Boire & manger / Santé

Les risques des trop nombreux apéros pendant les vacances

Temps de lecture : 3 min

Il n’y a pas de honte à admettre que c’est la principale raison pour laquelle vous acceptez une invitation.

Cela explique peut-être pourquoi le nombre de crises cardiaques mortelles connaît un pic pendant les fêtes de fin d’année. | Alasdair Elmes via Unsplash
Cela explique peut-être pourquoi le nombre de crises cardiaques mortelles connaît un pic pendant les fêtes de fin d’année. | Alasdair Elmes via Unsplash

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Trop boire pendant les vacances, est-ce mauvais pour la santé?»

La réponse de Keck School of Medicine de l’Université de Californie du Sud, qui réunit plus de 500 médecins de renommée internationale:

Les vacances sont des périodes joyeuses de l’année, car elles nous donnent l’occasion –et une bonne excuse– de nous réunir entre amis et en famille. Et si vous avez déjà prévu d’enchaîner les dîners et les soirées, préparez-vous à vous régaler de bons petits plats et de boissons. (Et il n’y a pas de honte à admettre que c’est la principale raison pour laquelle vous acceptez une invitation.)

Cependant, ces événements sociaux à répétition –et la consommation d’alcool qui va souvent avec– risquent de vous inciter à boire plus de vin, de bière et de spiritueux que d’habitude. Cela peut avoir des répercussions graves sur votre organisme, et tout particulièrement sur votre foie.

Au fil du temps, la consommation d’une grande quantité d’alcool peut causer différents types d’inflammation du foie, tels que la stéatose hépatique, l’hépatite alcoolique, la fibrose et la cirrhose. N’importe quelle agression du foie, y compris si elle est due à l’alcool, peut se révéler cancérigène et il n’est pas si surprenant d’observer que le cancer du foie est l’un des cancers qui connaît la plus forte croissance dans le monde.

«Les gens continuent à boire de l’alcool et, tant que l’alcool existera, il y aura des patients souffrant de cirrhose alcoolique», affirme Yuri Genyk, docteur en médecine, professeur de chirurgie clinique à la Keck School of Medicine de l’Université de Californie du Sud (USC) et directeur de la chirurgie du programme de transplantation hépatique de la Keck School of Medicine de l’USC. «C’est une réalité à laquelle nous devons faire face.»

Un rôle dans le «syndrome cardiaque de vacances»

En plus de nuire à votre foie, l’alcool peut affecter votre cerveau, dont il perturbe les voies de communication, ce qui peut non seulement modifier votre humeur et votre comportement, mais aussi entraver vos capacités de coordination et de réflexion critique.

L’alcool, qu’il soit consommé dans la durée ou lors d’une beuverie, peut endommager le cœur et entraîner un AVC, une hausse de la tension artérielle et de l’arythmie. Cela explique peut-être pourquoi le nombre de crises cardiaques mortelles connaît un pic pendant les fêtes de fin d’année, un phénomène également connu sous le nom de «syndrome cardiaque de vacances». Bien que les facteurs expliquant précisément cette tendance n’aient pas encore été confirmés, la recherche estime que l’alcool pourrait jouer un rôle.

Votre système immunitaire en prend également un coup. Une seule soirée un peu trop arrosée peut diminuer la capacité de votre organisme à déjouer les infections pendant une durée qui peut aller jusqu’à vingt-quatre heures. Alors, si vous avez tendance à avoir des rhumes ou des infections des sinus pendant l’hiver, surveillez votre consommation d’alcool afin d’éviter de tomber malade. (Si vous avez déjà souffert des sinus, vous savez que le compromis vaut la peine.)

Enfin, consommer régulièrement de l’alcool vous prédispose à l’alcoolisme. Baptisé «alcoolisme professionnel» par le docteur Genyk, il affecte les personnes occupant des postes auxquels elles sont amenées à socialiser et à participer à de nombreuses fêtes et réunions. Bien sûr, boire avec modération dans un contexte social –par exemple, pendant le week-end ou à quelques occasions en semaine– est normal et n’est généralement pas préoccupant. Mais avoir le sentiment de ne pas pouvoir vivre sans alcool est le signe d’un problème plus grave, qui doit faire l’objet d’un programme de traitement de la toxicomanie (comme les Alcooliques anonymes).

Malgré les risques, vous n’avez pas non plus besoin de jouer la carte de l’abstinence tout l’hiver. Faites simplement preuve de tempérance quant à la quantité d’alcool que vous buvez et à votre fréquence de consommation. Non seulement vous serez en meilleure santé, mais vous n’aurez plus à vous inquiéter de la gueule de bois.

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