Sciences / Monde

L'Australie s'apprête à déverser un million de tonnes de boues près de la Grande Barrière de Corail

Temps de lecture : 2 min

L'interdiction de déverser des boues dans la région ne recouvre pas les opérations d'entretien portuaire.

Des sédiments approchant de la Grande Barrière de Corail, au large de Townsville, après les inondations du Queensland, en Australie, le 13 février 2019 | Matt Curnock / AFP
Des sédiments approchant de la Grande Barrière de Corail, au large de Townsville, après les inondations du Queensland, en Australie, le 13 février 2019 | Matt Curnock / AFP

À peine deux semaines après les grandes inondations dans le Queensland qui ont ravagé le nord-est de l’Australie et laissé dans le Pacifique 14 milliards de mètres cubes de sédiments, l’Australie vient d’autoriser le déversement d’un million de tonnes de boue supplémentaire près de la Grande Barrière de Corail. Il s’agit d’un plan d’«élimination» des déblais issus du dragage industriel réalisé dans le port de Hay Point, l’un des plus gros terminaux charbonniers du monde.

«Le rejet des boues de curage dans les eaux du patrimoine mondial revient à traiter notre récif comme une décharge», s’est indignée Larissa Waters, sénatrice du parti des Verts australiens.

Faille dans la loi

Le permis a pourtant été délivré par le Parc marin de la Grande Barrière, en vertu d’un point aveugle dans les textes de loi: si le déversement de boues dans la région est censé être illégal, l’interdiction ne couvre pas le rejet de déchets produits lors des travaux d’entretien du port.

«La politique du gouvernement doit changer pour interdire tout déversement en mer, de sorte que le Parc marin de la Grande Barrière ne puisse pas permettre d’utiliser les eaux du récif comme une alternative moins chère au traitement des boues», a déclaré Waters au Guardian.

De son côté, la Corporation des ports de vrac du Queensland septentrional a affirmé dans un communiqué que cette opération n’aura que peu d’impact sur l’environnement:

«Le dragage d’entretien consiste à transférer les sédiments qui se déplacent le long de la côte et qui s’accumulent au fil des ans à l’endroit où ont lieu nos opérations de transport maritime. […] Il est important de noter que nos rapports d’évaluation ont révélé que les risques pesant sur les zones protégées, dont le Parc marin de la Grande Barrière et les habitats sensibles, sont majoritairement faibles, avec quelques impacts de court terme possibles sur les fonds marins.»

Début février, les sédiments apportés par les inondations laissaient pourtant entrevoir la perspective de dommages irréparables sur le récif, l’accumulation de boue ayant pour effet de bloquer la lumière du soleil vers les profondeurs, empêchant la photosynthèse nécessaire à la survie du corail.

En trente ans, les récifs de la Grande Barrière ont perdu plus de la moitié de leur surface. Mais le dragage d’entretien du port débutera à la fin du mois de mars, et devrait durer une quarantaine de jours.

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