Société / Tech & internet

Instagram, le réseau social favori des pédophiles

Temps de lecture : 2 min

Il leur permet de pratiquer le «grooming», une entreprise de séduction visant à gagner la confiance de futures victimes.

Les jeunes filles de douze à quinze ans sont les cibles privilégiées des groomers.| StockSnap via Pixabay
Les jeunes filles de douze à quinze ans sont les cibles privilégiées des groomers.| StockSnap via Pixabay

L'agence anglaise National society for the prevention of cruelty to children (NSPCC) vient de dévoiler un rapport sur la pratique du grooming sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Instagram, application privilégiée par les pédocriminels. Le grooming, ou pédopiégeage en français, désigne une stratégie de séduction déployée par des prédateurs sexuels pour gagner la confiance de leurs victimes. Complicité, cadeaux, secrets partagés... l'objectif est de créer une connection émotionelle avec l'enfant pour pouvoir plus facilement abuser de lui par la suite. L'affaire Michael Jackson, qui défraie aujourd'hui la chronique, serait, selon les deux victimes présumées, un parfait exemple de grooming. À noter que si dans la majorité des cas le grooming est à visée pédophile, il peut également être utilisé dans le but d'une exploitation de l'enfant (travail forcé, faits de criminalité) ou dans des affaires de violences conjugales.

Selon la NSPCC, 70% des méthodologies de grooming révélées impliquent l'utilisation d'un réseau social. Avec plus de 32% des cas à son actif, Instagram devance Facebook (23%) et Snapchat (14%). L'enquête rapporte qu'entre 2017 et 2018, l'utilisation d'Instagram à des fins de grooming a connu une hausse de 200%. Les données recueillies sur plus de 5.100 cas de communication sexuelle entre adultes et enfants montrent également que les jeunes filles de 12 à 15 ans sont les cibles privilégiées des groomers. Des révélations glaçantes au vu du grand succès que rencontre l'application auprès des ados et des enfants.

La réaction bien trop lente des géants du web

Suite à ces révélations, Facebook et Instagram ont annoncé retirer au quotidien 99,2% du contenu lié à la nudité ou à l'exploitation infantile. Cependant, en septembre 2018, Business Insider révélait que le nouveau service de streaming vidéo d'Instagram, IGTV, diffusait des vidéos de pédopornographie ou de violences sur mineures et mineurs. Parmi les vidéos décriées figurait notamment celle d'une petite fille agée d'environ 11 ans en train de se dévêtir devant le miroir de sa salle de bain. En raison du système de recommandations algorithmique, la vidéo, et de nombreuses autres, fut conseillée à plusieurs milliers d'utilisateurs et utilisatrices du réseau social.

Alors que la plateforme YouTube est également dans la tourmente pour avoir abrité sans ciller de nombreuses chaînes de vidéos à destination de pédophiles, pour le directeur général de la NSPCC, Peter Wanless, il est grand temps que les politiques s'engagent dans la lutte contre le grooming, les réseaux sociaux ne parvenant pas à protéger les internautes. Après «dix ans d'auto-régulation inefficace, a-t-il déclaré. Les résultats de cette enquête sont la preuve irréfutable qu'on ne peut pas laisser les réseaux sociaux assurer la sécurité des enfants.»

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