Monde

L’Arabie saoudite nomme une femme ambassadrice aux États-Unis

Temps de lecture : 2 min

La nomination de la princesse Reema bint Bandar al Saoud intervient dans un contexte tendu entre les deux pays, après le meurtre de Jamal Kashoggi et les débats sur le maintien de l'aide militaire dans le conflit yéménite.

La princesse Reema bint Bandar lors de la conférence Future Investment Initiative, tenue à Riyad, le 24 octobre 2018 | Fayez Nureldine / AFP
La princesse Reema bint Bandar lors de la conférence Future Investment Initiative, tenue à Riyad, le 24 octobre 2018 | Fayez Nureldine / AFP

Pour la première fois dans l’histoire du royaume, c’est une femme qui représentera l’Arabie saoudite à Washington.

Affectée au poste d’ambassadrice des États-Unis par décret royal ce samedi, la princesse Reema bint Bandar al Saoud succède au prince Khaled ben Salman, fils du roi Salman et frère du prince héritier, qui avait pris ses fonctions en 2017, et se retrouve désormais ministre de la Défense.

Affaire Khashoggi, guerre au Yémen...

Cette nomination intervient dans un contexte tendu entre l’Arabie saoudite et les États-Unis, marqué par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, en octobre dernier, dans l’ambassade saoudienne d’Istanbul.

L’affaire avait porté une ombre au tableau des relations entre les deux pays, qui s’étaient pourtant améliorées ces dernières années. Alors que la CIA a conclu à la responsabilité du prince héritier Mohammed Ben Salman (MBS) dans le meurtre de Khashoggi, menant le Sénat et le Congrès américains à prendre des mesures pour limiter l’aide militaire à la guerre saoudienne au Yémen, Donald Trump avait réaffirmé son soutien à MBS.

L’affectation de Reema bint Bandar à la tête de l’ambassade de Washington apparaît donc comme la volonté d’écrire une nouvelle page de diplomatie entre les deux pays, tout en faisant la promotion des réformes sociales à l’œuvre dans le royaume d’Arabie saoudite.

Un symbole pour les droits des femmes?

La princesse est connue pour sa défense des droits des femmes, ayant notamment milité pour leur promotion sur le marché du travail, et leur liberté de faire du sport. En 2017, elle était nommée en Conseil des ministres à la présidence de la Fédération saoudienne des sports communautaires.

Elle déclarait alors: «autoriser des femmes dans les stades, autoriser des femmes à conduire, c’est très bien, mais les femmes au volant, ce n’est pas la panacée des droits des femmes».

Ayant réalisé ses études aux États-Unis, elle est aussi la fille de l’influent prince Bandar ben Sultan, qui l’avait précédée au poste d’ambassadeur à Washington, de 1983 à 2005. Très proche de la famille Bush, celui-ci avait été surnommé «Bandar Bush», relève le New York Times.

Pour Ali Shihabi, le fondateur du think tank saoudien Arabia Foundation, basé à Washington, cette nomination est «un signal fort pour l’intégration de femmes dans le gouvernement et la force de travail en général».

Depuis l’intronisation de son père en 2015, le prince héritier MBS a engagé plusieurs réformes allant dans le sens d’une modernisation relative de l’Arabie saoudite, octroyant quelques droits aux femmes. Symbolique, cette nomination est aussi l’occasion pour le royaume de se racheter une vitrine chez son plus grand allié.

Slate.fr

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