Sciences

Pourquoi aime-t-on écouter les mêmes chansons en boucle?

Temps de lecture : 2 min

Cette manie d'user une musique à coup de «repeat» a une explication.

90% de la musique que nous écoutons, nous l'avons déjà entendue. | OmarMedinaFilms via Pixabay
90% de la musique que nous écoutons, nous l'avons déjà entendue. | OmarMedinaFilms via Pixabay

Vous écoutez la même chanson des centaines de fois? Vous n'êtez pas seul, selon une étude menée à l'université du Michigan, dont les membres de l'échantillon se repassent en moyenne leurs chansons préférées près de 300 fois. On y apprend que 86% des personnes interrogées écoutent leur titre favori au moins une fois par jour; 43% d'entre elles vont même jusqu'à l'écouter trois à quatre fois dans la même journée; 60% la jouent plusieurs fois d'affilée.

«Il est possible de développer un genre de relation personnelle avec des chansons en particulier, qui fait qu'on peut les aimer longtemps malgé un très grand nombre d'écoutes», analyse l'un des auteurs de l'étude, Frederick Conrad.

Selon le panel, la mélodie, les paroles et le rythme sont les éléments déterminant une lecture à répétition. À noter que lorsque la chanson est associée à un sentiment de bonheur, un rythme soutenu est invariablement mentionné. «Les gens aiment entendre des chansons en boucle car cela les aide à retrouver certaines émotions. Cela peut être la joie, la tristesse, la mélancolie», indique Pablo Ortiz, professeur de composition musicale à l'université de Californie, qui explique qu'à l'écoute d'une chanson, notre cerveau est directement renvoyé aux émotions éprouvées lors de la première écoute.

Le plaisir de la répétition

Selon Elizabeth Margulis, psychologue de la musique et autrice du livre On Repeat: How Music Plays the Mind, 90% de la musique que nous écoutons, nous l'avons déjà entendue. Et ça, c'est à cause de ce que les psychologues appellent le sentiment de familiarité. Lorsque nous écoutons un morceau que nous connaissons déjà, notre cerveau, qui n'a pas à gérer d'éventuels imprévus, se détend et libère des endorphines. Mieux, il anticipe les paroles, le rythme, l'instrumentation, ce qui nous donne la sensation de participer activement à la création de la chanson.

Cet appétit pour les boucles musicales, les grands acteurs de l'industrie l'ont bien compris. Ils innondent chaque année le marché de chansons formatées, bien souvent des titres pop, pensés pour une lecture multiple. C'est le cas de nombreux tubes de l'été, de Call me maybe à Despacito: tous, quasiment, répondent à un shéma stratégique qui favorise une addiction de la part de l'auditeur ou de l'auditrice. On appelle cela des vers d'oreille.

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Laura Taylor, compositrice, explique que l’instrumentation y est volontairement plus développée et plus forte lors des refrains que pendant les couplets, au contraire dépouillés au maximum. À l’arrivée, «une mélodie simple et facile à chanter même quand on ne sait pas chanter». Et qui reste dans la tête toute la journée.

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