Sciences

Notre cerveau retient plus facilement qu'il n'oublie

Temps de lecture : 2 min

Oublier un souvenir ou une information demande une grande dépense d'énergie cérébrale.

Nous oublions plus facilement les scènes que les visages. | Tachina Lee via Unsplash
Nous oublions plus facilement les scènes que les visages. | Tachina Lee via Unsplash

Aussi paradoxal que cela puisse sembler, notre cerveau retient plus facilement qu'il n'oublie. C'est ce qu'ont mis à jour des scientifiques de l'université d'Austin, au Texas, dans le cadre d'une étude pour la création d'un traitement permettant de se débarrasser de souvenirs pénibles. Pour oublier un souvenir, notre cortex doit concentrer son attention sur tout autre chose que le souvenir en question. Une diversion bien plus coûteuse en énergie que n'importe quel exercice de mémorisation. À noter qu'il est question ici de ce que l'on nomme les «oublis intentionnels», non pas les inattentions du quotidien façon «j'ai oublié le pain».

«Nous pouvons souhaiter éliminer certaines images qui déclenchent chez nous des réactions extrêmes, comme le souvenir d'événements traumatiques, explique Jarrod Lewis-Peacock, co-auteur de l'étude. Une fois que nous aurons compris comment un souvenir peut-être affaibli et contrôlé, nous pourrons proposer des traitements permettant aux personnes qui le souhaitent de se délester de ces souvenirs trop encombrants.»

L'oubli, un mal pour un bien

Pour en savoir plus sur nos mécanismes d'assimilation, l'équipe de recherche a montré à plusieurs adultes équipés de capteurs neuronaux traquant l'activité cérébrale, des scènes ou visages, demandant à certains de les mémoriser, à d'autres de les oublier. Les scientifiques ont ainsi découvert qu'un oubli intentionnel nécessitait une activité cérébrale «modérée», soit un stade plus intense que pour la mémorisation. «Cette activité modérée est indispensable au processus de dé-mémorisation: une activité trop intense et le souvenir sera renforcé; trop faible, il demeurera inchangé», selon Tracy Wang, co-autrice de l'étude, qui révèle également que nous oublions plus facilement les scènes que les visages, bien plus chargés en émotions.

Des oublis qui, loin d'être un handicap, sont en réalité l'un des éléments clés de l'intelligence humaine. D'après le chercheur canadien Blake Richards, une fois délesté du superflu notre cerveau est bien plus efficace: «Il est important que le cerveau oublie des détails non pertinents et se concentre plutôt sur les choses qui vont aider à prendre des décisions dans le monde réel. Si vous essayez de naviguer dans le monde et que votre cerveau émet constamment de multiples souvenirs conflictuels, cela rend plus difficile une prise de décision éclairée.»

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