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Un Américain porte plainte contre une clinique au nom d'un fœtus avorté

Temps de lecture : 2 min

Un juge de l'Alabama a autorisé le procès d'un jeune homme contre la clinique où son ex-petite amie a choisi d'avorter.

L'unique clinique d'IVG de l'État du Mississippi, dans la ville de Jackson en avril 2018. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
L'unique clinique d'IVG de l'État du Mississippi, dans la ville de Jackson en avril 2018. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

L'ex-petit ami d'une jeune fille de 16 ans qui a choisi d'avorter à six semaines porte plainte contre la clinique d'IVG qui a effectué la procédure, ainsi que contre la compagnie pharmaceutique qui produit la pilule abortive utilisée. Dans son jugement autorisant la plainte pour «décès imputable à une faute», le juge Frank Barger, d'un tribunal du comté de Madison en Alabama, cite le fœtus, désigné comme «Baby Roe» (bébé x), en tant que co-plaignant, ce qui est une première aux États-Unis.

Bien que l'avortement soit légal dans le pays depuis 1973, le juge a reconnu l'existence juridique du fœtus en tant que personne avec des droits, et nommé Ryan Magers, le jeune plaignant âgé de 21 ans, comme son représentant légal. Cette formulation inédite a été rendue possible par un récent amendement à la constitution de l'État de l'Alabama, selon lequel les fœtus sont reconnus comme des personnes juridiques dès la conception.

Ryan Magers ne voulait pas que sa petite amie de l'époque avorte, et il déclare maintenant se battre «pour les hommes qui veulent garder leur bébé.»

Son avocat, Brent Helms, a expliqué qu'il espérait «pouvoir établir le statut de personne pour les enfants avortés en Alabama» et ainsi en finir avec le droit à l'avortement dans l'État.

En effet, si cette IVG à six semaines était légalement considérée comme le «décès imputable à une faute» d'une «personne», l'ensemble des cliniques et des médecins qui pratiquent des avortements en Alabama pourrait être poursuivi en justice.

Le plaignant et son avocat rêvent de rendre l'avortement illégal dans leur État, mais selon la professeure de droit Lucinda Finley, interviewée par New York Magazine, le procès est plutôt mal parti. En effet, un jugement de la Cour Suprême de 1992 a déjà invalidé des lois locales qui auraient forcé les femmes à demander la permission à leurs partenaires avant d'avorter.

De plus, la plainte pour «décès imputable à une faute» est problématique étant donné que dans ce cas, la jeune femme a demandé elle-même la procédure dans une clinique.

«Lorsqu'une tierce personne blesse une femme enceinte et met ainsi fin à une grossesse contre sa volonté, c'est une situation complètement différente de celle où une femme décide d'interrompre volontairement sa grossesse».

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