Égalités / Monde

À Harvard, une pétition pour sanctionner le prof avocat d'Harvey Weinstein

Temps de lecture : 2 min

De nombreux étudiants et étudiantes pensent que Ronald Sullivan, qui va représenter Weinstein, doit démissionner.

Ronald Sullivan, à gauche, un des nouveaux avocats d'Harvey Weinstein. | Timothy A. Clary / AFP
Ronald Sullivan, à gauche, un des nouveaux avocats d'Harvey Weinstein. | Timothy A. Clary / AFP

Ronald Sullivan est un avocat et professeur de droit dont le travail a permis d'innocenter des centaines de détenus condamnés à tort. Il est connu pour avoir représenté la famille de Michael Brown, le jeune Afro-Américain tué par un policier à Ferguson. Mais il s'est aussi fait un nom en acceptant de défendre des clients controversés, comme un ancien joueur de football américain inculpé pour meurtre. Il n'est donc pas entièrement surprenant qu'il soit désormais un des nouveaux avocats d'Harvey Weinstein, l'ancien producteur inculpé pour agressions sexuelles.

Mais à Harvard, où Sullivan est professeur et administrateur, la nouvelle passe extrêmement mal. Il y a eu des grafittis sur les murs, des flyers anti-Sullivan ont été distribués, des élèves ont manifesté et une pétition demande qu'il quitte son poste administratif. Sullivan est professeur, mais aussi responsable de la vie scolaire à la Winthrop House de l'université.

Une présence qui «renforce la culture du viol sur le campus»

L'étudiante qui a lancé la pétition écrit que le fait que Sullivan représente Weinstein est «perturbant et traumatisant» et signifie qu'il n'«accorde pas d'importance à la sécurité des étudiants». Plusieurs éditoriaux du journal étudiant de Harvard ont aussi appelé à sa démission. Une association d'étudiantes afro-américaines a écrit que sa présence «allait renforcer la culture du viol sur le campus».

Dans un premier temps, Sullivan a expliqué dans un mail que l'état de droit signifiait que toute personne, même la plus détestée, a droit à un procès en bonne et due forme. Il a aussi dit qu'une employée d'Harvard serait désignée comme point de contact à la Winthrop House pour toute question ayant trait aux agressions sexuelles ou au harcèlement sexuel.

Il a reçu le soutien de nombreux collègues, mais le président de Harvard a voulu appaiser la colère et a lancé une consultation pour demander aux étudiants et étudiantes si elles pensaient que la présence de Sullivan perturberait l'atmosphère scolaire. Ses soutiens dénoncent une tentative d'intimidation.

Sullivan a ainsi résumé sa position dans le New York Times: «Les avocats ne sont pas des extensions de leurs clients. Les avocats font un travail de droit, pas un travail idéologique. En tant qu'avocat, lorsque je représente un client, même un client qui est honni de tous, cela ne veut pas dire que je soutiens ce qu'il a fait.»

Slate.fr

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