Santé / Sciences

Pourquoi les femmes vivent plus longtemps que les hommes

Temps de lecture : 2 min

La biologie et la psychologie pourraient l’expliquer.

Les femmes vivent en moyenne jusqu'à cinq ans de plus que les hommes. | Loren Joseph via Unsplash
Les femmes vivent en moyenne jusqu'à cinq ans de plus que les hommes. | Loren Joseph via Unsplash

Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, les chiffres sont là pour le prouver. Un Américain, par exemple, vit en moyenne jusqu’à 76 ans, une Américaine cinq ans de plus. Et cet écart a tendance à se maintenir. L’indice HALE (Healthy life expectancy) de l’Organisation mondiale de la santé établit le nombre d’années qu’un homme ou une femme peut espérer vivre sans maladies majeures: il est de 67 ans en moyenne pour le sexe masculin et de 70 ans pour le sexe féminin.

Ce phénomène n'est pas nouveau. «Cet écart d'espérance de vie entre hommes et femmes se retrouve dans toutes les sociétés, ainsi que chez les grands singes», explique au Time le Dr Perminder Sachdev, professeur de neuropsychiatrie à l'Université de New South Wales en Australie, qui a travaillé sur le sujet. Les causes seraient en partie biologiques et en partie comportementales.

«Les hommes sont plus susceptibles de fumer et de boire de manière excessive», détaille Sachdev. Ils consultent moins le médecin et sont moins enclins à suivre correctement un traitement après diagnostic. La gent masculine adopte aussi davantage de comportements à risque que les femmes, comme rouler trop vite en voiture ou se battre.

Une longévité liée aux hormones?

Des recherches menées par l’Université de Duke ont établi qu'il y aurait un lien entre un taux élevé de testostérone –comme on en trouve dans les organismes masculins– et les comportements à risque.

La testostérone peut aussi altérer la durée de vie de l’homme d’un point de vue médical. «Les hormones sexuelles mâles réduisent la fonction immunitaire et augmentent le risque de maladies cardiovasculaires», déclare Kyung-Jin Min, professeur de sciences biologiques à l'Université Inha en Corée du Sud.

En 2012, Kyung-Jin Min et ses collègues ont examiné les dossiers de santé de quatre-vingt-un eunuques coréens, ces hommes castrés durant l’enfance qui ont cessé de produire un niveau important de testostérone. Ils ont constaté que ces hommes avaient tendance à vivre quatorze à dix-neuf ans de plus que des personnes non castrées partageant le même milieu socio-économique. D’autres recherches de Min, menées en laboratoire, ont montré que la testostérone pouvait bloquer la libération de certaines cellules luttant contre des maladies.

Parallèlement, il est possible que les œstrogènes favorisent la longévité. Une étude de 2013 a permi d'observer que ces hormones sexuelles féminines pouvaient prévenir des dommages de l’ADN conduisant à des maladies, en maintenant les cellules saines.

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