autres d'une place qu'ils méritaient peut être, mais qui reviendrait à son fils.»

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