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Même Instagram ne fera pas manger de légumes à votre enfant 

Temps de lecture : 2 min

Les influenceurs et influenceuses ont un impact sur l’assiette de votre progéniture. Mais pas celui que vous espérez.

Les réseaux sociaux peuvent influencer l'alimentation des jeunes. | CJ Dayrit via Unsplash
Les réseaux sociaux peuvent influencer l'alimentation des jeunes. | CJ Dayrit via Unsplash

Les blogueurs, influenceuses, et autres YouTubeurs aux millions de followeuses et followers peuvent inciter les jeunes à manger de manière malsaine. C'est la conclusion à laquelle sont parvenus des scientifiques britanniques, après avoir demandé à 176 enfants âgés de 9 à 11 ans de consulter des faux profils Instagram de YouTubeurs et YouTubeuses bien réelles connaissant un grand succès auprès des moins de 13 ans. Le panel a été divisé en trois groupes: le premier visionnait des photos de célébrités qui posaient avec de la nourriture de fast-food, le deuxième observait ces mêmes stars avec de la nourriture saine, et le dernier ne voyait que des posts des personnalités seules. L'équipe de recherche a ensuite proposé des collations aux jeunes gens.

Les résultats ont montré que les enfants qui avaient vu les stars du net avec de la malbouffe avaient ingurgité en moyenne quatre-vingt-onze calories des plus que ceux des deux autres groupes. Elles provenaient principalement de snacks, comme des bonbons ou du chocolat. Le visionnage d'aliments sains, lui, n'a eu aucun impact.

«Nous pensons généralement que n’importe quelle exposition à de la nourriture pourrait créer un impact, mais cela ne fonctionne qu’avec de la nourriture malsaine», explique à CNN Anna Coates, étudiante en doctorat à l’université de Liverpool et autrice principale de la recherche.

Les cibles des sociétés alimentaires

D’anciennes études ont démontré que l’approbation affichée de stars pour de la nourriture grasse, trop salée ou trop sucrée jouait sur les préférences alimentaires des enfants et ados. Le concept est plus impactant encore lorsqu’il s’agit de célébrités d’Instagram, qui créent une proximité avec leurs followers et followeuses plus importante que, par exemple, des acteurs ou actrices de cinéma.

Marie Bragg, professeure au département de la santé de la population de Langlois à l'université de New York, et qui n’a pas participé à l’étude, déclare que «quand des marques utilisent des influenceurs sur les réseaux sociaux, elles promeuvent leur produit en le déguisant comme un post d’ami. Les internautes sont donc moins méfiants». Les médias sociaux «brouillent les lignes entre le divertissement et la promotion, d'une manière qui pourrait conférer aux annonceurs une puissance incomparable et inédite», a-t-elle ajouté.

Lorsqu’il s’agit d’influencer les jeunes à manger plus sainement, l’effet n’est plus le même. «Nous sommes biologiquement programmés pour être attiré vers les aliments trop gras, trop sucrés ou salés. Ce qui ne correspond pas aux légumes.» Il ne suffit donc pas de contrebalancer le marketing de nourriture malsaine par celles d’aliments sains, indique Bragg. La junk food a bon goût et reste financièrement accessible: les jeunes sont donc plus susceptibles d’y succomber et c’est pourquoi les entreprises alimentaires les ciblent en particulier, explique Nathalie Muth, pédiatre, diététicienne et porte-parole de l’Académie américaine de pédiatrie.

Les contenus sur les réseaux sociaux comprenant des produits comestibles peuvent avoir un impact important, au point de faire ingurgiter soixante-dix à soixante-quinze calories de trop par jour à un enfant de corpulence standard. Un surplus qui peut entraîner l’obésité, alerte Nathalie Muth.

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